mercure

mercure

nom, masculin, /mɛʁkyʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Dieu du paganisme gréco-romain qui présidait au commerce, à l'éloquence, qui était le messager des dieux et le patron des voyageurs, des filous, et qui était chargé du soin de conduire les âmes des morts dans les enfers. Par extension.

    Je vais là-bas....Dépouiller promptement la forme de Mercure, Pour y vêtir la figure Du valet d'Amphitryon — Molière (1622-1673)

    On voit à gauche arriver le pigeon messager, l'oiseau mercure — Diderot (1713-1784)

  2. Messager d'amour, celui qui porte des billets doux entre deux amants et qui se charge de procurer ou de faciliter à un autre quelque commerce de galanterie ; dénomination qui vient sans doute du rôle que Mercure joue dans quelques intrigues amoureuses de Jupiter.

    La Varenne, marmiton, puis cuisinier, après portemanteau, ensuite le mercure d'Henri IV — Saint-Simon (1675-1755)

    Depuis ma prison je m'étais accoutumé à regarder les choses dans un point de vue moral, et je ne trouvais pas l'emploi de mercure aussi honorable qu'on le disait — Lesage (1668-1747)

  3. Titre de divers écrits périodiques traitant de politique, de littérature, et contenant des annonces, des nouvelles. Le Mercure de France, livre périodique, qui se donnait, à Paris, tous les mois, et qui contenait divers ouvrages d'esprit, avec une courte exposition de tout ce qui regardait les sciences, les arts, l'état civil, politique, etc. de la France ; il fut commencé, sous le nom de Mercure galant, en 1672, par M. de Visé, qui l'interrompit, en 1674, jusqu'au mois de mars 1677.

    Quand.... tous les Mercures et toutes les brochures m'accablaient de mépris en croyant faire leur cour à Mme de Pompadour — Voltaire (1694-1778)

    Il n'y a guère d'années qu'on ne débite sous son nom [de Voltaire] des ouvrages qu'il n'a jamais vus ; et il apprend qu'il n'y a guère de mois où l'on ne lui impute dans les Mercures quelque pièce fugitive qu'il ne connaît pas davantage — Voltaire (1694-1778)

  4. La planète la plus voisine du soleil. La distance de Mercure au soleil est d'environ six millions de myriamètres ; elle parcourt son orbite en 88 jours, et le volume en est le seizième de la terre.

    Mercure est si petit et si proche du soleil, dans les rayons duquel il est presque toujours perdu, qu'il échappe à toute l'adresse des astronomes — Fontenelle (1657-1757)

    Depuis le soleil jusqu'à onze ou douze millions de nos lieues ou environ, il ne paraît aucun globe ; à onze ou douze millions de nos lieues est Mercure dans sa moyenne distance — Voltaire (1694-1778)

  5. Substance métallique fluide à la température ordinaire, communément appelée vif-argent. Le mercure du baromètre. Fig. Terme d'ancienne chimie. Fixer le mercure, le solidifier ; solidification qui arrive dans la plupart de ses combinaisons et sans l'intermédiaire du froid. En un autre sens, fixer le mercure, l'empêcher de se disperser en globules ; ce qui ne peut se faire. Fig. Fixer le mercure, arrêter l'inconstance et la légèreté d'un esprit. Mercure doux, mercure dulcifié, vieux nom du protochlorure de mercure. Mercure éteint, mercure très divisé et privé ainsi de son éclat métallique. Mercure des philosophes, substance que les alchimistes croyaient contenir un élément précieux. Mercure de vie, protochlorure de mercure. Mercure hépatique, variété de sulfure de mercure contenant du bitume.

    Des trois grandes mines de mercure et dont chacune suffirait seule aux besoins de l'univers, deux sont en Europe, et une en Amérique — Buffon (1707-1788)

    Et le mercure enfin, qui, connu par son poids, En globules roulants glisse et fuit sous nos doigts — Jacques Delille (1738-1813)

  6. En médecine, nom que l'on donne aux préparations mercurielles employées à divers usages, et particulièrement pour le traitement de la syphilis. Prendre du mercure.

Étymologie : Lat. Mercurius, dieu dont le nom est passé à la planète, puis au métal ; de merx, marchandise : le dieu des marchands.

Historique : XIVe s. Qui pourroit devaler en terre, Et dedans la miniere enquerre, Et cercher par subtile cure Des metaulx le parfait mercure, Se le trouvant à la parclose, Avec lui feroit belle chose XVIe s. J'ay fait par art et par nature Tout ce qu'un amant peut penser, Afin d'arrester ce mercure, Sans jamais y rien avancer

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Dieu de la Fable qui présidait à l’éloquence, au commerce, etc., et qui était le messager des autres dieux. On ne met ici ce nom propre que parce qu’il a servi de titre à divers écrits périodiques traitant surtout de littérature et contenant. aussi des annonces, des nouvelles : Le Mercure français, le Mercure galant, le Mercure de France.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mercures — pluriel — /mɛʁkyʁə/
  • mercure — singulier — /mɛʁkyʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mercure#39568.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.