menton

menton

nom, masculin, /mɑ̃tɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Partie inférieure et moyenne de la face située au-dessous de la lèvre inférieure, et qui, bien apparente chez l'homme, diminue chez le singe, et disparaît à peu près complétement chez les animaux à museau allongé. Prendre le menton à une jeune fille, la prendre par le menton, caresse familière. Fig. et familièrement. Avoir deux mentons, double menton, triple menton, se dit d'une personne replète qui a le dessous du menton fort gras. On dit de même : avoir un menton à double, à triple étage. On dit d'une femme très avancée dans sa grossesse, qu'elle est grosse jusqu'au menton. Familièrement. Être assis à table jusqu'au menton, y être assis fort bas. Enfoncer jusqu'au menton, enfoncer dans quelque chose de liquide, de mou, jusqu'à ce que le menton soit atteint. Fig. Jusqu'au menton, à satiété. En avoir jusqu'au menton. Branler le menton, remuer le menton en mangeant. Fig. Branler le menton, manger. Fig. Lever le menton, s'en faire accroire, faire le résolu.

    On m'a dit autrefois que j'avais un peu trop de menton : je viens de me regarder dans le miroir, pour savoir ce qui en est ; et je ne sais pas trop bien qu'en juger — La Rochefoucauld (1613-1680)

    Joab dit donc à Amasa : bonjour, mon frère ; et il prit de sa main droite le menton d'Amasa pour le baiser — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Terme d'anatomie. Houppe du menton, voy. HOUPPE.

  3. Se dit aussi du dessous de la mâchoire inférieure dans certains animaux. Le menton d'un cheval, d'une chèvre.

Étymologie : Provenç. menton, mento ; du lat. fictif mento, mentonis, dérivé du latin mentum, menton. L'italien mento vient directement de mentum. Pott, par conjecture, rattache mentum à la racine men, d'e-minere ; ce serait la proéminence.

Historique : XIe s. Puis se baiserent es viz [visage] et es mentons XIIe s. Quant l'entent l'empereres, si baisse le menton Dunc jurerent sur sainz e entreafié sunt, Qu'en tuz les liuz del siecle ù trover le purrunt, Par desouz le mentun la langue lui trarrunt XVe s. Et lui avoit on fait un menton d'argent qui lui tenoit à un cordelet de soie par à l'entour de sa teste Lyonnel, qui estoit homme de grant courage, leve le menton, puis print la parolle, et dist.... Celle qui est la fleur de toute beaulté, qui en toutes mes emprinses me soustient tellement le menton, que je ne puis perir XVIe s. Ce sous-prieur…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Partie du visage qui est au-dessous de la bouche. Menton pointu, fourchu, long, court, rond, plat. Menton en galoche, Menton qui avance.

  2. Fig. et fam., Avoir deux mentons, double, triple menton, se dit d’une Personne replète qui a le dessous du menton fort gras.

  3. Fam., Attendez d’avoir de la barbe au menton, Pour traiter de ces choses-là, attendez d’être plus âgé.

  4. Il n’a pas de barbe au menton, Il est très jeune, il est étourdi comme un très jeune homme.

  5. MENTON se dit aussi du Dessous de la mâchoire inférieure de certains animaux. Le menton d’un cheval, d’une chèvre, d’un bouc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mentons — pluriel — /mɑ̃tɔ̃/
  • menton — singulier — /mɑ̃tɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée menton#39529.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.