mer
nom, féminin, /mɛʁ/
Définitions
Vaste étendue d'eau salée couvrant une grande partie du globe.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (14 sens) — Académie 1935 (33 sens)
Littré (1873)
s. f.
La vaste étendue d'eau salée qui baigne toutes les parties de la terre. Chacune des grandes portions de cette masse d'eau. La mer Atlantique, Germanique, Britannique, Pacifique. Particulièrement, les deux mers, l'Océan et la Méditerranée. Mer démontée, voy. DÉMONTÉ. Pleine mer, synonyme de haute mer. Fig. Il vogue en pleine mer, se dit d'un homme dont la fortune est bien établie. Fig. Il est en pleine mer, se dit de celui qui avance dans un long travail. Mer intérieure, locution employée parfois pour Méditerranée. On donne aussi le nom de mer intérieure à de grandes masses d'eau salée qui n'ont aucune communication avec les autres mers. La mer Caspienne est une mer intérieure. Bras de mer, partie de la mer qui passe entre deux terres assez proches l'une de l'autre. Port de mer, ville ou endroit situé sur le bord de la mer et ayant un port. Sur mer, se dit, dans une signification particulière, pour indiquer qu'une localité est sur le rivage de la mer. Boulogne-sur-mer. Écumeur de mer, pirate, corsaire. Homme de mer, homme dont la profession est de naviguer sur mer ; au plur. les gens de mer. Armée de mer, flotte composée de vaisseaux armés en guerre. Mettre un vaisseau en mer, lui faire quitter le port. Absolument, mettre en mer, mettre à la mer, quitter le port. Se mettre en mer, s'embarquer. Prendre la mer, commencer une navigation. Par mer, c'est-à-dire sur la mer. Fig. et familièrement. Chercher quelqu'un par terre et par mer, le chercher en divers endroits. Tenir la mer, naviguer, courir en haute mer, loin des ports et des rades. La mer est basse en cet endroit, il n'y a pas beaucoup d'eau. Familièrement. Cette viande, cette sauce, cette soupe est salée comme mer, elle est trop salée. C'est la mer à boire, se dit pour exprimer qu'une chose est pleine de longueurs et de difficultés, ou qu'elle ne finit pas. En un sens contraire, ce n'est pas la mer à boire, se dit d'une chose qui ne présente pas de grandes difficultés. Par exagération, c'est un homme qui avalerait la mer et les poissons, se dit d'un homme qui a une grande soif ou un appétit désordonné ; et fig. d'un homme très cupide. Fig. Porter de l'eau en la mer, porter quelque chose en un lieu où il y en a grande abondance. Fig. C'est une goutte d'eau dans la mer, c'est-à-dire ce que vous apportez ne paraîtra rien ; le secours que vous donnez est un rien à côté de ce qu'il faudrait, etc. Fig. Labourer le rivage de la mer, prendre une peine inutile. Rois de la mer, titre des chefs des anciens pirates du Nord.
Je vais passer la mer, pour voir si l'Afrique, que l'on dit produire toujours quelque chose de rare, a rien qui le soit tant qu'elles [deux dames] — Voiture (1597-1648)
On équipe par ses conseils et presque à ses dépens un vaisseau qui doit porter dans la Chine les richesses de l'Évangile ; le ciel, la mer, les vents favorisent d'abord cette entreprise — Fléchier (1632-1710)
Terme de marine. La mer, la marée. Pleine mer. La mer est pleine. La mer monte, la mer descend, se dit du flux et du reflux. Il est basse mer, la mer est vers la fin de son reflux. Grandes mers, par opposition à mortes eaux, les marées de syzygie, qui sont plus fortes que les autres.
Coup de mer, tempête de peu de durée. Il se dit aussi d'une vague. Durant cette tempête, un coup de mer emporta notre gouvernail.
Au plur. Les mers, l'ensemble des eaux de la mer considérées d'une manière vague.
Ô voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer, lorsque, venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne, elle voyait, pour ainsi dire, les ondes se courber sous elle, et soumettre toutes leurs vagues à la dominatrice des mers ! — Bossuet (1627-1704)
Ainsi tel.... S'en va, mal à propos, d'une voix insolente, Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante, Et, poursuivant Moïse au travers des déserts, Court avec Pharaon se noyer dans les mers — Boileau (1636-1711)
Par exagération, grande étendue d'eau non salée. La rivière débordée couvrait la campagne, c'était une mer.
Mer de sable, vaste étendue de terre couverte de sable.
Que dirons-nous de ces mers de sable qui traversent le milieu de l'Afrique ? — Voltaire (1694-1778)
Fig. Mer se dit d'une grande quantité.
C'est dans des mers de sang qu'on a noyé [en Angleterre] l'idole du pouvoir despotique ; mais les Anglais ne croient point avoir acheté trop cher leurs lois — Voltaire (1694-1778)
Que dis-je ? quelquefois sur une armée entière L'affreux orage roule une mer de poussière — Jacques Delille (1738-1813)
Fig. Mer se dit quelquefois pour signifier la vie, les affaires humaines. Il se dit aussi pour exprimer certains abîmes moraux. Il se dit encore de l'immensité de l'érudition, du savoir.
