masqué · masque

masqué

adjectif, /maske/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Couvert d'un masque. Bal masqué, bal où les danseurs portent un masque et un déguisement. Terme de blason. Lion masqué, lion qui a un masque.

    Le cousin est masqué mieux que personne en France — Regnard (1655-1709)

  2. Intercepté par quelque obstacle comme par un masque. Batterie masquée, batterie dressée, mais tellement couverte qu'on ne peut l'apercevoir.

    La porte étant masquée par des aunes et des coudriers qui ne laissent que deux étroits passages sur les côtés, je ne vis plus en me retournant par où j'étais entré — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Terme de marine. Brûlot masqué, brûlot qui a la même apparence qu'un autre bâtiment de guerre. Fig. Être masqué, être arrêté dans une entreprise par un obstacle imprévu.

  4. Terme d'imprimerie. Les pages blanches restent ordinairement masquées, afin que l'encre ne puisse pas maculer le papier.

  5. Terme de zoologie. Dont la face est en totalité ou en partie d'une autre couleur que le reste du corps.

  6. Fig. Caché sous de fausses apparences. Fig. Être toujours masqué, avoir l'habitude de se contrefaire, de dissimuler.

    Vertu masquée — Rotrou (1609-1650)

    En vain dans ses discours de pompe revêtus, De ses vices masqués il se fait des vertus — Marie-Joseph Chénier (1764-1811)

  7. S. m. Terme de scolastique. Le masqué, espèce de sophisme.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • masquées — pluriel féminin — /maske/
  • masqués — pluriel masculin — /maske/
  • masquée — singulier féminin — /maske/
  • masqué — singulier masculin — /maske/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée masqué#39123.

masque

nom, masculin, /maskə/

Définitions

  1. Objet couvrant tout ou partie du visage, porté pour se dissimuler ou se déguiser.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Dispositif couvrant le nez et la bouche pour se protéger des poussières, des germes ou des gaz.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Apparence trompeuse derrière laquelle on cache ses sentiments ou ses intentions.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Préparation cosmétique appliquée sur le visage pour en améliorer l'aspect.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (16 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Faux visage de carton peint, etc. dont on se couvre la figure pour se déguiser. Lever le masque à quelqu'un dans une mascarade, soulever son masque pour chercher à le reconnaître. Le masque de fer ou l'homme au masque de fer, mystérieux prisonnier d'État du règne de Louis XIV. Masques à domino, masques qui n'ont pas de menton, et sont coupés à la hauteur de la lèvre supérieure. Fig. Faire un masque à quelqu'un, lui jeter au visage quelque chose qui le barbouille. Il prit de la boue et lui en fit un masque. Faire un masque, se dit aussi simplement d'une chose que l'on jette contre la face de quelqu'un. Ancien terme militaire. Lever le masque d'une batterie, la découvrir. On dit aujourd'hui démasquer une batterie.

    Je vous invite ce soir à mes noces. - Je n'y manquerai pas ; et je veux y aller en masque, afin de les mieux honorer — Molière (1622-1673)

    Vous faisiez, Henri III, mille grimaces : aller en masque le mardi gras, et, le jour des Cendres, à la procession en sac de pénitent — Fénelon (1651-1715)

  2. Morceau de velours noir où l'on fait un nez et deux yeux, dont les dames se couvraient le visage. Les dames n'ont commencé à porter des masques que sur la fin du seizième siècle.

    De peur du hâle elle portait deux masques, L'un de peinture et l'autre de velours — MAYNARD

    Ses coiffes d'où pendait au bout d'une ficelle Un vieux masque pelé presque aussi hideux qu'elle — BOIL.

  3. Terme d'escrime. Armure de fil de fer, à mailles très serrées, et garnie de peau, qu'on se met sur le visage quand on fait des armes, pour le protéger contre les coups de fleuret.

  4. Terme d'antiquité. Masque de théâtre, masque aux traits gigantesques qui couvrait la figure et une partie de la tête. Masque tragique, comique, etc.

    Les grands, pour la plupart, sont masques de théâtre ; Leur apparence impose au vulgaire idolâtre — La Fontaine (1621-1695)

    Eschyle dans le chœur jeta les personnages, D'un masque plus honnête [que la lie dont Thespis se barbouillait] habilla les visages — Boileau (1636-1711)

  5. Caractère de la physionomie, en parlant des acteurs. Cet acteur a un bon masque, le masque mobile, un masque comique, etc. Nom d'une ancienne sorte de représentation théâtrale.

    L'Angleterre ne possédait alors (1720) que les masques, genre de spectacle d'une pompe extraordinaire et bizarre, un ensemble de musique, de danses, de constructions improvisées, de peintures, de festins, de scènes parlées ou mimées entre des personnages allégoriques, accoutrés avec un luxe prodigieux — C. BLAZE

  6. Personne masquée. Aller voir les masques. Fig. Je vous connais, beau masque, se dit à quelqu'un que l'on reconnaît sous le masque, ou, figurément, dont on pénètre les vues, les intentions.

