mesquin
adjectif, /mɛskɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui est de pauvre et chétive apparence. Mine mesquine. Air mesquin. Fig. en parlant des arts du dessin, pauvre, maigre, de mauvais goût. Dessin mesquin. La manière de ce peintre est mesquine.
On montrait, il n'y a pas encore longtemps, dans un petit collége de Paris, la chambre très mesquine que le futur cardinal [Dubois] y habitait ; cette chambre n'était pas aussi révérée que l'a été celle d'Érasme au collége de Montaigu — D'Alembert (1717-1783)
Celui [le temple à Jérusalem] de Zorobabel était petit, bas, mesquin, sans proportions, sans architecture ; il ne méritait pas la curiosité de Pompée — Voltaire (1694-1778)
En parlant des choses, qui n'a point les qualités de grandeur, de largeur. Politique mesquine. Idée mesquine.
Qui fait des mesquineries, des épargnes sordides. En parlant des choses, qui porte la marque de la mesquinerie.
On accuse quelquefois les gens raisonnables et économes d'être mesquins
Le présent qu'il vous fait ne le ruinera pas, il est bien mesquin — Marivaux (1688-1763)
Étymologie : Wallon, meskène, servante ; Hainaut, méquéne, servante ; provenç. mesquin, chétif, misérable, faible, délicat ; cat. mesqui ; esp. mezquino ; port. mesquinho ; ital. meschino ; anc. franç. meskin. meskine, meschin, meschine, jeune garçon, jeune fille, serviteur, servante ; de l'arabe maskin, pauvre, par l'intermédiaire de l'espagnol. La série des sens est : pauvre, chétif, puis jeune garçon, jeune fille, considérés comme faibles par l'âge, et, par suite, serviteur, servante. Le sens actuel de mesquin se déduit facilement du sens étymologique ; mais il est singulier qu'il n'y en ait aucune trac
Historique : XIIe s. Et li viel homme et li jeune mesquin XIIIe s. Com cele qui ne fine [cesse] De servir plus à gré qu'une povre meschine XIVe s. Or me veilliez oïr, chevalier et meschin ; Bourjoises et bourjois, prestres, clers, jacobin, Et je vous chanterai commencement et fin De la vie vaillant Bertran du Guesclin XVe s. Elle estoit meschine, faisant le menage commun, comme les lits, le pain, et autres telles affaires XVIe s. Dont quant ce vice entre en dame ou meschine, Tant plus vieillit et tant plus s'enracine
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est chiche, qui fait une dépense fort au-dessous de sa fortune et de sa condition. Cet homme est fort mesquin. Elle est trop mesquine. On accuse quelquefois les gens raisonnables et économes d’être mesquins.
Il se dit aussi des Choses dans lesquelles on met plus de parcimonie qu’il ne convient, eu égard à sa fortune et à son état. Il fait une dépense bien mesquine. Son ordinaire est assez mesquin. Il a un mobilier bien mesquin. Mener une vie mesquine.
Il signifie encore figurément Qui voit les choses d’une manière étroite. Avoir l’esprit mesquin. On dit dans le même sens Politique mesquine. Idées mesquines. Par extension, Plan mesquin. Procédé mesquin.
MESQUIN, dans les Arts du dessin, signifie Qui est maigre, pauvre, de mauvais goût. Ce contour est mesquin. Cette figure est mesquine, est d’un caractère mesquin, est d’un dessin sec et mesquin. La manière de ce peintre, la composition de ce tableau est mesquine. Architecture, décoration mesquine.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- mesquines — pluriel féminin — /mɛskinə/
- mesquins — pluriel masculin — /mɛskɛ̃/
- mesquine — singulier féminin — /mɛskinə/
- mesquin — singulier masculin — /mɛskɛ̃/
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