mélodie

mélodie

nom, féminin, /melɔdi/ ou /mɛlodi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Suite de sons d'où résulte un chant agréable et régulier. Douce mélodie. Cet air a beaucoup de mélodie.

    Ce qu'on dit de la grâce divine, qui tout à coup transforme les cœurs, peut, humainement parlant, s'appliquer à la puissance de la mélodie — Mme de Staël (1766-1817)

  2. Série, par opposition à harmonie, de sons successifs qui forme une ou plusieurs phrases musicales.

    La mélodie est dans la musique ce qu'est le dessin dans la peinture ; l'harmonie n'y fait que l'effet des couleurs — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Les Italiens prétendent que notre mélodie est plate et sans aucun chant, et toutes les nations neutres confirment unanimement leur jugement sur ce point — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. S'emploie souvent, mais à tort, comme synonyme de romance. Les mélodies de Schubert. Se dit aussi d'un chœur religieux chanté et accompagné à l'unisson.

  4. Par extension, en parlant de poésie ou de prose, choix et suite de mots, de phrases propres à flatter l'oreille. La mélodie du style.

    Quinault, dédaigné par Racine, avait, dans la mélodie de ses paroles, quelques accents de la même voix — Villemain (1790-1870)

Étymologie : Provenç. esp. et ital. melodia, de μελωδία, de μέλος, et ᾠδὴ, chant. La mélodie est donc proprement le chant du melos. Pour bien comprendre ce mot, il faut se rappeler que melos originairement signifiait membre, et qu'on a, dès les premiers temps, appelé ainsi les parties en lesquelles une phrase se divise. Ce sont ces parties qui frappent l'oreille de manière à marquer une certaine cadence ; et la mélodie était précisément le chant musical de cette phrase cadencée. Tous les autres sens dérivent naturellement de celui-là (voy. MÉLOPÉE).

Historique : XIIe s. La melodie des salmes [psaumes] que jeo ai chanted XIIIe s. Loez le seigneur et haut et bas, en toutes manieres de melodie Tel melodie demenoient Li oisel qui illoec cantoient Harpes i sonent et vieles, Qui font les melodies beles Là font entr'eus lor armonies Qui sunt causes des melodies Et des diversités de tons Que par acordance metons En toutes manieres de chant XIVe s. Le musicien se delette en bonnes melodies, et a tristece as malveses Melodie est concorde de sons, en les variant l'un après l'autre par succession de temps Nulles herbes ne nulles melodies n'ont aulcune vertu natur…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Suite de sons d’où résulte un chant agréable et régulier. Douce mélodie. Cet air a beaucoup de mélodie. Cet air manque de mélodie.

  2. Il se dit quelquefois, dans un sens plus technique, de Tout arrangement de sons, exécutés, entendus successivement dans un même air, par opposition à l’Harmonie qui consiste dans l’accord de plusieurs parties exécutées, entendues simultanément. Les règles de la mélodie. La mesure est essentielle à la mélodie et ne l’est point à l’harmonie.

  3. Il se dit encore d’une Pièce de musique vocale avec accompagnement. Les mélodies de Fauré.

  4. MÉLODIE se dit, par extension, en parlant de poésie ou de prose, et désigne la Qualité harmonieuse d’une suite de mots ou de phrases. La mélodie des vers de Racine.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mélodies — pluriel — /melɔdi/ ou /mɛlodi/
  • mélodie — singulier — /melɔdi/ ou /mɛlodi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mélodie#41795.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.