merde
nom, féminin, /mɛʁdə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme bas et grossier. Excrément de l'homme et de quelques animaux. Fig. De merde, se dit grossièrement pour qualifier ce qu'on déprécie. Plus on remue la merde, plus elle pue, c'est-à-dire il ne faut pas approfondir une affaire où il y a du crime, de l'ordure, de la déshonnêteté. Il y a de la merde au bâton, au bout du bâton, se dit d'une affaire où il y a quelque chose de honteux. Merde ! interjection qui se dit pour refuser énergiquement.
Ces intestins, s'il est permis de le dire, sont remplis de merde — Voltaire (1694-1778)
Nous n'approuvons pas la simplicité de ceux qui traduisent stercore par de la merde ; c'est le mot propre, disent-ils ; oui, mais la bienséance et l'honnêteté sont préférables au mot propre, quand la fidélité de la traduction n'en est point altérée — Voltaire (1694-1778)
Couleur merde d'oie (on prononce mèr-doîe), couleur qui ressemble à celle des excréments de l'oie, c'est-à-dire qui est entre le vert et le jaune. Taffetas merde d'oie.
Ce que les minéralogistes ont nommé improprement mine d'argent merde d'oie, à cause des nuances très variées que présentent les différents oxydes dont ce fossile est mélangé — Fourcroy (1755-1809)
Merde à Gaillard, mélasse.
Merde de cormoran, nom donné par les pêcheurs à des substances desséchées et dures qui semblent être des varechs.
Merde du diable, nom donné quelquefois à l'assa foetida, à cause de sa fétidité.
Étymologie : Provenç. merga ; espagn. mierda ; ital. merda ; du lat. merda.
Historique : XIIIe s. Et quant li vilains rien n'i voit, Lors quide [pense] que ce soit fantosme, Dont taste à sa main et si osme [flaire], Et sent que c'est merde qui put Quant plus remuet on la merde, Et de plus put, Ce dist li vilains XIVe s. Tu me dois deux journées d'aoust, tu fais que mauvaise merde que tu les me dois tant XVe s. Pol, tu les sers de merdes frites ; Je puisse estre ars en une forge, Se je ne te couppe la gorge Ce seroit trop legiere paine : Soit lapidée à grosses pieres ; Car, par la foy que dey Saint Pierre, De telz merdes trop enduron XVIe s. La merde de fer subtilement pulverisée e…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Excrément, matière fécale de l’homme et de quelques animaux. Il est bas.
Il s’emploie en manière d’interjection pour exprimer la colère, le mépris, l’indignation, le refus. Il est bas.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- merdes — pluriel — /mɛʁdə/
- merde — singulier — /mɛʁdə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée merde#39575.