mépris
nom, masculin · /mɛpʁi/ ou /mepʁi/
Usage : fréquent (22 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d'estime.
Il la regardait avec mépris, sans lui adresser un mot.
« Quelle erreur à une chrétienne, et encore à une chrétienne pénitente, d'orner ce qui n'est digne que de son mépris ! »Bossuet (1627-1704)
« Le mépris est un sentiment froid qui ne pousse à aucun procédé violent »Diderot (1713-1784)
Attitude de négligence volontaire envers une règle, une obligation ou une valeur jugée contraignante.
Il a agi au mépris des consignes de sécurité.
« Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord.... »Boileau (1636-1711)
« Au mépris de ta foi, tu veux détruire un homme Qui veut mourir pour elle [Carthage], ou triompher de Rome »Jean Mairet (1604-1686)
Parole ou acte par lequel on exprime ouvertement ce sentiment.
« C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix, Le plus cher toutefois est souvent à mépris »Mathurin Régnier (1573-1613)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : au mépris de · écraser quelqu'un de son mépris
Grammaire et formes (1)
- mépris : forme de base · /mepʁi/ ou /mɛpʁi/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
s. m.
Prix inférieur à la valeur réelle. Vieilli en ce sens.
C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix, Le plus cher toutefois est souvent à méprisMathurin Régnier (1573-1613)
Fig. Sentiment par lequel on ne tient pas en prix, absence d'estime, de considération pour une personne ou une chose. Être à mépris, inspirer un sentiment de mépris. Mettre à mépris, avoir à mépris, dédaigner. Faire mépris, traiter avec mépris. Tomber dans le mépris, tomber dans un état où on est méprisé. De mépris, avec mépris. Le mépris de soi-même, le sentiment qui fait qu'on n'a pas d'estime pour soi-même.
Quelque raison qu'on ait, on est dans le mépris, Lorsque l'on abandonne un parti qu'on a prisTristan L'Hermite (1601-1655)
Je vois par raison et par expérience que rien n'est plus propre [que les arguments tirés de l'ordre de la nature en faveur de la religion] à leur [aux incrédules] en faire naître le méprisPascal (1623-1662)
L'objet même du mépris.
Que ta religion, que fonda l'imposture, Soit l'éternel mépris de la race futureVoltaire (1694-1778)
Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus des attachements ordinaires du cœur humain. Le mépris de la mort, des richesses.
Ce mépris du malheur, si grand s'il avait coûté plus d'efforts, si héroïque s'il ne venait pas de la même source qui rend incapable des affections profondesMme de Staël (1766-1817)
Au plur. Il se dit de paroles ou actes de mépris.
J'ai souffert sous leur joug cent mépris différentsMolière (1622-1673)
On dit des injures, des mépris, des rudesses, des cruautés, des querelles, des plaintes, des ragesMme de Sévigné (1626-1696)
Au mépris de, loc. prépos. Sans avoir égard à. En mépris de, loc. prépos. Par un sentiment de mépris pour. En mépris du devoir.
Au mépris de ta foi, tu veux détruire un homme Qui veut mourir pour elle [Carthage], ou triompher de RomeJean Mairet (1604-1686)
Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord....Boileau (1636-1711)
Étymologie : Substantif abstrait formé de mépriser (voy. ce mot). Mépris ne se trouve pas dans l'ancienne langue. Provenç. menespretz ; catal. menyspreu ; espagn. menosprecio ; portug. menospreço. Mesprisement a été dit quelquefois dans le XVIe siècle : Povreté, ignominie, mesprisement, affliction
Historique : XVIe s. Les Atheniens en conceurent une grande confiance d'eulx mesmes, et un grand mespris de leurs ennemis Au mespris de leur chef Le mespris de la mort Le mespris de la vie Avoir une chose à mespris
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens
n. m.
Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d’estime, d’égards, d’attention. Profond mépris. Il l’a traité avec le dernier mépris. Des paroles de mépris. Concevoir, témoigner, avoir du mépris pour quelqu’un. Montrer du mépris pour les choses qui méritent le plus de respect. Il mérite le mépris de tous les gens de bien. S’exposer au mépris. Faire à quelqu’un un geste de mépris. Braver le mépris public. Tomber dans le mépris.
Par extension, Le mépris de la vie, le mépris de la mort, le mépris du danger, Le sentiment par lequel on s’élève au-dessus de l’amour de la vie, de la crainte de la mort, du danger. On dit dans un sens analogue Le mépris des richesses, des grandeurs, des honneurs, des louanges, etc.
MÉPRIS, au pluriel, signifie Paroles ou actes de mépris. Les mépris que j’ai essuyés de votre part. Prodiguer à quelqu’un ses mépris. Un tel homme est au-dessus des mépris de la foule.
AU MÉPRIS DE
loc. prép.
Sans avoir égard à. Il fait cela au mépris des lois, au mépris de la foi jurée.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée mépris#41866.