menace
nom, féminin · /mənasə/
Usage : fréquent (37 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Parole ou geste par lequel on annonce à quelqu'un le mal qu'on projette de lui faire.
Il a proféré des menaces contre ses voisins.
« Le Rhin les voit d'un œil qui porte la menace »Boileau (1636-1711)
« .... De tant de maux, Abner, détournons la menace »Jean Racine (1639-1699)
Signe qui laisse craindre la survenue prochaine d'un danger ou d'un mal.
Une menace de grève pèse sur les transports.
Synonyme : risque.
« Le navire éloquent, fils des bois du Pénée.... Craignant près de l'Euxin les menaces du Nord, S'arrête, et se confie au doux calme du port »André Chénier (1762-1794)
« La terrible menace du ciel irrité, lorsqu'il sembla si longtemps vouloir frapper ce Dauphin même, notre plus chère espérance »Bossuet (1627-1704)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : mettre ses menaces à exécution
Grammaire et formes (2)
- menaces : pluriel · /mənasə/
- menace : singulier · /mənasə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Parole ou geste dont on se sert pour faire craindre à quelqu'un le mal qu'on lui prépare. Menaces en l'air, menaces qui ne sont suivies d'aucun effet.
Et je ne rendrai point menace pour menacePierre Corneille (1606-1684)
La menace à grand bruit ne porte aucune atteintePierre Corneille (1606-1684)
La menace d'une chose, l'action de menacer quelqu'un de cette chose. En un autre sens, la menace d'une chose, les signes qui font craindre cette chose.
[Bourdaloue disant] que ceux qui conduisaient les âmes ne devaient jamais faire la menace de la profanation du corps de Jésus-Christ, sans avertir que, si nous n'y participions, nous n'aurions jamais la vie éternelleMme de Sévigné (1626-1696)
.... De tant de maux, Abner, détournons la menaceJean Racine (1639-1699)
Fig. Il se dit, dans le langage élevé ou poétique, des choses qui semblent menacer.
Le navire éloquent, fils des bois du Pénée.... Craignant près de l'Euxin les menaces du Nord, S'arrête, et se confie au doux calme du portAndré Chénier (1762-1794)
Des rocs inabordés où repose la glace, Qu'un mortel imprudent méprise la menace Et trouble par un cri le silence des airs, Soudain ces rocs émus tressaillent et s'écroulentMASSON
Étymologie : Wallon, manèse ; provenç. menassa, menaza ; anc. espagn. menaza ; ital. minaccia ; du lat. minacia, de minari, menacer, proprement être saillant, proéminent.
Historique : Xe s. Por manatce regiel ne preiemen [prière] XIe s. Ce sait hom bien, n'ai cure de manace XIIe s. De vos menaces ne m'est pas un bouton XIIIe s. Cil oÿ la menace, le sens cuide changer Menaces vainquent loy XVe s. Chevalier sans armes n'est que menasses sans faict XVIe s. Ils recherchent au ciel les causes et menaces anciennes de leur malheur
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. f.
Parole ou geste dont on se sert pour marquer à quelqu’un sa colère, son ressentiment et pour lui faire craindre le mal qu’on lui prépare. Terrible, furieuse menace. Vaine menace. Faire des menaces. User de menaces envers quelqu’un. Je ne crains guère ses menaces. Des discours pleins de menaces. écrire des lettres de menaces. L’effet a suivi de près la menace. Braver des menaces. Ses menaces sont restées sans effet.
La menace d’une chose, Les signes, les pronostics qui font craindre cette chose. Les menaces de l’orage. La menace de la tempête.
Fig. et fam., Menaces en l’air, Menaces qui ne sont pas sérieuses.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée menace#39456.