mépris

mépris

nom, masculin, /mɛpʁi/ ou /mepʁi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Prix inférieur à la valeur réelle. Vieilli en ce sens.

    C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix, Le plus cher toutefois est souvent à mépris — Mathurin Régnier (1573-1613)

  2. Fig. Sentiment par lequel on ne tient pas en prix, absence d'estime, de considération pour une personne ou une chose. Être à mépris, inspirer un sentiment de mépris. Mettre à mépris, avoir à mépris, dédaigner. Faire mépris, traiter avec mépris. Tomber dans le mépris, tomber dans un état où on est méprisé. De mépris, avec mépris. Le mépris de soi-même, le sentiment qui fait qu'on n'a pas d'estime pour soi-même.

    Quelque raison qu'on ait, on est dans le mépris, Lorsque l'on abandonne un parti qu'on a pris — Tristan L'Hermite (1601-1655)

    Je vois par raison et par expérience que rien n'est plus propre [que les arguments tirés de l'ordre de la nature en faveur de la religion] à leur [aux incrédules] en faire naître le mépris — Pascal (1623-1662)

  3. L'objet même du mépris.

    Que ta religion, que fonda l'imposture, Soit l'éternel mépris de la race future — Voltaire (1694-1778)

  4. Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus des attachements ordinaires du cœur humain. Le mépris de la mort, des richesses.

    Ce mépris du malheur, si grand s'il avait coûté plus d'efforts, si héroïque s'il ne venait pas de la même source qui rend incapable des affections profondes — Mme de Staël (1766-1817)

  5. Au plur. Il se dit de paroles ou actes de mépris.

    J'ai souffert sous leur joug cent mépris différents — Molière (1622-1673)

    On dit des injures, des mépris, des rudesses, des cruautés, des querelles, des plaintes, des rages — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Au mépris de, loc. prépos. Sans avoir égard à. En mépris de, loc. prépos. Par un sentiment de mépris pour. En mépris du devoir.

    Au mépris de ta foi, tu veux détruire un homme Qui veut mourir pour elle [Carthage], ou triompher de Rome — Jean Mairet (1604-1686)

    Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord.... — Boileau (1636-1711)

Étymologie : Substantif abstrait formé de mépriser (voy. ce mot). Mépris ne se trouve pas dans l'ancienne langue. Provenç. menespretz ; catal. menyspreu ; espagn. menosprecio ; portug. menospreço. Mesprisement a été dit quelquefois dans le XVIe siècle : Povreté, ignominie, mesprisement, affliction

Historique : XVIe s. Les Atheniens en conceurent une grande confiance d'eulx mesmes, et un grand mespris de leurs ennemis Au mespris de leur chef Le mespris de la mort Le mespris de la vie Avoir une chose à mespris

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d’estime, d’égards, d’attention. Profond mépris. Il l’a traité avec le dernier mépris. Des paroles de mépris. Concevoir, témoigner, avoir du mépris pour quelqu’un. Montrer du mépris pour les choses qui méritent le plus de respect. Il mérite le mépris de tous les gens de bien. S’exposer au mépris. Faire à quelqu’un un geste de mépris. Braver le mépris public. Tomber dans le mépris.

  2. Par extension, Le mépris de la vie, le mépris de la mort, le mépris du danger, Le sentiment par lequel on s’élève au-dessus de l’amour de la vie, de la crainte de la mort, du danger. On dit dans un sens analogue Le mépris des richesses, des grandeurs, des honneurs, des louanges, etc.

  3. MÉPRIS, au pluriel, signifie Paroles ou actes de mépris. Les mépris que j’ai essuyés de votre part. Prodiguer à quelqu’un ses mépris. Un tel homme est au-dessus des mépris de la foule.

  4. AU MÉPRIS DE

  5. loc. prép.

  6. Sans avoir égard à. Il fait cela au mépris des lois, au mépris de la foi jurée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • mépris — forme de base — /mepʁi/ ou /mɛpʁi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mépris#41866.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.