s. f.
Pièce de métal, qui représente le visage de quelque personne célèbre, ou quelque événement extraordinaire, avec une légende ou une inscription qui y a rapport. Médaille d'or, d'argent, de bronze. Fig. Par plaisanterie.
Pensez-vous qu'il cherche à s'instruire par ses médailles, et qu'il les regarde comme des preuves parlantes de certains faits, et des monuments fixes et indubitables de l'ancienne histoire ? — La Bruyère (1645-1696)
Une médaille, même contemporaine, n'est pas quelquefois une preuve ; combien la flatterie n'a-t-elle pas frappé de médailles sur des batailles très indécises qualifiées de victoires, et sur des entreprises manquées qui n'ont été achevées que dans la légende ! — Voltaire (1694-1778)
Nom donné aux monnaies des peuples de l'antiquité. Histoire par les médailles. La face ou la tête d'une médaille. Le cabinet des médailles, le lieu où, dans un établissement public, on conserve les médailles. Médaille fausse, celle qui est contrefaite. Médaille saucée, voy. SAUCÉ. Médaille fruste, celle qui est presque entièrement effacée. Médaille incuse, voy. INCUSE. Médaille fourrée, voy. FOURRÉ 1. Médaille martelée, voy. MARTELÉ. Médaille restituée, voy. RESTITUTION. Médaille inanimée, celle qui n'a point de légende. Médaille encastrée, médaille composée par des faussaires, avec deux pièces antiques, en prenant la face de l'une et le revers de l'autre. Médaille de la coronation, médaille frappée à l'effigie du pape régnant. Médailles coulées, celles où les faussaires ont cherché à faire disparaître les traces du coulage. Le corps d'une médaille, les figures qui y sont tracées. Fig. C'est une tête de médaille, c'est une personne dont les traits sont grands et fort marqués. C'est une vieille médaille, se dit d'une vieille femme. Le revers d'une médaille, le côté opposé à celui de la tête. Fig. Le revers de la médaille, un des aspects d'une chose. Le revers de la médaille, le mauvais côté, les mauvaises qualités d'une personne ou d'une chose. Fig. Tourner la médaille, mettre la chose en sens contraire. Fig. La médaille est renversée, c'est-à-dire la fortune a changé, les choses ne sont plus dans le même état. Chaque médaille a son revers, chaque chose a un bon et un mauvais côté.
Il reste quelques médailles du temps des Machabées, où l'on voit des épis de blé et des mesures, pour montrer la fertilité du pays et l'honneur qu'ils mettaient à le cultiver — Claude Fleury (1640-1723)
Voyez-vous, à l'aspect d'une médaille antique, Palpiter du vieux temps l'amateur fanatique ? — Jacques Delille (1738-1813)
Pièce d'or, d'argent ou de cuivre, qui représente un sujet de dévotion, et qu'un prêtre a bénite. Médailles de tel saint. Médailles pendues à un chapelet.
Prix qu'on donne aux poëtes, aux orateurs, aux artistes qui ont obtenu les premiers rangs dans le concours, aux manufacturiers qui se sont distingués, etc. On donne aussi des médailles dans les concours agricoles. Médaille d'honneur, médaille décernée pour actes de dévouement et faits de sauvetage. Médailles militaires, médailles qu'on donne à des militaires en commémoration de quelque campagne, de quelque fait d'armes. Médaille de Crimée. Médaille de Sainte-Hélène, médaille donnée aux anciens militaires qui avaient fait la guerre sous le premier empire.
Qui diable a imaginé cette médaille ? on ne l'aurait pas donnée à l'auteur de Britannicus, qui n'eut que cinq représentations.... il n'y a de médailles que celles que la postérité donne — Voltaire (1694-1778)
Plaque de métal numérotée que portent à Paris les portefaix, colporteurs, etc.
En architecture, bas-relief de forme ronde, sur lequel est représentée la tête de quelque personne illustre, ou quelque action mémorable.
Médaille de Judas, voy. LUNAIRE 2.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).