s. f.
Femme qui a mis un enfant au monde. Fils de bonne mère, voy. FILS, n° 1. Fig. Cette femme est la mère des pauvres, elle fait de grandes charités, elle donne des soins aux pauvres.
Que ne peut point un fils sur le cœur d'une mère ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Comme un enfant que sa mère arrache d'entre les bras des voleurs, doit aimer, dans la peine qu'il souffre, la violence amoureuse et légitime de celle qui procure sa liberté — Pascal (1623-1662)
Il se dit des femelles des animaux. Une chienne mère de trois petits.
Mère de famille, femme mariée qui a des enfants.
La véritable mère de famille, loin d'être une femme du monde, n'est guère moins recluse dans sa maison que la religieuse dans son cloître — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Y a-t-il au monde un spectacle aussi touchant, aussi respectable, que celui d'une mère de famille entourée de ses enfants, réglant les travaux de ses domestiques, procurant à son mari une vie heureuse, et gouvernant sagement la maison ? — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
La mère de Dieu, Marie, la sainte Vierge. Mère de Dieu, nom d'un ordre de chevalerie, institué en 1233, et confirmé en 1262, par Urbain VI, sous la règle de Saint-Dominique, pour soutenir les intérêts des veuves et des orphelins ; la marque était une croix pattée de rouge, avec deux étoiles en chef, de même couleur, sur une soutane blanche.
Notre première mère, ève, la femme d'Adam.
Dans le paganisme, la mère des dieux, Cybèle.
Mère nourrice, la femme qui donne à teter à un enfant au lieu de la véritable mère. Demi-mère, nom qui a été donné quelquefois aux nourrices.
Grand'mère, mère-grand, voy. GRAND'MÈRE. Fig. Contes de ma mère l'oie, contes dont on amuse les enfants. Faire des contes de ma mère l'oie, dire des choses où il n'y a nulle apparence de raison et de vérité.
Et ne m'émeus non plus, quand leur discours fourvoie, Que d'un conte d'Urgande et de ma mère l'oie — Mathurin Régnier (1573-1613)
Belle-mère, voy. BELLE-MÈRE.
Mal de mère, affection de matrice, et, particulièrement, l'hystérie.
Mlle de Clisson a de grands maux de mère — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Notre mère commune, la terre. La terre notre mère, la terre qui nous nourrit. Mère se dit des contrées considérées comme origine. Fig.
Vous rougirez de la charrue, vous renierez la terre votre mère, et l'abandonnerez — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Albe est ton origine ; arrête et considère Que tu portes le fer dans le sein de ta mère — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. La mère des fidèles, l'Église. Notre mère sainte Église. Se dit des églises qui en ont fondé d'autres, ou qui ont établi des congrégations. Il se dit aussi des religions qui en ont enfanté d'autres.
L'Église ne fait que gémir.... mère affligée, elle a souvent à se plaindre de ses enfants qui l'oppriment ; on ne cesse d'entreprendre sur ses droits sacrés — Bossuet (1627-1704)
Que dirai-je des saintes prières des agonisants, où, dans les efforts que fait l'Église, on entend ses vœux les plus empressés et comme les derniers cris par où cette sainte mère achève de nous enfanter à la vie céleste ? — Bossuet (1627-1704)
Fig. et familièrement. La mère une telle, se dit d'une femme du peuple un peu âgée. Confrérie de la mère folle, société bouffonne établie à Dijon en 1454. Fig. Mère des compagnons, auberge où descendent les compagnons du tour de France, de chaque métier, en chaque ville.
Ce n'est pas votre faute, la mère — ALEX. DUVAL
Je les entends rire en buvant Chez la mère Simonne — Béranger (1780-1857)
Titre qu'on donne à la supérieure d'une maison religieuse. La mère abbesse. La mère prieure. Qualification qu'on donne à une religieuse professe. On demande au parloir la mère une telle. Mère de l'Église, s'est dit d'une femme qui est un honneur pour l'Église, par analogie avec père de l'Église.
La mère supérieure m'a priée de ne pas faire courir cette petite histoire — Mme de Sévigné (1626-1696)
Pour madame de Miramion, cette mère de l'Église, ce sera une perte publique — Mme de Sévigné (1626-1696)
Mère artificielle, abri préparé pour les jeunes poulets, dans les couveuses artificielles.
Fig. Cause, origine, lieu qui produit. L'ambition est la mère de beaucoup de désordres. La Grèce a été la mère des beaux-arts.
Quoi qu'en ait dit l'ignorance appuyée de la malignité, la philosophie fut dans tous les temps la mère de la religion pure et des lois sages — Voltaire (1694-1778)
Nom donné par les pépiniéristes aux sujets sur lesquels on doit greffer, ou dont on doit tirer des marcottes.
Moule qui n'est destiné qu'à donner de nouveaux modèles, sur lesquels on peut faire d'autres moules.
Mère ou matrice d'émeraude, plusieurs pierres vertes qui n'ont rien de commun avec l'émeraude.
Mères de girofle, nom donné aux fruits mûrs du giroflier, dits aussi anthofles.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).