s. f.
Art qui a pour but la conservation de la santé et la guérison des maladies, et qui repose sur la science des maladies ou pathologie. Faire, pratiquer la médecine. La faculté de médecine. Étudiant en médecine. Docteur en médecine. Médecine clinique, celle qui se pratique au lit du malade.
Comment ! Monsieur, vous êtes aussi impie en médecine — Molière (1622-1673)
Aussi ne fut-ce qu'à force d'habileté que M. Littre réussit dans cette profession ; encore ne réussit-il que parmi ceux qui se contentaient de l'art de la médecine dénué de celui du médecin — Fontenelle (1657-1757)
Système médical. La médecine galénique. La médecine des Arabes.
Médecine agissante, celle qui fait usage tout de suite des moyens qui tendent à guérir ; par opposition à médecine expectante, celle des médecins qui ont pour principe d'attendre les opérations successives de la nature avant de se décider.
Médecine mentale, celle qui s'occupe des maladies de l'esprit.
Médecine légale, l'ensemble des connaissances médicales appliquées aux questions de droit, quand il faut constater l'état de santé physique ou morale d'un individu, et reconnaître les traces médicales que tel ou tel crime a pu laisser. Il y a aussi la médecine légale vétérinaire.
Médecine opératoire, l'étude, faite séparément, de tous les moyens de guérison autres que les médicaments internes et externes, c'est-à-dire par l'œuvre de la main et par l'emploi des appareils.
Médecine vétérinaire, celle qui a pour objet la santé des animaux domestiques.
Médecine des gens du monde, médecine domestique, la pratique de la médecine par ceux qui, sans savoir rien en médecine, administrent des médicaments dans la maison ou aux pauvres à l'aide de livres et de formulaires.
La cherté de leurs drogues [des apothicaires] les a fait haïr dans les familles, où les médecins ont introduit une domestique et familière médecine, dont le peuple est fort soulagé — Gui Patin (1601-1672)
Par extension, un remède en général. Médecine universelle, médicament auquel on attribue la vertu de guérir toute sorte de maladies. Ceux qui cherchaient la pierre philosophale cherchaient aussi la médecine universelle. Fig. Ce qui remédie à quelque mal.
Je vous prie, ma bonne, quoi qu'on dise, de faire de l'huile de scorpion, afin que nous trouvions en même temps les maux et les médecines — Mme de Sévigné (1626-1696)
La saignée et la boisson font sa médecine universelle [celle du docteur Sangrado] — Lesage (1668-1747)
Particulièrement, remède sous forme liquide ou solide qu'on prend pour se purger. Médecines blanches, potions purgatives dont l'émulsion d'amandes est l'excipient, et qui contiennent une résine purgative triturée avec la gomme arabique. Médecines noires, celles où entrent la casse et le séné qui leur donnent une couleur noire. Médecine douce, médecine préparée de sorte qu'elle opère doucement. Médecine en lavage, médecine étendue dans beaucoup d'eau. Médecine de cheval, médecine que les vétérinaires donnent aux chevaux, et qui est plus forte que pour les hommes. Familièrement. Médecine de cheval, médecine comme pour un cheval, médecine trop forte. Prendre médecine, se purger. Cela sent la médecine, se dit des choses qui ont un goût de drogues. Fig. Avaler la médecine, prendre son parti, se résigner à une chose malgré la peine qu'elle cause. On dit dans le même sens : médecine amère.
L'aversion qu'on a des médecines — Descartes (1596-1650)
Je m'en vais prendre demain une légère médecine — Mme de Sévigné (1626-1696)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).