matin · mâtin

matin

adverbe

Grammaire et formes (1)
  • matin — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée matin#147009.

mâtin

interjection

Grammaire et formes (1)
  • mâtin — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mâtin#148881.

matin

nom, masculin, /matɛ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Les premières heures du jour ; époque de la journée qui coïncide avec le passage apparent du soleil au côté oriental de l'horizon. Étoile du matin, nom qu'on donne à la planète Vénus, quand elle se lève avant le soleil. Fig. Du matin au soir, pendant toute la journée. Fig. Du soir au matin, ou du matin au soir, très promptement. Le matin, au temps du matin. Du matin, de bonne heure. Être du matin, se lever matin, être matinal. Au matin, dans les heures du matin. De grand matin, de bon matin, de bonne heure.

    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin — Malherbe (1555-1628)

    Je m'étais levée dès le matin pour être devant le jour aux portes du Seigneur — Bossuet (1627-1704)

  2. Adverbialement. Dans le temps du matin. Se lever matin, fort matin, très matin. Plus matin, de meilleure heure ; très matin, de très bonne heure ; le plus matin que vous pourrez, aussitôt que vous pourrez dans le matin. Hier matin, hier dans les premières heures du jour. Mme de Sévigné a dit dans le même sens : le matin d'hier. Demain au matin, et, plus ordinairement, demain matin, demain dans le temps du matin. Fig. Matin se dit de ce qui est prématuré. Fig. Levé matin, qui fait, avant les autres, des démarches pour quelque affaire.

    Mais quel soin peut du lit vous chasser si matin ? — Rotrou (1609-1650)

    Quoi ! ma bonne, vous avez pensé brûler.... eh quoi ? si le hasard n'avait fait lever M. de Grignan plus matin que le jour, voyez un peu, ma bonne, où vous en étiez — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Familièrement. Un matin, un de ces matins, un beau matin, se dit d'un jour, d'un temps qui n'est pas déterminé. J'irai vous voir un de ces matins. Un beau matin on vint l'arrêter.

    Notre homme, un beau matin, Va chercher compagnie — La Fontaine (1621-1695)

    Le roi disait un de ces matins : En vérité, je crois que nous ne pourrons pas secourir Philisbourg ; mais enfin, je n'en serai pas moins roi de France — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Poétiquement. Le levant, l'aurore, et, par extension, le jour. Les portes du matin, l'aurore ou le levant.

    ....Jusques où le matin Met les étoiles en fuite — Malherbe (1555-1628)

    Ses lèvres, comme un bouton de rose cueilli depuis deux matins, semblaient languir et sourire — Chateaubriand (1768-1848)

  5. Fig. Le commencement, les premières années de la vie. Il se dit de ce qui est très récent.

    Et sans aucun midi la mort et le destin Confondent votre soir avec votre matin — Jean Mairet (1604-1686)

    Dès le matin de la vie, ou sur le déclin de l'âge — Massillon (1663-1742)

  6. Tout le temps qui s'écoule depuis le moment où on se lève, jusqu'à l'heure du dîner, quand on dîne à midi, et même, par abus, jusqu'au dîner actuel de six heures. Il travaille tout le matin, et l'après-dînée il se repose.

  7. Tout le temps qui s'écoule depuis minuit jusqu'à midi. Une heure, deux heures, onze heures du matin.

Étymologie : Bourguig. maitin ; provenç. mati ; catal. matí ; ital. mattino ; du latin matutinum, le temps du matin, qui paraît un diminutif de matutus ; matutus est dans mater matuta. La chute de tu dans ma [tu] tin a des exemples analogues : nutrix pour nutritrix, veneficus pour venenificus, stipendium pour stipipendium. Le vieux français main vient du latin mane.

Historique : XIe s. Li empereres est par matin levé Hier main sedeit l'empereres suz l'umbre Qui en bataille hui matin lui faillirent XIIe s. Dès le matin jusqu'à soleil couchant Quant li rois vit le matin ajourner XIIIe s. Au matin fu li parlemens en un vergier, droit à l'abaïe Nostre Dame de Soissons Si ne menjai-je riens, ce sachiez, dès yer main Mout se peinent de cuer [cœur] à soir et à matin.... L'endemain li rois Flores mout trés matin monta Tant avoit duré li hustins [la bataille], Que il estoit jà grans matins Il li ont dit : sire vilain, Dame Dieu vos doint hui bon main Et s'avoit mengié à matin …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. La première partie, les premières heures du jour. Il se lève de bon matin, de grand matin. La prière du matin. Le crépuscule du matin. Dès le matin. Adverbialement, Il s’est levé matin, fort matin, très matin. Faire sa prière matin et soir. Soir et matin. On dit Demain au matin et, plus ordinairement, Demain matin.