Ma très chère bonne, je crois que votre enfant a besoin de ce qu'il vous demande ; la difficulté c'est de lui pouvoir donner ; votre état est une mer où je m'abîme — Mme de Sévigné (1626-1696)
Pour moi, sur cette mer qu'ici-bas nous courons, Je songe à me pourvoir d'esquif et d'avirons — Boileau (1636-1711)
Terme d'antiquité. Mer d'airain, énorme cuve dont les prêtres juifs se servaient dans leurs purifications.
Il fit [Achaz] aussi ôter la mer de dessus les bœufs d'airain qui la portaient, et il la mit sur le pavé du temple qui était de pierre — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Il [Hiram] fit aussi une mer de fonte, de dix coudées d'un bord jusqu'à l'autre, qui était toute ronde — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Jarre ou autre vase de terre dans lequel est une certaine quantité de vin, qu'on remplace, qu'on renouvelle à mesure qu'on y puise. Il a une mer de vin de Chypre.
Mer agitée, sorte de décoration de théâtre qui représente une mer agitée.
La mer agitée est composée de longues lanternes angulaires de toile ou de carton bleu, qu'on enfile à dos broches parallèles, et qu'on fait tourner par des polissons — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Mer de glace, nom d'un grand glacier dans la région du Mont-Blanc.
S'est dit de différentes taches du disque de la lune, où l'on a cru voir des mers glacées.
Ecume de mer, voy. ÉCUME, n° 4.
Étymologie : Bourguig. mar ; provenç. et espagn. mar ; ital. mare ; du lat. mare ; comparez le celtique mair, mor ; le slave more ; l'allem. Meer ; goth. marei. Corssen et Curtius rapprochent mare du sanscrit maru, le désert, c'est-à-dire l'élément mort, stérile, ἀτρύγετος πόντος.
Historique : XIe s. E ço lur dist, cum s'en fuït par mer, E cum il fut en Alsis la citet Tres qu'en la mer [il] conquist la tere altaigne XIIe s. En mer se mettent, n'i ont plus demoré Qui tint Amiens et Bologne sor mer Sire [il] fu de Illande, une terre où mers clot Aussi com en là mer est puissanz la balaine Or le [mon cœur] doinst Diex à droit port arriver, Car il s'est mis en mer sans aviron XIIIe s. Il n'[y] a si bele fame deça ne delà mer La mer a esté grosse, et la tempeste chaça nos vaissiaus sur terre, et furent brisié À tant est Flore en haute mer XVe s. Là monterent-ils en mer La mer homme n'att…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
La vaste étendue d’eau salée qui baigne les diverses parties de la terre. Le flux et le reflux de la mer. Le rivage, le bord, l’eau, les sables, le fond de la mer. Les flots, les vagues de la mer. Poisson de mer. Eau de mer. Bains de mer. Mer orageuse. La mer était grosse, agitée, houleuse, moutonneuse, phosphorescente. Mer calme. Mer poissonneuse. Mer semée de bancs et d’écueils. Aller sur mer, en mer. Faire un voyage par mer. Mettre une embarcation à la mer. Jeter des marchandises à la mer. Combattre sur terre et sur mer. Cette nation a eu longtemps l’empire de la mer, la maîtrise de la mer.
Il se dit aussi spécialement des Portions de cette vaste étendue d’eau qui baignent telle ou telle région et qui portent chacune un nom spécial. La mer Méditerranée. La mer Baltique. La mer Noire. La mer Rouge.
Mer intérieure, Vaste lac d’eau salée qui n’a pas de communication avec les autres mers. La mer Caspienne est une mer intérieure.
Vent de mer, Vent qui souffle du large.
Oiseaux de mer, Oiseaux qui vivent sur les mers ou sur les côtes de la mer.
Mal de mer, Indisposition causée par le mouvement du navire.
Pleine mer, ou Haute mer, La partie de la mer qui est éloignée des rivages. Prendre la haute mer. Naviguer en haute mer, en pleine mer.
Bras de mer. Voyez
BRAS.
Port de mer, Ville ou endroit situé sur le bord de la mer et offrant un abri aux navires.
écumeur des mers. Voyez
ÉCUMEUR.
Homme de mer, Homme dont la profession est de naviguer sur mer. Gens de mer.
Coup de mer, Tempête de peu de durée. Il se dit aussi d’une Vague. Durant cette tempête, un coup de mer emporta notre gouvernail.
Armée de mer, Ensemble des troupes et des forces navales d’un état.
Tenir la mer, Naviguer. Ce vaisseau a beaucoup souffert : il n’est plus en état de tenir la mer.
Il est basse mer, la mer est basse, La mer est vers la fin de son reflux.
Il est haute mer, la mer est haute, Elle est pleine.
La mer est étale. Voyez
ÉTALE.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- mers — pluriel — /mɛʁ/
- mer — singulier — /mɛʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mer#39544.