mère

mère

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

adj. f.

  1. qui signifie pure, et qui n'est usité que dans les deux locutions suivantes : mère goutte ; mère laine. Mère goutte, le vin qui coule des grappes vendangées, avant qu'elles aient été pressurées. Fig. Mère laine, la laine du dos des brebis, qui est meilleure que celle des autres parties du corps.

    Les volailles les plus grasses, la mère goutte du vin leur appartiennent — Voltaire (1694-1778)

    Tout ce que je sais, c'est que, si je n'avais quatre-vingt-trois [ans], je vous aimerais autant qu'à trente ; la lie de mon vin vous appartient comme la mère goutte — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Provenç. mer, mier ; espagn. et ital. mero ; du lat. merus, pur ; le sens primitif de merus est seul, d'après FESTUS. Mier ou mer était un adjectif très usité dans l'ancienne langue ; les chansons de geste ne parlent que d'or mier.

Historique : XIIIe s. Quex [quel] vins que ce soit, reech ou seur [sur] mere XVIe s. La pure cresme de nos provinces, le mere-goute de nos gouvernements Alors les vins, laissans leur vieille mere-lie, n'ont le loisir ne le moien d'en faire une nouvelle, leur defaillant le bouillir La mere-goutte est le moust procedant des raisins que de gré ils laschent sans fouler

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée MÈRE#sens2.

mère

nom, féminin, /mɛʁə/

Définitions

  1. Femme qui a donné naissance à un ou plusieurs enfants, ou qui en tient le rôle. Au figuré, origine, source.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (26 sens) — Académie 1935 (26 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Femme qui a mis un enfant au monde. Fils de bonne mère, voy. FILS, n° 1. Fig. Cette femme est la mère des pauvres, elle fait de grandes charités, elle donne des soins aux pauvres.

    Que ne peut point un fils sur le cœur d'une mère ! — Pierre Corneille (1606-1684)

    Comme un enfant que sa mère arrache d'entre les bras des voleurs, doit aimer, dans la peine qu'il souffre, la violence amoureuse et légitime de celle qui procure sa liberté — Pascal (1623-1662)

  2. Il se dit des femelles des animaux. Une chienne mère de trois petits.

  3. Mère de famille, femme mariée qui a des enfants.

    La véritable mère de famille, loin d'être une femme du monde, n'est guère moins recluse dans sa maison que la religieuse dans son cloître — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Y a-t-il au monde un spectacle aussi touchant, aussi respectable, que celui d'une mère de famille entourée de ses enfants, réglant les travaux de ses domestiques, procurant à son mari une vie heureuse, et gouvernant sagement la maison ? — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  4. La mère de Dieu, Marie, la sainte Vierge. Mère de Dieu, nom d'un ordre de chevalerie, institué en 1233, et confirmé en 1262, par Urbain VI, sous la règle de Saint-Dominique, pour soutenir les intérêts des veuves et des orphelins ; la marque était une croix pattée de rouge, avec deux étoiles en chef, de même couleur, sur une soutane blanche.

  5. Notre première mère, ève, la femme d'Adam.

  6. Dans le paganisme, la mère des dieux, Cybèle.

  7. Mère nourrice, la femme qui donne à teter à un enfant au lieu de la véritable mère. Demi-mère, nom qui a été donné quelquefois aux nourrices.

  8. Grand'mère, mère-grand, voy. GRAND'MÈRE. Fig. Contes de ma mère l'oie, contes dont on amuse les enfants. Faire des contes de ma mère l'oie, dire des choses où il n'y a nulle apparence de raison et de vérité.

    Et ne m'émeus non plus, quand leur discours fourvoie, Que d'un conte d'Urgande et de ma mère l'oie — Mathurin Régnier (1573-1613)

  9. Belle-mère, voy. BELLE-MÈRE.

  10. Mal de mère, affection de matrice, et, particulièrement, l'hystérie.

    Mlle de Clisson a de grands maux de mère — Mme de Sévigné (1626-1696)

  11. Fig. Notre mère commune, la terre. La terre notre mère, la terre qui nous nourrit. Mère se dit des contrées considérées comme origine. Fig.

    Vous rougirez de la charrue, vous renierez la terre votre mère, et l'abandonnerez — Paul-Louis Courier (1772-1825)

    Albe est ton origine ; arrête et considère Que tu portes le fer dans le sein de ta mère — Pierre Corneille (1606-1684)

  12. Fig. La mère des fidèles, l'Église. Notre mère sainte Église. Se dit des églises qui en ont fondé d'autres, ou qui ont établi des congrégations. Il se dit aussi des religions qui en ont enfanté d'autres.

    L'Église ne fait que gémir.... mère affligée, elle a souvent à se plaindre de ses enfants qui l'oppriment ; on ne cesse d'entreprendre sur ses droits sacrés — Bossuet (1627-1704)

    Que dirai-je des saintes prières des agonisants, où, dans les efforts que fait l'Église, on entend ses vœux les plus empressés et comme les derniers cris par où cette sainte mère achève de nous enfanter à la vie céleste ? — Bossuet (1627-1704)

  13. Fig. et familièrement. La mère une telle, se dit d'une femme du peuple un peu âgée. Confrérie de la mère folle, société bouffonne établie à Dijon en 1454. Fig. Mère des compagnons, auberge où descendent les compagnons du tour de France, de chaque métier, en chaque ville.

