menteur
adjectif, /mɑ̃tœʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
Se dit des personnes qui mentent. Familièrement. Menteur comme un arracheur de dents, homme qui dit beaucoup de mensonges ; locution tirée de ce que l'arracheur de dents promet à ses pratiques de ne pas les faire souffrir. On dit dans le même sens : menteur comme une épître dédicatoire, comme un panégyrique ; menteur comme un valet, comme un laquais. Terme de chasse. Chien menteur, celui qui cèle la voie pour gagner le devant, ou qui crie à faux. Dans l'Écriture, tout homme est menteur, c'est-à-dire tout homme est sujet à tromper.
Les lèvres menteuses sont en abomination au Seigneur — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Des prophètes menteurs la troupe confondue — Jean Racine (1639-1699)
Il se dit aussi des choses dont on compare l'apparence trompeuse à un mensonge. Argument menteur, argument des sophistes grecs, par lequel on prétendait démontrer qu'il n'y a point d'évidence réelle ; on le présentait sous cette forme : Épiménide dit que les Crétois sont menteurs ; or Épiménide est Crétois, donc il a menti, et les Crétois ne sont pas menteurs ; mais si les Crétois ne sont pas menteurs, Épiménide étant Crétois a dit vrai, etc.
Toutes leurs voluptés sont courtes et menteuses — Pierre Corneille (1606-1684)
Sottes prétentions, grandeurs qui nous flattez, Est-il rien de menteur comme vos vanités ? — Rotrou (1609-1650)
S. m. et f. Menteur, menteuse, celui, celle qui ment, qui a l'habitude de mentir. Fig. Menteur d'hiver, celui qui dit qu'il n'a pas froid quand il gèle.
Un menteur est toujours prodigue de serments — Pierre Corneille (1606-1684)
Et même qui mentirait Comme Ésope et comme Homère, Un vrai menteur ne serait — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Provenç. mentire, mentidor ; ital. mentitore ; du lat. fictif mentitorem, dérivé de mentiri, mentir. Le provençal mentire, le français mentiere est le nominatif, de mentitor, avec l'accent sur ti ; mentidor, menteor est le régime, de mentitorem, avec l'accent sur to.
Historique : XIIe s. [Dame] Qui croit faus druz [amant] menteor Car s'en vous truis [si je trouve en vous] le semblant menteor XIIIe s. Chacuns hons est mentierres XVe s. D'entour lui [il] doit touz menteurs rebouter XVIe s. Il faudroit que la parole de Dieu fust menteuse (ce qui n'est point), si.... Ceste Grece menteresse On se peult bien garder d'un larron ; d'un menteur garder ne se peult on
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- menteuses — pluriel féminin — /mɑ̃tøzə/
- menteurs — pluriel masculin — /mɑ̃tœʁ/
- menteuse — singulier féminin — /mɑ̃tøzə/
- menteur — singulier masculin — /mɑ̃tœʁ/
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