métier

métier

nom, masculin, /mɛtje/ ou /metje/

Définitions

  1. Activité professionnelle exigeant un savoir-faire et procurant des moyens d'existence.

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  2. Savoir-faire et compétence pratique acquis par l'expérience et la répétition d'une activité manuelle ou technique.

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  3. Machine ou cadre sur lequel on tisse ou brode des textiles.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens) — Académie 1935 (20 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Exercice d'un art mécanique. Le métier de cordonnier, de tailleur, de serrurier, de tisserand, etc. Apprendre, savoir, avoir, exercer un métier. Il est maçon de son métier. Un homme de métier, des gens de métier, ceux qui exercent un art mécanique. Gâter le métier, voy. GÂTER, n° 4. Fig. C'est un homme de tous métiers, c'est un homme intrigant et capable de se prêter à tout selon les conjonctures. Fig. Il est de tous métiers, et si il ne peut vivre, se dit d'un intrigant qui ne réussit pourtant pas à se pousser. Entreprendre sur le métier, se disait d'un compagnon qui travaillait hors de l'atelier de son maître.

    Parmi les Égyptiens, les prêtres et les soldats avaient des marques d'honneur particulières ; mais tous les métiers jusqu'aux moindres étaient en estime — Bossuet (1627-1704)

    Qui ne sait son métier doit fermer sa boutique — Dancourt (1661-1725)

  2. Arts et métiers, l'ensemble des métiers, des arts mécaniques. Ecole des arts et métiers. Conservatoire des arts et métiers.

  3. Corps de métiers, ancienne organisation des artisans qui, dans chaque profession, étaient soumis à des règlements spéciaux et divisés en maîtres, compagnons et affranchis. Les petits métiers, les petites industries, telles que celles de revendeur, de marchand sur le pavé, etc. Sur la côte de basse Normandie, on appelle grand métier la pêche au chalut, et petit métier la pêche aux filets ordinaires et aux hameçons.

    Les six métiers de l'hôtel du roi comprenant la domesticité et l'administration des palais et des hôtels, c'était la paneterie, l'échansonnerie, l'écurie, la cuisine, la fruiterie et la fourrière ; celle-ci s'acquittait des menues dépenses — DE LABORDE

  4. Par opposition au mot art, occupation mécanique. De métier, se dit quelquefois comme qualificatif de quelqu'un qui fait une chose sans aucune libéralité d'esprit. Par métier, se dit dans le même sens.

    Ces auteurs... qui... Mettent leur Apollon aux gages d'un libraire, Et font d'un art divin un métier mercenaire — Boileau (1636-1711)

    Rien n'est plus méprisable qu'un parleur de métier, qui fait de ses paroles ce qu'un charlatan fait de ses remèdes — Fénelon (1651-1715)

  5. Habileté d'exécution, mais rien de plus, en parlant de la peinture, de la sculpture ; le talent acquis de vaincre facilement la matière. Avoir du métier. Il se dit, dans le même sens, de la littérature.

    Il n'y en a pas un [tableau] où il n'y ait des choses de métier supérieurement faites — Diderot (1713-1784)

    Vois toutes ces esquisses ; il y a de la main, du métier ; mais où est la conception, où est l'idée ? — L. REYBAUD

  6. Par extension, profession quelconque. Le métier des armes. Fig. Fig. Apprendre à quelqu'un son métier, lui donner une leçon, lui infliger une punition. Homme du métier, homme qui se connaît à une chose ; être du métier, se connaître à une chose. Faire un vilain métier, ou, ironiquement, faire un joli métier, se dit de celui qui se conduit mal en une certaine circonstance. Jalousie de métier, jalousie qu'une rivalité d'intérêt ou de réputation fait naître entre personnes qui exercent la même profession, qui suivent la même carrière.

    J'ai vu aujourd'hui le roi [le jeune Louis XIV] qui s'en allait à la chasse ; c'est un beau prince, fort et robuste ; c'est dommage qu'il ne sait pas son métier.. — Gui Patin (1601-1672)

    Montrez-lui comme il faut s'endurcir à la peine, Dans le métier de Mars se rendre sans égal... — Pierre Corneille (1606-1684)

  7. Ce qu'on a coutume de faire ; et, dans ce sens, il peut se prendre en mauvaise part. C'est un rude métier d'être toujours en représentation devant le public. Il fait le métier de parasite. De son métier, par métier, se dit dans le langage familier, pour exprimer une manière d'être habituelle. Un tel, fripon de son métier. Faire métier et marchandise d'une chose, voy. MARCHANDISE. Avoir cœur, le cœur au métier, travailler avec zèle, affectionner ce qu'on fait. Donner, servir un plat de son métier, faire ou dire quelque chose qui tienne du caractère qu'on a ou de la profession qu'on exerce. Jouer un tour de son métier, se dit dans un sens analogue au précédent. C'est une femme du métier, se dit d'une femme de mauvaise vie.

    Je sais bien mon métier, et ma simplicité Joue aussi bien son jeu que ton avidité — Pierre Corneille (1606-1684)

    Et ces grands cœurs.... Pour qui l'obéissance est un métier bien rude — Pierre Corneille (1606-1684)

  8. Occupation quelconque. Cet avocat manie la parole avec une grande facilité ; c'est son métier. Vous exposez avec beaucoup de netteté et de précision les vérités de la géométrie. - C'est mon métier, ce n'est pas étonnant.

  9. Espèce de machine qui sert à certaines fabrications. Un métier de brodeur, de tisserand, etc. Des bas faits au métier. Il a quatre ou cinq sortes d'étoffes sur le métier. Métier ouvrant ou battant, se dit d'un métier à étoffes qui travaille actuellement. Fig. Fig. Sur le métier, se dit en parlant des productions de l'esprit auxquelles l'auteur est occupé.