    Ce n'est pas votre faute, la mère — ALEX. DUVAL

    Je les entends rire en buvant Chez la mère Simonne — Béranger (1780-1857)

  14. Titre qu'on donne à la supérieure d'une maison religieuse. La mère abbesse. La mère prieure. Qualification qu'on donne à une religieuse professe. On demande au parloir la mère une telle. Mère de l'Église, s'est dit d'une femme qui est un honneur pour l'Église, par analogie avec père de l'Église.

    La mère supérieure m'a priée de ne pas faire courir cette petite histoire — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Pour madame de Miramion, cette mère de l'Église, ce sera une perte publique — Mme de Sévigné (1626-1696)

  15. Mère artificielle, abri préparé pour les jeunes poulets, dans les couveuses artificielles.

  16. Fig. Cause, origine, lieu qui produit. L'ambition est la mère de beaucoup de désordres. La Grèce a été la mère des beaux-arts.

    Quoi qu'en ait dit l'ignorance appuyée de la malignité, la philosophie fut dans tous les temps la mère de la religion pure et des lois sages — Voltaire (1694-1778)

  17. Nom donné par les pépiniéristes aux sujets sur lesquels on doit greffer, ou dont on doit tirer des marcottes.

  18. Moule qui n'est destiné qu'à donner de nouveaux modèles, sur lesquels on peut faire d'autres moules.

  19. Mère ou matrice d'émeraude, plusieurs pierres vertes qui n'ont rien de commun avec l'émeraude.

  20. Mères de girofle, nom donné aux fruits mûrs du giroflier, dits aussi anthofles.

Étymologie : Provenç. maire ; catal. mod. mare ; espagn. et ital. madre ; du lat. mater ; grec, μητήρ ; allem. Mutter ; angl. mother ; sanscrit, mātri, de la racine mâ, dans le sens de construire, faire.

Historique : XIe s. Ço dist li pedres [le père] : cher filz, cum t'ai perdu ! Respont la medre : lasse ! qu'est devenus ! Celui qui la mere yglise requireit [requérait] [Ils] Ne reverront lur meres, ne lur femes XIIe s. Mar douterez home de mere né [Notre terre] Que la mere Deu tient à son lige doaire XIIIe s. Et sa mere en commence de la joie à pleurer Mere, ce dist Aliste, Diex oie vo priere XVe s. Et aussi sa dame de mere [au comte de Flandre]... le blasmoit trop fort Sachez que l'en dist que amour de mere est plus grande que amour de nourrice XVIe s. Là sera bastie la mere de la fontaine, pour recevoir…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Femme qui a mis un enfant au monde. Mère tendre. Mère dénaturée. Elle est la mère d’un tel. Elle est mère d’une famille nombreuse. Un coeur de mère. Les devoirs d’une mère. Il est parent du côté de la mère. Ils sont frères de père et de mère.

  2. Il se dit aussi des Femelles des animaux, lorsqu’elles ont des petits. La mère de ce poulain. La mère de ces chiens. La mère et les poussins. Un faon qui suit sa mère.

  3. Mère de famille, Femme mariée qui a des enfants.

  4. Notre première mère, ève, la femme d’Adam.

  5. Grand-mère, Aïeule. Grand-mère du côté paternel, du côté maternel. Grand-mère paternelle, maternelle. Populairement, on dit quelquefois Mère-grand.

  6. Belle-mère, Terme relatif. C’est, à l’égard des enfants, la Femme que leur père a épousée, après la mort de leur mère; à l’égard d’un gendre, la Mère de sa femme; et, à l’égard d’une bru, la Mère de son mari.

  7. Fig., Notre mère commune, La terre.

  8. Fig., L’église est la mère des fidèles. Notre mère la sainte église. Notre sainte mère l’église.

  9. Fig., Cette femme est la mère des pauvres, Elle fait de grandes charités; elle donne des soins aux pauvres.

  10. Fig. et fam., Contes de ma Mère l’Oie. Voyez

  11. CONTE.

  12. Fig. et fam., La mère une telle, se dit d’une Femme du peuple un peu âgée. La mère Michel. Venez, la mère, la bonne mère, qu’on vous parle.

  13. MÈRE est aussi la qualification qu’on donne à certaines Religieuses. La mère prieure. La mère abbesse. La mère Angélique. Ma mère.

  14. MÈRE se prend figurément pour Cause. L’oisiveté est la mère de tous les vices. La nécessité est la mère des inventions.

  15. Il se dit aussi des Lieux, des établissements où une chose a commencé et s’est perfectionnée. La France, mère des arts.

  16. MÈRE s’emploie quelquefois adjectivement, comme dans les locutions suivantes :

  17. La reine mère, La reine douairière.

  18. La mère patrie, L’état, le pays qui a fondé une colonie et qui la gouverne.

  19. Langue mère, Langue qui ne paraît dérivée d’aucune autre et dont quelques-unes sont dérivées. L’hébreu est une langue mère.

  20. L’idée mère d’un ouvrage, La principale idée d’un ouvrage, l’idée dont il est le développement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mères — pluriel — /mɛʁə/
  • mère — singulier — /mɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mère#41564.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.