médecin
nom, féminin, /mɛdəsɛ̃/ ou /medəsɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Celui qui exerce la médecine. Premier médecin, celui qui occupe le premier rang médical auprès d'un prince. Médecin ordinaire, celui qu'il consulte d'habitude. Médecin par quartier, celui qui est de service tous les trois mois. Médecin consultant, celui qui est appelé en consultation. Fig. et familièrement. Médecin d'eau douce, médecin peu habile, ou qui n'ordonne que des remèdes insignifiants ; par allusion aux marins d'eau douce, qui seraient de chétifs marins de mer. On dit quelquefois docteur-médecin. En parlant d'une femme, on dit une femme médecin, comme une femme auteur. Médecin est le titre de ceux qui sont pourvus du grade de docteur en médecine, par opposition aux officiers de santé.
On dit par vieux proverbe, que les fautes des médecins sont heureuses, d'autant qu'elles sont payées, et si sont couvertes de la terre — GARASSE
Il [Joseph] commanda aux médecins qu'il avait à son service d'embaumer le corps de son père — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Médecins de tous arts se disait autrefois des médecins qui, sans études médicales proprement dites, prétendaient être en possession de secrets et de recettes. Médecin des urines, espèce de charlatan médical qui prétend connaître et traiter les maladies à l'inspection seule de l'urine du malade.
Celui-ci [le lion] parmi chaque espèce Mande des médecins ; il en est de tous arts ; Médecins au lion viennent de toutes parts — La Fontaine (1621-1695)
Fig. Ce qui est propre à rendre ou à conserver la santé. L'exercice et le régime sont d'excellents médecins.
Le mauvais état où je vous ai vue pour la nouvelle que vous veniez de recevoir de la mort de M. le chevalier votre frère, me fait craindre que le temps, quelque bon médecin qu'il soit, n'ait de la peine à vous y donner du soulagement — Malherbe (1555-1628)
Le temps, seul médecin de telles maladies [les douleurs morales], vous les a rendues supportables — Nicolas Poussin (1594-1665)
Le médecin des âmes, le prêtre, le confesseur. Dieu, Jésus-Christ.
Il en coûte à qui vous réclame, Médecins du corps et de l'âme — La Fontaine (1621-1695)
En remerciant ses médecins : voilà, dit-il, maintenant mes vrais médecins ; il montrait les ecclésiastiques dont il écoutait les avis — Bossuet (1627-1704)
Médecin vétérinaire, voy. VÉTÉRINAIRE.
Terme de marine. Médecin de papier, nom donné, à bord des navires de commerce qui naviguent sans médecin, à un traité de médecine pratique, dont les prescriptions sont appliquées aux malades par les soins des capitaines.
Étymologie : Lat. medicinus, dérivé de medicus, médecin, du verbe mĕderi ; comparez le volsque medix, magistrat, et le grec μέδεσθαι, avoir soin. Medicus, avec l'accent sur me, avait donné mege, miege (en wallon, méd), dans l'ancienne langue, qui disait aussi mire et physicien ; physicien est resté dans l'anglais avec le sens de médecin. Mege, miege ont été conservés comme noms propres.
Historique : XIVe s. Où le physicien fait fin, Là commence le medecin, Supposant pour physicien Le très savant naturien XVe s. Adonc mandent les medecins, Qui les vuident comme poucins Par sirops et par leurs cristeres Medecins sont confesseurs [on leur dit tout] XVIe s. Deux au petit doigt, deux au doigt medecin ou annulaire, et un au moyen Sa femme lui fit defendre par medecin d'eau douce, qu'il ne bust point de vin Advint que familierement la medecine [femme de medecin] conta son affaire à une sienne voisine On ne trouve erreur de medecin ; erreur de painctre se voyt sans fin Jeune medecin fait les cime…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Celui qui exerce la médecine. Médecin de la Faculté de Paris, de la Faculté de Montpellier. Médecin des hôpitaux. Médecin spécialiste. Médecin de quartier. Médecin consultant. Médecin d’étal civil. Médecin légiste. Médecin militaire. Médecin-major; on dit actuellement, en termes militaires : Lieutenant-médecin, capitaine-médecin, etc. Médecin inspecteur. Appeler le médecin. Il est abandonné des médecins, condamné par les médecins. Par ordonnance du médecin. On dit quelquefois Docteur médecin.
Prov. et fig., Médecin, guéris-toi toi-même, se dit d’un Homme qui se mêle de donner des conseils et qui aurait besoin d’en recevoir.
MÉDECIN se dit quelquefois figurément de Ce qui est propre à rendre ou à conserver la santé. Le régime et l’exercice sont d’excellents médecins.
MÉDECIN s’emploie aussi figurément par rapport aux Afflictions, aux maladies morales. En certains cas, le médecin de l’âme est plus nécessaire que le médecin du corps. Le temps est un grand médecin.
MÉDECIN VÉTÉRINAIRE. Voyez
VÉTÉRINAIRE.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- médecins — pluriel — /medəsɛ̃/ ou /mɛdəsɛ̃/
- médecin — singulier — /medəsɛ̃/ ou /mɛdəsɛ̃/
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