mensonge
nom, masculin, /mɑ̃sɔ̃ʒə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Discours contraire à la vérité, tenu avec dessein de tromper. Mensonge innocent, mensonge sans conséquence, qui ne peut nuire à personne. Mensonge officieux, mensonge fait dans l'intention d'être utile ou agréable à quelqu'un. Fig. et familièrement. Un mensonge puant, un puant mensonge, un mensonge évident et grossier. Le champ du mensonge, lieu en Alsace où Louis le Débonnaire fut trahi par ses fils, en 833.
Le meilleur que j'y voie, c'est que ses mensonges ne feront pas geler les vignes — Malherbe (1555-1628)
Voilà jusqu'à quel point vous charment leurs mensonges [des chrétiens] ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Particulièrement. Une fausse doctrine religieuse. Dans le langage de l'Écriture, l'esprit du mensonge, le père du mensonge, le diable.
Ô Dieu de vérité, vous n'avez pas créé cet esprit pour le mensonge ; laissez couler sur lui, du sein de votre gloire, un de ces rayons pénétrants de votre grâce.... — Fléchier (1632-1710)
Vous malheureux, assis dans la chaire empestée, Où le mensonge règne et répand son poison — Jean Racine (1639-1699)
Poétiquement. Fable, fiction. La poésie vit de mensonges.
Le mensonge et les vers de tout temps sont amis — La Fontaine (1621-1695)
Amusez les rois par des songes, Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges — La Fontaine (1621-1695)
Erreur, illusion, vanité. Tous songes sont mensonges, c'est-à-dire il ne faut pas s'arrêter aux songes ni leur accorder aucune foi.
Mes yeux, puis-je vous croire et n'est-ce point un songe Qui sur mes tristes vœux a formé ce mensonge ? — Pierre Corneille (1606-1684)
C'est une maladie naturelle à l'homme de croire qu'il possède la vérité directement.... en effet il ne connaît naturellement que le mensonge — Pascal (1623-1662)
Étymologie : Provenç. mensonga, mensonja, messonga, messonja, messorga ; anc. cat. mensongia ; ital. menzogna. Dérivation irrégulière du verbe mentir. Il y a deux formes : dans mençoigne, menzogna, vu la finale semblable à vergoigne, vergogna, du latin verecundia, la finale représente undia ; dans mensonge, féminin, vu la finale semblable à chalonge, qui est le latin calumnia, la finale onge représente umnia ; telle est la valeur de ces suffixes ; maintenant, comment se sont-ils agencés à mentir ? On ne le sait.
Historique : XIe s. S'altre le dist, jà semblast grant mençonge XIIe s. Tu perderas tuz celz [ceux] chi parolent menceunge S'autre le dist, menzoigne fust prouvée Que Thomas l'arcevesque.... Ne seit de ses mençoignes creüz ne escultez XIIIe s. Là me sovint des gens de male guise Qui m'ont mis sus mensoigne à escient, Que j'ai chanté des dames laidement Se je vous trouve à mençonge, vous le comperrez [payerez] durement Nule raison qui soit proposée de l'une partie ne de l'autre, en le [la] quele on voit aperte menchonge, de li meïsme ne doit estre receue en jugement Et nos orrons bien se tu li diras nule me…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Propos contraire à la vérité, tenu avec dessein de tromper. Un mensonge impudent. Dire, faire, inventer, forger un mensonge. Débiter des mensonges. Soutenir, réfuter, combattre un mensonge. être dupe d’un mensonge. Discerner le mensonge d’avec la vérité.
Mensonge innocent, Mensonge sans conséquence, qui ne peut nuire à personne. Le mensonge que je vous ai fait est bien innocent et ne mérite pas tant de reproches.
Mensonge pieux, Mensonge fait dans l’intention d’être utile ou agréable à quelqu’un. Plutôt que de l’alarmer sur son état, j’ai cru devoir lui faire un mensonge pieux.
Dans le langage de l’écriture, L’esprit du mensonge, le père du mensonge, Le diable.
Dans le langage poétique, il signifie Fable, fiction, invention. La poésie vit de mensonges. Les aimables mensonges de la Fable.
MENSONGE signifie aussi, figurément, Erreur, vanité, illusion. Le monde n’est que mensonge.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- mensonges — pluriel — /mɑ̃sɔ̃ʒə/
- mensonge — singulier — /mɑ̃sɔ̃ʒə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mensonge#39491.