meilleur
adjectif, /mɛjœʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Comparatif qui a le même sens que plus bon, lequel ne se dit pas. Meilleur à, qui convient mieux à, qui vaut mieux pour.
Je me souviens d'avoir vu quelquefois meilleure compagnie dans les ruisseaux de Paris que je n'en ai encore rencontré dans la chambre de la duchesse — Voiture (1597-1648)
Et toi, de mes exploits glorieux instrument.... Passe pour me venger en de meilleures mains — Pierre Corneille (1606-1684)
Impersonnellement. Il est meilleur, il vaut mieux. Il est meilleur d'agir ainsi, ou, par inversion, meilleur est d'agir ainsi.
Il est bon de parler et meilleur de se taire — La Fontaine (1621-1695)
Il [Cromwell] leur déclara [aux membres du parlement] que, si la république devait souffrir, meilleur était qu'elle fût dépendante des riches que des pauvres, qui, selon Salomon, lorsqu'ils oppriment, ne laissent rien après eux — Chateaubriand (1768-1848)
De meilleure heure, plus tôt.
On s'y marie de meilleure heure — Montesquieu (1689-1755)
Le meilleur, la meilleure, les meilleurs, superlatif relatif de bon, qui est au-dessus de tout dans son genre pour la bonté, l'utilité. La meilleure partie, la meilleure part, la plus grande partie, en parlant de nombre, de quantité. La meilleure part à, la plus grande participation à. Dans la poésie, on supprime quelquefois l'article.
Il fondait là-dessus l'achat d'une feuillette Du meilleur vin des environs — La Fontaine (1621-1695)
La raison du plus fort est toujours la meilleure — La Fontaine (1621-1695)
S. m. et f. Le meilleur, la meilleure, celui, celle qui l'emporte sur les autres par ses qualités. Le meilleur n'en vaut rien, se dit de deux ou de plusieurs personnes presque également méchantes ou vicieuses.
Et c'était une blanque à de bons bénéfices ; Mais elle est épuisée, et les vers à présent Aux meilleurs du métier n'apportent que du vent — Pierre Corneille (1606-1684)
S. m. Le meilleur, ce qu'il y a de mieux. Le meilleur, ce qu'il y a de plus curieux, et aussi, ironiquement, ce qu'il y a de plus mal. Proverbialement. Le plus beau et le meilleur n'est pas de trop pour lui ; c'est-à-dire c'est un homme qui mérite ce qu'il y a de mieux ; ou, ironiquement, c'est un homme trop exigeant. Du meilleur de l'âme, du cœur, c'est-à-dire avec la plus entière bienveillance, cordialité.
Ne m'importune plus, Philandre, je t'en prie ; Me rapaiser jamais passe ton industrie ; Ton meilleur, je t'assure, est de n'y plus penser — Pierre Corneille (1606-1684)
Tu vois ce qui m'est le meilleur, De mes maux tu sais le remède ; Regarde mon désir, et règle-le, Seigneur, Ainsi que tu veux qu'il succède — Pierre Corneille (1606-1684)
Familièrement. Boire du meilleur, tirer du meilleur, boire, tirer du meilleur vin qu'on ait.
Et fait tirer du meilleur cependant — La Fontaine (1621-1695)
Vivons libres, soutenons nos droits, et buvons du meilleur — Voltaire (1694-1778)
Adverbialement. Il fait meilleur, on est mieux.
Non pas cela, dit l'homme, il fait meilleur chez nous — La Fontaine (1621-1695)
Terme de marine. Meilleur ! plus fort, plus énergiquement ! Quand les rameurs d'une embarcation nagent mollement, on leur crie : meilleur ! meilleur ! meilleur tribord ! pour faire nager plus vigoureusement les rameurs de droite ; et meilleur bâbord ! pour exciter ceux de gauche.
Étymologie : Berry, mélieur ; bourg. mouïou, moillou ; wallon, mèieûs ; Hainaut, melieu ; provenç. melhor, meillor, melher, meilher ; cat. millor ; esp. mejor ; port. melhor ; ital. migliore ; du lat. meliorem. Le vieux français dit mieudre, mieldre au nominatif, du latin melior, accent sur me, et meillor au régime, de meliorem, accent sur o. Melior a été rattaché à ἀμείνων ; c'est une erreur ; Corssen démontre (Beitr. p.239) qu'il se rapporte à μάλα, beaucoup, μᾶλλον, plus (pour μάλιον) μάλιστα, le plus ; il pense que la racine est le sanscrit mal, tenir, et que le sens est ferme, solide, fort.
Historique : XIe s. Quant chascuns ert [sera] à son meillor repaire Et des meillors [des plus braves] qui al champ [de bataille] cuident estre XIIe s. [Il] Vest un haubert, nus hom [nul homme] n'en vit meillor Sur les mellors chevaus qu'il ont trouvé La mieldre dame qui soit de mere née Saisne vont par ces rues faisant moult grant martire [massacre] ; N'i estoit esparné li miadres ne li pires Vez-ci bone achoison pour la voie laissier. - Voire, dit Gilemers, nule meillor [je] n'en quier [n'en demande] Passez vos an là outre, vostre meillor n'y voi XIIIe s. Et vous avez, par Dieu, meillor envie D'un bel val…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Comparatif de BON. Qui est d’un degré supérieur à bon, qui vaut plus que la personne ou la chose à laquelle on le compare. Cet homme est bon, mais son frère est meilleur, encore meilleur. Le temps est meilleur qu’il n’était hier. Il n’y a rien de meilleur. Cela est un peu meilleur. Il est en meilleur état. Il est impossible de voir un meilleur homme, une meilleure femme, de meilleures gens. Les lois rigoureuses ne rendent pas les peuples meilleurs.
MEILLEUR, précédé de l’article le, est superlatif et signifie Qui est au-dessus de tout, dans son genre, pour la bonté, l’utilité. C’est le meilleur ouvrage de cet auteur. C’est le meilleur homme du monde. C’est le meilleur de tous les hommes. C’est la meilleure leçon que vous puissiez recevoir. Il est dans les meilleures dispositions. Il m’a témoigné la meilleure volonté. Substantivement, Le meilleur de l’affaire, le meilleur du conte, le meilleur est que... Prenez le meilleur et laissez le reste. Il lui faut toujours le plus beau et le meilleur. C’est un acheteur à qui il faut toujours donner du meilleur. Je vous le dis du meilleur de mon coeur.
Fam., Boire du meilleur, Du meilleur vin qu’il y ait ou qu’on ait.
Le meilleur n’en vaut rien, se dit de Deux ou de plusieurs personnes presque également méchantes ou vicieuses, de Deux ou plusieurs choses presque également mauvaises.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- meilleures — pluriel féminin — /mɛjœʁə/
- meilleurs — pluriel masculin — /mɛjœʁ/
- meilleure — singulier féminin — /mɛjœʁə/
- meilleur — singulier masculin — /mɛjœʁ/
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