ménagé · ménage · menage

ménagé

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Conduit, manié. Les esprits ménagés avec habileté. Terme de peinture. Pinceau ménagé, conduit avec art. Couleurs bien ménagées, distribuées avec la réserve convenable.

    À mon gré je n'ai point fait de pièce où l'ordre du théâtre soit plus beau et l'enchaînement des scènes mieux ménagé — Pierre Corneille (1606-1684)

    Le seul courroux d'Achille, avec art ménagé, Remplit abondamment une Iliade entière — Boileau (1636-1711)

  2. Préparé par habileté et mesure. Un accommodement ménagé entre deux adversaires aigris l'un contre l'autre.

    Les traités les mieux ménagés ne sont que la loi du plus fort — Vauvenargues (1715-1747)

  3. Employé avec habileté. La faveur des lieux habilement ménagée par cet officier.

    Il n'est rien de plus dangereux qu'une longue vie, quand elle n'est remplie que de vaines entreprises, comme aussi il n'est rien de plus précieux quand elle est utilement ménagée pour l'éternité — Bossuet (1627-1704)

    Quand je considère quatre-vingt-dix ans si soigneusement ménagés — Bossuet (1627-1704)

  4. Arrangé, disposé. Une gradation bien ménagée.

    Tout est ménagé dans le corps humain avec un artifice merveilleux — Bossuet (1627-1704)

  5. Traité avec égard. Ménagé par un adversaire courtois.

    Osera-t-elle [l'âme pénitente] toucher à ce corps si tendre, si chéri, si ménagé ? — Bossuet (1627-1704)

    C'est la destinée de la vieillesse d'être ménagée comme l'enfance — Mme de Maintenon (1635-1719)

  6. Qu'on expose au péril avec prudence.

    Les soldats, ménagés et exposés quand il faut, marchent avec confiance sous ses étendards [de Louis XIV] — Bossuet (1627-1704)

    De sorte qu'il n'y avait rien de plus hardi ni tout ensemble de plus ménagé qu'étaient les armées romaines — Bossuet (1627-1704)

  7. Employé avec économie. Un revenu bien ménagé. Fig.

    Les supplices furent ménagés et ordonnés sous d'autres prétextes que celui de la religion — Bossuet (1627-1704)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • ménagées — pluriel féminin
  • ménagés — pluriel masculin
  • ménagée — singulier féminin
  • ménagé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ménagé#101905.

ménage

nom, masculin, /menaʒə/ ou /mɛnaʒə/

Définitions

  1. Ensemble des tâches liées à l'entretien d'un logement.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Couple, ou personnes vivant ensemble sous le même toit.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Unité économique et statistique regroupant les personnes partageant le même logement.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Locution signifiant l'entente ou la mésentente entre des personnes vivant ensemble : faire bon ou mauvais ménage.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. L'ordre et la dépense d'une maison, ou, dans le langage scientifique, l'économie domestique. Il conduit bien son ménage. Ménage de ville. Ménage de campagne. Ménage de garçon. Être dans son ménage. Les détails du ménage. Son ménage lui coûte tant. À profit de ménage, en économisant sur les dépenses de la maison. Toile de ménage, toile dont le fil est fait dans les maisons particulières, et qui a plus de corps que celle que les marchands vendent ordinairement. Pain de ménage, pain que l'on cuit dans les maisons particulières. Pain de ménage, se dit aussi du pain blanc, non de luxe, que font les boulangers à l'imitation des pains que l'on cuisait chez soi. Liqueurs de ménage, liqueurs qu'on fait chez soi. Jambons de ménage, jambons qu'on fait chez soi. Familièrement. Avoir ménage en ville, entretenir une maîtresse.

    Un tonnelier et sa femme Nanon Entretenaient un ménage assez mince — La Fontaine (1621-1695)

    Que vous jouez au monde un petit personnage, De vous claquemurer aux choses du ménage ! — Molière (1622-1673)

  2. Ensemble de plats, de vases, d'ustensiles de cuisine et autres, nécessaires au ménage. Son ménage s'en va pièce à pièce par la négligence de ses domestiques. Fig. On lui remue son ménage, se dit de celui dont on vend les biens par autorité de justice. Petit ménage, ustensiles de ménage en diminutif que l'on donne aux enfants, et, particulièrement, aux petites filles, pour faire la dînette. L'appartement et l'ensemble des meubles.

    Car avec rien on montait un ménage — La Fontaine (1621-1695)

    Je ne sais si je tombe en enfance ; mais le petit ménage d'argent que vous avez envoyé à Mlle de la Tour me plaît autant qu'à elle — Mme de Maintenon (1635-1719)

  3. Soin qu'on donne à l'arrangement et à la propreté des meubles d'un appartement. Cette servante est plus propre au ménage qu'à la cuisine. Femme de ménage, femme qui vient du dehors pour prendre soin des choses du ménage. Par extension, dans le style familier. Faire des ménages, se dit de la femme de ménage qui vient faire ce qui est nécessaire pour le service du ménage. Cette femme gagne sa vie à faire des ménages.

    Je loge au quatrième étage ; C'est là que finit l'escalier ; Je suis ma femme de ménage, Mon domestique et mon portier — DÉSAUGIERS

  4. Conduite économique que l'on tient dans l'administration des biens, de l'argent. Vivre de ménage, vivre avec économie. Il vit de ménage, se dit, par plaisanterie, d'un homme dérangé qui vend pour vivre ses meubles et ustensiles, et qui, de la sorte, vit en effet de son ménage. Fig. Ménage de bouts de chandelle, épargne sordide dans de petites choses.