    Plus dru qu'une navette au travers d'un métier — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Quelle intrigue peut-on entamer avec espoir de la mener à bien, si tout est affiché le même jour [dans les papiers publics] ? quelle trame saurait-on mettre sur le métier ? — Paul-Louis Courier (1772-1825)

  10. Cadre de bois monté sur des pieds servant à tendre certains ouvrages de femme. Broderie, tapisserie faite au métier. Métier à broder.

  11. Cuve où les vinaigriers pressurent la lie du vin.

  12. Premier métier, deuxième métier, liqueurs qu'on retire successivement des cuves dans lesquelles on a fait bouillir le malt et le houblon.

    Les vinaigriers seront divisés en trois classes : dans la première seront compris tous les vinaigriers fabriquant leurs vinaigres avec de la bière soit cuite ou non cuite, ou proprement avec des métiers pour la bière, préparés dans la cuve matière, sans macération ou fermentation, soit qu'ils achètent cette bière ou métiers d'un brasseur....

  13. Métier, ou petit métier, nom d'une espèce de pâtisserie, composée de farine, d'œufs, de sucre et d'eau, qu'on fait cuire entre deux fers, et qu'on roule ensuite en forme de petits cornets ; c'est une sorte d'oublie.

Étymologie : Wallon, mestî ; bourguig. métei, besoin ; provenç. mestrier, mester, meisteir ; espagn. et portug. mester ; ital. mestiere ; du lat. ministerium, office, service. En Normandie, dans les campagnes, on dit encore métier au sens de besoin, utilité.

Historique : Xe s. Ne ule cose non la pouret [put] omque pleier, [que] La polle [jeune fille] non amast lo deo menestier [le service de Dieu] XIe s. Jà li corners [sonner du cor] ne nus aureit mestier [service, utilité] XIIe s. Pieres [pierreries] i a de precieux mestier [travail] Tot lor tems [les Saxons] la maintinrent [la guerre] ; mais ne leur ot mestier [avantage] : François se defendirent com nobile guerrier Guiteclins le cuida puis vers Carlon vengier ; Li fil après les peres reprirent le mestier Or vous auroit mestier [besoin] l'aïe Salemon [l'aide de Salomon] Sans vous amer [si je ne vous aime], n…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Profession d’un art mécanique. Apprendre, savoir, avoir, exercer un métier. Faire l’apprentissage d’un métier. Le métier de cordonnier, de tailleur, de serrurier, de menuisier. Gens de métier. Il apprend le métier de son père. Il est maçon de son métier. Un bon, un mauvais métier. Un métier qui nourrit bien son homme, qui ne nourrit pas son homme.

  2. Corps de métier, Corps des artisans de même métier.

  3. Arts et métiers. Voyez

  4. ART.

  5. MÉTIER s’emploie quelquefois par opposition au mot Art. C’est faire d’un art un métier.

  6. Il se dit aussi de l’Habileté technique, de l’expérience d’un art. Avoir du métier.

  7. MÉTIER se dit, par extension, de Plusieurs professions non mécaniques. Le métier des armes. Le métier de la guerre. Cet officier aime son métier. S’il faut s’en rapporter aux gens du métier, ce tableau, cette musique, ce poème ne vaut rien. Consultez-le sur votre roman, il est du métier. Savoir son métier. Chacun son métier. Mêlez-vous de votre métier. La Bruyère a dit que c’est un métier de faire un livre.

  8. Jalousie de métier, Jalousie qu’une rivalité d’intérêt ou de réputation fait naître entre personnes qui exercent la même profession, qui suivent la même carrière.

  9. Faire métier d’une chose, Faire habituellement quelque chose dans des vues intéressées, en faire une sorte de trafic. Cet homme ne débite que des mensonges : il en fait métier. L’hypocrite, à la manière de Tartufe, est celui qui fait métier de dévotion.

  10. Avoir coeur, le coeur au métier, Travailler avec zèle, avec ardeur, affectionner ce qu’on fait, ce qu’on doit faire.

  11. Fam., Gâter le métier. Voyez

  12. GÂTER.

  13. MÉTIER se dit figurément de Ce qu’on a coutume de faire; et, dans ce sens, il se prend ordinairement en mauvaise part. Le métier de coquette. Il fait métier de duper tout le monde. Il fait le métier de délateur, d’espion, de parasite. Un vilain métier. Un rude métier.

  14. Prov. et fig., Quand chacun fait son métier, les vaches sont bien gardées, en sont mieux gardées, Toutes choses sont bien réglées, quand chacun ne se mêle que de ce qu’il doit faire.

  15. Fig. et fam., Donner, servir un plat de son métier. Voyez

  16. PLAT.

  17. Fig. et fam., Jouer un tour de son métier. Voyez

  18. JOUER.

  19. MÉTIER se dit aussi d’un Mécanisme, d’un dispositif qui sert à certaines fabrications, à certains ouvrages. Un métier de brodeur, de tisserand, de passementier, etc. Métier à tapisserie. Métier à broder. La toile est sur le métier. Monter, démonter un métier. Des bas faits au métier. Ce fabricant a tant de métiers montés, tant de métiers battants.

  20. Il se dit, figurément et familièrement, en parlant des Productions de l’esprit. Il a un roman sur le métier. Il faut remettre cet ouvrage sur le métier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • métiers — pluriel — /metje/ ou /mɛtje/
  • métier — singulier — /metje/ ou /mɛtje/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée métier#42025.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.