meurtre

meurtre

nom, masculin, /mœʁtʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Homicide commis avec violence. Commettre un meurtre. Accusé de meurtre. Fig. et familièrement. Crier au meurtre, se plaindre hautement de quelque injustice, de quelque dommage qu'on prétend avoir reçu. Fig. et familièrement. Faire des meurtres, tourmenter de ses railleries. Fig. Il s'en défend comme d'un meurtre, il désavoue hautement et avec chaleur telle action, telle parole qu'on lui attribue. Fig. familièrement. C'est un meurtre, se dit d'une chose regrettable, d'une mutilation faite à quelque chose de précieux. Quel meurtre ! même signification.

    Vous ne feriez peut-être pas un meurtre — Fléchier (1632-1710)

    L'éloquence de la chaire n'est pas propre au récit des combats et des batailles.... et je ne viens pas vous donner des idées de meurtre et de carnage devant ces autels — Fléchier (1632-1710)

  2. Fig. Très grand mal fait à autrui et comparé à un meurtre.

    Il paraît que l'usure, même celle qu'on appelle légitime dans le droit romain, est condamnée par saint Augustin, qui l'appelle, dans le même lieu, le meurtre des pauvres — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Wallon, moûd, moût' ; picard, murtre ; bourguig. meutre ; du germanique : angl. murder ; allem. mord ; goth. maurthr ; il se rattache au radical sanscrit mar, tuer.

Historique : XIe s. Qui Freceis [Français] occiset, et les homes ne l'amenent à la justice, sin [si en, ainsi en] rendrunt le murtre quarant sept mars XIIIe s. Murdres ne puet longuement estre celés Quant pour faire tel meurtre [nous] venimes ceste part [ici] Murdres, si est quant aucuns tue ou fait tuer autrui en agait apensé [guet-apens], puis soleil couquant [couchant] dusqu'à soleil levant XVe s. Celle nuit en y ot [à Bruges par les Gantois] des occis plus de douze cents.... et faits plusieurs autres murdres, larcins et maufaits XVIe s. Le meurtre y fut tel d'une part et d'autre, qu'il ne resta dans la…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Homicide commis avec violence. Commettre un meurtre. Crier au meurtre. être coupable, accusé, prévenu, convaincu de meurtre. Il a vengé le meurtre de son père. Le meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est qualifié d’assassinat.

  2. Fig. et fam., Crier au meurtre, Se plaindre hautement de quelque injustice, de quelque dommage qu’on prétend avoir reçu. Il crie au meurtre contre ceux qui lui ont fait perdre son procès.

  3. Il s’en défend comme d’un meurtre, Il désavoue hautement et avec chaleur telle action, telle parole qu’on lui attribue.

  4. Fig. et fam., C’est un meurtre, C’est grand dommage. Cueillir des fruits si verts, c’est un meurtre, c’est un vrai meurtre.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • meurtres — pluriel — /mœʁtʁə/
  • meurtre — singulier — /mœʁtʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée meurtre#39674.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.