    Ma grand'mère paternelle était de la maison d'Ellebeuf, où il y avait alors cinq ou six terres nobles, desquelles, par mauvais ménage, il en est bien à peine demeuré une aux mains de l'héritier — Malherbe (1555-1628)

    Les deniers des recettes en partie se perdaient par mauvais ménage, et en partie étaient mangés par les principaux de la ville qui les partageaient entre eux.... — Malherbe (1555-1628)

  5. Toutes les personnes dont une famille est composée. Il y a trois ou quatre ménages logés dans cette maison.

  6. L'association d'un homme et d'une femme mariés ensemble. Faire bon ménage, mauvais ménage, se dit d'un mari et d'une femme qui vivent en bonne, en mauvaise intelligence. Fig. Faire bon ménage avec quelqu'un, vivre avec lui en bonne intelligence. Hospice des Ménages, hospice de Paris destiné aux époux âgés et indigents.

    Certain riche bourgeois s'étant mis en ménage — La Fontaine (1621-1695)

    Lorsqu'on met une fille en ménage — La Fontaine (1621-1695)

  7. Fig. Sage manière de conduire, de faire les choses. Ironiquement. Désordre, ruine. Il a fait là un beau ménage, se dit de quelqu'un qui a brisé des objets ou fait quelque désordre dans sa maison. Il n'y a qu'un ménage de gâté, se dit en parlant de deux personnes aussi déraisonnables l'une que l'autre, et qui sont mariées ensemble.

    Les grâces que je reçois se dispensent avec tant de ménage, que je ne puis racheter un œil que par une jambe — Guez de Balzac (1597-1654)

    On ne parle ici que de la merveilleuse conduite du roi, du grand ménage de M. Colbert, et du procès de M. Fouquet — Jean Racine (1639-1699)

Étymologie : Wallon, manège ; namur. mainnage ; Berry, meinage ; bourguig. mannaige ; languedocien et gascon, maynatge ; bas-lat. masnaticum, mansionaticum dérivé de mansio, habitation (voy. MAISON). Dans l'historique, mesnage a plus d'une fois le sens de logis, habitation.

Historique : XIIIe s. Ostel ou maisnage [logis] Il n'y a si fol ne si sage, S'il a guere esté en mesnage.... XIVe s. Jehans de Condet, qui estoit De son maisnage [d'un comte] et qui viestoit Des robes de ses esquiiers Escuelles, nappes, draps et autre mesnage du dit hostel Un mesnage qui appartenoit à Pierre Adigart, assis en la parroisse Nostre Dame de Saint-Lo XVe s. Le suppliant, qui est demourant près Angiers, où il a accoustumé de gaingnier la poure vie de lui, ses femme et mesnage, à labourer et perroyer Se je di : gardez le mesnaige ; Or [ma femme] me faint un pelerinaige XVIe s. Si nous ne trouvons…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Gouvernement domestique et tout ce qui concerne la dépense et l’entretien d’une famille. Il a un lourd ménage sur les bras. être dans son ménage. Un ménage bien réglé, bien ordonné. Il donne tant à sa femme pour la dépense du ménage, pour faire aller le ménage. Ménage de garçon. Il a le soin du ménage. Ils font ménage ensemble. Ils font ménage commun. Il s’est mis en ménage depuis peu. Les détails du ménage. La tenue, la conduite du ménage.

  2. Toile de ménage, Toile dont le fil était fait dans les maisons particulières et qui avait plus de corps que celle que les marchands vendent ordinairement.

  3. Pain de ménage, Pain que l’on cuit dans les maisons particulières et qui est ordinairement d’une farine moins fine, d’une pâte moins légère que le pain de boulanger. Il se dit aussi du Pain de même nature que les boulangers vendent sous ce nom.

  4. Liqueurs de ménage, Liqueurs qu’on fait chez soi et pour son usage particulier.

  5. Fam., Avoir ménage en ville, Entretenir une maîtresse.

  6. MÉNAGE se dit aussi des Meubles et ustensiles nécessaires à un ménage. Cette somme l’aidera à monter son ménage. Son ménage s’en va pièce à pièce. Articles de ménage.

  7. Petit ménage, et quelquefois Ménage, Ustensiles de ménage en réduction que l’on donne comme jouet aux petits enfants.

  8. MÉNAGE signifie encore le Soin qu’on donne à l’arrangement et à la propreté des meubles d’un appartement. Cette servante est plus propre au ménage qu’à la cuisine. Faire le ménage.

  9. Femme de ménage, Femme qui vient du dehors pour prendre soin des choses du ménage. On dit, dans un sens analogue, Faire des ménages. Cette femme gagne sa vie à faire des ménages.

  10. MÉNAGE désigne collectivement Toutes les personnes dont une famille est composée. Il y a trois ou quatre ménages logés dans cette maison.

  11. Il se dit également de l’Association d’un homme et d’une femme mariés ensemble. Mettre sa fille en ménage. Se mettre en ménage. Entrer en ménage. Troubler un ménage. Un jeune ménage. Un ménage uni. Un ménage bien assorti.

  12. Faux ménage se dit de Deux personnes vivant maritalement sans être mariées.

  13. Faire bon ménage, mauvais ménage, se dit d’un Mari et d’une femme qui vivent en bonne, en mauvaise intelligence. Par extension, Ces deux personnes font bon ménage ensemble. Ce chien et ce chat font bon ménage.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • ménages — pluriel — /menaʒə/ ou /mɛnaʒə/
  • ménage — singulier — /menaʒə/ ou /mɛnaʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ménage#41828.

menage

nom, masculin

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action, art de mener. Le menage des voitures, des charrettes.

Étymologie : Mener, et la finale age qui indique ordinairement l'action.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée MENAGE.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.