mêlé
adjectif, /mele/ ou /mɛle/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens)
Littré (1873)
part. passé
Uni avec. De l'eau mêlée avec du vin. Lettres mêlées de vers et de prose, lettres où il y a de la prose et des vers.
La nature m'enseigne par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, que je ne suis pas seulement logé dans mon corps ainsi qu'un pilote en son navire, mais outre cela que je lui suis conjoint très étroitement et tellement confondu et mêlé que je compose comme un seul tout avec lui — Descartes (1596-1650)
De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues — Bossuet (1627-1704)
Où il y a du bon et du mauvais. Compagnie, société mêlée, compagnie, société, moitié bonne, moitié mauvaise. Fig. Marchandise mêlée, voy. MARCHANDISE. Marchand mêlé, voy. MARCHAND.
Vous trouverez.... les rondeaux de Benserade : ils sont fort mêlés ; avec un crible, il en demeurerait peu — Mme de Sévigné (1626-1696)
Que je vois dans le monde de ces vies mêlées ! on fait profession de piété, et on aime encore les pompes du monde — Bossuet (1627-1704)
Mélangé, qui n'est pas pur. Il s'est dit absolument de celui dont la chevelure grisonne. On peut en voir en moi la taille en quelques traits, Chauve sur le devant, mêlé sur le derrière. Sang mêlé, sang, personne issue d'un croisement entre blanc et nègre.
À peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse — Boileau (1636-1711)
Le port majestueux et la démarche fière — Pierre Corneille (1606-1684)
Répandu parmi, en parlant des personnes.
Les Parthes à la foule, aux Syriens mêlés Bénissent à l'envi le prince et Rodogune — Pierre Corneille (1606-1684)
Embrouillé. Des écheveaux mêlés. Cheveux mêlés. Cheval mêlé, cheval de tirage dont les extrémités se sont embarrassées dans les traits qui l'attachent à la voiture. Fig. Il a les dents mêlées, se dit d'un homme ivre qui ne peut desserrer les dents et parler. D'autres disent dans le même sens : Il a la langue mêlée, parce que chez l'homme ivre la langue se mêle et ne peut articuler.
Embrouillé, en parlant d'affaires.
Trouvant un bien fort grand, mais fort mêlé d'affaires — La Fontaine (1621-1695)
Impliqué, qu'on fait intervenir. Mêlé dans une malheureuse affaire.
Mais où Dieu se trouve mêlé, jamais les comparaisons tirées des choses humaines ne sont qu'imparfaites — Bossuet (1627-1704)
J'aurais autant aimé ne pas voir mes chers compatriotes mêlés dans cette plaisanterie — D'Alembert (1717-1783)
Fig. Uni par une sorte de mélange, en parlant de choses intellectuelles, morales.
Je trouve toute cette relation fort jolie ; c'est un petit morceau de l'ancienne galanterie, mêlée avec la poésie et le bel esprit — Mme de Sévigné (1626-1696)
La tendresse que j'ai pour vous, ma chère bonne, me semble mêlée avec mon sang, et confondue dans la moelle de mes os — Mme de Sévigné (1626-1696)
Varié.
Il [Pompone] souffre fort patiemment la longueur de mes conversations ; elles sont mêlées d'une manière qu'il ne me paraît pas qu'il en soit fatigué — Mme de Sévigné (1626-1696)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- mêlées — pluriel féminin — /mɛle/
- mêlés — pluriel masculin — /mele/ ou /mɛle/
- mêlée — singulier féminin — /mɛle/
- mêlé — singulier masculin — /mele/ ou /mɛle/
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