mercuriale

mercuriale

nom, féminin, /mɛʁkyʁjalə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Autrefois, nom d'une assemblée du parlement de Paris, qui se tenait le premier mercredi après la Saint-Martin, et le premier mercredi après la semaine de Pâques, où le premier président parlait contre les tromperies et les désordres qui se commettaient dans l'administration de la justice. Discours prononcé dans ces assemblées.

    Il arriva au mois d'avril 1559, dans une assemblée qu'on nomme mercuriale, que les plus savants et les plus modérés du parlement proposèrent d'user de moins de cruauté à l'égard des protestants, et de chercher à réformer l'Église — Voltaire (1694-1778)

  2. Aujourd'hui, nom des discours que les officiers du ministère public prononcent à la rentrée des cours et des tribunaux. Sa mercuriale fut applaudie.

  3. Fig. Réprimande qu'on fait à quelqu'un. Faire ou recevoir une mercuriale, faire ou recevoir des reproches, des remontrances.

    Le sommeil, qui m'oblige de finir ma lettre plus tôt que je ne voudrais, vous sauve une mercuriale dont vous n'êtes pourtant pas quitte — Boursault (1638-1701)

    Le père de la Chaise y avait ajouté [aux réprimandes du roi] la mercuriale que ce trait [de Gervaise] méritait — Saint-Simon (1675-1755)

  4. S'est dit de certaines réunions de gens de lettres qui avaient lieu habituellement le mercredi. La mercuriale de M. Ménage, assemblée qui se faisait chez Ménage tous les mercredis.

  5. Registres où les maires des communes constatent le prix des grains, foins et autres denrées semblables dans les marchés. Ce registre fut probablement ainsi nommé par allusion à la mercuriale des parlements.

    Les juges dans les villes où il y a des marchés sont obligés, tous les jours de marchés, de faire écrire, sur un registre qui s'appelle mercuriale, par le greffier le prix de toutes sortes de graines, afin de servir dans l'occasion,

Étymologie : Mercure, en tant que donnant son nom au mercredi.

Historique : XVIe s. L'advis fut de faire tenir une mercuriale, qui est une censure des juges establie par Louys XII Pour y tenir son lict de justice, et y faire proposer une mercuriale, ainsi nommée à cause qu'elle se faict le mercredy, pour traicter et accuser leurs meurs et façon de vivre, tant en privé comme en public

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Genre de plantes dioïques de la famille des euphorbiacées : mercuriale annuelle, mercurialis annua, L. dite aussi foirande, foirolle, et ortie morte ; mercuriale vivace, mercurialis perennis, L. Miel de mercuriale, voy. MIEL.

Étymologie : Lat. mercurialis herba, ou, simplement, mercurialis, de Mercurius, Mercure.

Historique : XVIe s. Mercuriale masle et femelle demande terre bien cultivée

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. de Botanique — Plante dioïque de la famille des Euphorbiacées, dont une espèce est une mauvaise herbe très commune dans les jardins et les terrains cultivés. La mercuriale est utilisée en pharmacie. On l’appelle encore ORTIE MORTE.

  2. On tire du suc de cette plante une sorte de miel, qu’on appelle Miel mercurial.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mercuriales — pluriel — /mɛʁkyʁjalə/
  • mercuriale — singulier — /mɛʁkyʁjalə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mercuriale#39570.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.