médiocrité

médiocrité

nom, féminin, /medjɔkʁite/ ou /mɛdjokʁite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. État, qualité de ce qui est médiocre. La médiocrité de sa fortune.

    Un homme qui n'a de l'esprit que dans une certaine médiocrité est sérieux et tout d'une pièce ; il ne rit point, il ne badine jamais — La Bruyère (1645-1696)

    Il y a dans certains hommes une certaine médiocrité d'esprit qui contribue à les rendre sages — La Bruyère (1645-1696)

  2. Insuffisance du côté du mérite, de la qualité.

    C'est un vice [la jalousie] qui suit la médiocrité — Boileau (1636-1711)

    Il y a de certaines choses dont la médiocrité est insupportable, la poésie, la musique, la peinture, le discours public — La Bruyère (1645-1696)

  3. Œuvre d'un mérite médiocre. Personnage médiocre, quant aux talents et à l'esprit. Une des médiocrités de ce temps-ci. Collectivement. Les gens médiocres.

    Enchanté des chefs-d'œuvre du siècle passé, autant que dégoûté du fatras prodigieux de nos médiocrités, je vais expier les miennes en me faisant le commentateur de P. Corneille — Voltaire (1694-1778)

    Je le voyais courbé maintenant sous ce manteau de plomb que Dante décrit dans l'Enfer, et que la médiocrité jette sur les épaules de ceux qui passent sous son joug — Mme de Staël (1766-1817)

  4. État de fortune, position qui tient le milieu entre le haut et le bas dans la société.

    Retirez-vous, trésors ; fuyez : et toi, déesse, Mère du bon esprit, compagne du repos, Ô médiocrité, reviens vite ! — La Fontaine (1621-1695)

    Je ne veux être, si je le puis, ni malheureux ni heureux, je me jette et me réfugie dans la médiocrité — La Bruyère (1645-1696)

  5. Modération, juste milieu, juste tempérament (en ce sens, il vieillit).

    L'extrême esprit est accusé de folie, comme l'extrême défaut ; rien que la médiocrité n'est bon — Pascal (1623-1662)

    Il faut que je cherche une règle certaine qui compose mes mœurs selon la droite raison, et réduise mes actions à la juste médiocrité — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Provenç. mediocritat ; espagn. mediocridad ; ital. mediocrità ; du lat. mediocritatem, de mediocris, médiocre.

Historique : XIVe s. La continuation de l'os dur ne seroit pas faite o [avec] les membres molz sans moien [le cartilage] qui eust mediocrité de dureté XVIe s. La raison imprime en la partie irraisonnable les vertus morales, qui sont mediocritez entre le peu et le trop Et, pour ce que tu as opté mediocrité en matiere de coingnée, par le vueil de Juppiter je te donne ces deux aultres

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. état, qualité de ce qui est médiocre. La médiocrité de sa fortune, de son esprit.

  2. Il se dit, absolument, de Cet état de fortune qui tient le milieu entre la richesse et la pauvreté, entre l’élévation et une condition inférieure. Vivre dans la médiocrité, dans une heureuse médiocrité.

  3. Il signifie aussi Insuffisance du côté de l’esprit, du mérite. Cet homme est d’une grande médiocrité.

  4. Il se dit, dans le même sens, en parlant des Ouvrages de l’esprit. Ce livre, ce discours, ce poème est d’une médiocrité désolante. La médiocrité en poésie est intolérable.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • médiocrités — pluriel — /medjɔkʁite/ ou /mɛdjokʁite/
  • médiocrité — singulier — /medjɔkʁite/ ou /mɛdjokʁite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée médiocrité#41677.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.