  2. Fam., Un de ces matins, un beau matin, se dit d’un Jour, d’un temps qui n’est pas déterminé. J’irai vous voir un de ces matins. Il nous arriva un beau matin.

  3. Fig. et poétiquement, Le matin de la vie, Les premières années de la vie. On dit, dans le même sens, être dans son matin, à son matin.

  4. Fig. et fam., Il faut se lever bien matin pour l’attraper, Il est toujours sur ses gardes, on ne saurait le surprendre.

  5. Prov., Rouge au soir, blanc au matin, c’est la journée du pèlerin, Le ciel rouge le soir et blanc le matin présage un beau temps.

  6. MATIN signifie aussi Tout le temps qui s’écoule depuis le moment où on se lève jusqu’au repas du milieu du jour. Il travaille tout le matin, et l’après-midi il se repose. Il reste chez lui, il reçoit le matin.

  7. Il signifie encore Tout le temps qui s’écoule depuis minuit jusqu’à midi. Une heure, deux heures, trois heures du matin, et ainsi de suite, jusqu’à onze heures du matin.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • matins — pluriel — /matɛ̃/
  • matin — singulier — /matɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée matin#39243.

mâtin

nom, masculin, /matɛ̃/

Voir aussi : forme féminine mâtine

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Gros chien servant ordinairement à garder une cour, à suivre les chevaux, etc.

    Mais il fallait livrer bataille, Et le mâtin était de taille à se défendre hardiment — La Fontaine (1621-1695)

    Tous les gens querelleurs jusqu'aux simples mâtins, Au dire de chacun, étaient de petits saints — La Fontaine (1621-1695)

  2. Terme d'injure populaire. Mâtin, mâtine, celui, celle qu'on assimile à un mâtin, à un chien.

    Souffrirons-nous, braves gens que nous sommes, Qu'un pirate à nos yeux se gorge de butin, Qu'il traite comme esclave une beauté divine ? Allons tirer notre voisine D'entre les griffes du mâtin — La Fontaine (1621-1695)

    Ah chien ! ah double chien ! mâtine de cervelle, Ta persécution sera-t-elle éternelle ? — Molière (1622-1673)

  3. Mâtin se dit aussi des chiens de race hybride.

Étymologie : Provenç. masti, mausti ; catal. mastí ; espagn. mastin ; portug. mastim ; ital. mastino ; angl. mastiff. Il y a en italien masnada, qui signifie logis ; Diez suppose un dérivé masnadino, d'où, par contraction, mastino ; de sorte que le mastino signifierait celui qui est de la maison, et, en particulier, le chien de garde. Cette étymologie est possible ; cependant il faut admettre alors que c'est l'italien qui a fourni ce mot aux autres langues romanes ; ce qui n'est pas prouvé. Puis il faudrait quelque trace du mot avant la contraction.

Historique : XIIIe s. Grant route de chiens uns et autres, Mastins et gousses et grans viautres Girons-nous donc as chans ainsi comme mastins ? Costant apele son mastin, Que l'en apeloit mal voisin Cils qui avoit le cuer orgueilleus et mastin, Jeu de dez XIVe s. À mort me mettera li chiens mastin tirans XVe s. Estoient là destranchés nos feaulx chrestiens à tous grands gisarmes par ces mastins Sarrasins, en la presence du comte de Nevers, à ses yeux voyans XVIe s. De me mesler avec la concubine à mon vieil pere, à fin que la mastine En eust après en haine le vieillard ; Ce que je creus, et feus lasche pail…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Gros chien de garde.

  2. Fig. et fam., il s’emploie pour désigner un Enfant qui a fait preuve de malice ou de hardiesse. Ah! le mâtin!

  3. MÂTIN est aussi une exclamation populaire qui exprime la Surprise, l’étonnement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mâtins — pluriel — /matɛ̃/
  • mâtin — singulier — /matɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mâtin#41556.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.