    Quoi ! masques toute nuit assiégeront ma porte ! — Molière (1622-1673)

    Bonjour, beau masque, vous me voyez à visage découvert, et vous ne me connaissez pas ; vous êtes masquée, et je vous connais — Dancourt (1661-1725)

  7. Terre préparée et appliquée sur le visage de quelqu'un pour en prendre le moule. Buste fait d'après un masque.

  8. Terme de peinture et de sculpture. Visage séparé du reste du corps, dont les traits sont ordinairement chargés, et qu'on met quelquefois dans les ornements de ces deux arts. On a mis des masques à toutes les clefs de ces arcades.

  9. Fig. Fausse apparence. Absolument. Lever le masque, parler franchement, paraître tel qu'on est en effet, ne plus se déguiser, mettre au jour ce qu'auparavant on avait tenu caché. Arracher, ôter le masque à quelqu'un, faire connaître sa fausseté, sa perfidie, etc. Être toujours en masque, faire toujours paraître d'autres sentiments que ceux que l'on a.

    La vertu.... Sert aux jeunes de masque, aux plus vieux de risée — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Et ce masque trompeur de fausse hardiesse Nous déguise sa crainte et couvre sa faiblesse — Pierre Corneille (1606-1684)

  10. Terme de médecine. Nom donné quelquefois, dans la description des maladies, à l'aspect offert par tout le visage. Masque des femmes en couches, bouffissure et teinte particulière que prend le visage pendant les derniers temps de la grossesse et de la durée des couches. Cette femme a le masque.

  11. Terme de botanique. Fleurs en masque, fleurs personnées.

  12. Terme de marine. Rempart de toile élevé sur le pont d'un navire pour abriter la cheminée (Jal fait ce mot féminin). Sorte de revêtement en croûte de chêne ou de sap, que l'on établit devant les parties supérieures, devant la poupe et la poulaine des bâtiments en construction, afin d'abriter ces parties contre la pluie et le soleil. Grand plan de bois que l'on met à l'arrière d'un navire qu'on lance à l'eau, pour retarder son erre et empêcher qu'il n'aille se briser contre le quai voisin. Abri que l'on obtient soit fortuitement, soit à dessein sur une côte.

  13. Petit ciseau gravé en creux ou en relief, dont les arquebusiers, les armuriers et d'autres artisans se servent pour leurs ciselures.

  14. Lèvre inférieure des larves ou nymphes des libellules.

  15. Genre de coquilles univalves. Le masque grimace dit vulgairement la grimace, la bossue qui était le murex anus de Linne.

  16. Demi-masque noir, espèce de fauvette.

Étymologie : Bas-latin, mascha, sorcière. Du sens de sorcière on a pu passer, et il paraît bien effectivement qu'on a passé au sens de faux visage, destiné à faire peur : XIIe s. Mascha, simulacrum quod terret, quod vulgo dicitur mascarel, quod apponitur faciei ad terrendos parvos, UGUTIO, dans DU CANGE, masca. Cependant Kiliaen suppose que le masque est primitivement un réseau, et le rapporte à l'ancien haut allemand masca, filet ; allem. mod. Masche ; mais rien n'indique que le masque ait été un filet. On voit par la citation d'Ugution que le nom vulgaire était mascarel, qui est de même forme que l'itali

Historique : XVIe s. Les fideles ne consideroyent point quelles pestes estoyent aucune fois cachées dessous telles masques Ils ne daignent pas le mettre en conte [Jésus-Christ], s'arrestent plustost à saint Georges, Hippolite et pareilles masques Tel faux visage ou masque aura seulement deux petits trous droit au milieu de l'œil Masques de rois, idoles animées, Et non pasteurs ny princes des armées C'est nostre office de despouiller ce masque qui se vest et pare des couleurs et habits d'autruy, à faute d'en avoir de propres à luy Qui fait monter Neron sur l'echafaud avec une masque sur le visage et des bro…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Terme familier d'injure dont on se sert quelquefois pour qualifier une jeune fille, une femme, et lui reprocher sa laideur ou sa malice.

    La masque encore après lui fait civilité — Molière (1622-1673)

    Ah ! ah ! petite masque, vous ne me dites pas que vous avez vu un homme dans la chambre de votre sœur — Molière (1622-1673)

Étymologie : Languedocien, masco, sorcière ; en Auvergne, d'après du Cange, masque, femme de mauvaise vie ; du bas-latin masca, sorcière. Grimm, dont Diez ne repousse pas la conjecture, rattache le bas-latin à masticare, mâcher, la sorcière ayant été ainsi nommée parce qu'elle mange les petits enfants ; c'est ainsi qu'en latin manducus, le mangeur, a signifié un épouvantail. Cela est ingénieux, mais n'est pas assuré (voy. MASQUE 2).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Faux visage de carton ou d’autre matière, dont on se couvre la figure pour se déguiser. Masque à barbe. Masque hideux, grotesque, difforme. ôtez votre masque. Arracher le masque à quelqu’un. On peut circuler en masque pendant le carnaval. Un masque d’arlequin. Les voleurs qui l’ont attaqué portaient des masques.

  2. Il se dit, par extension, de la Personne qui porte un masque pour se déguiser pendant le carnaval. Une troupe de masques. Un joli, un vilain masque. Dans certaines régions, les masques entrent encore librement dans les maisons. Aller voir les masques. Courir les masques. Les enfants courent après les masques.

  3. Masque de théâtre, chez les Anciens, Masque aux traits agrandis à dessein, dont les acteurs se couvraient le visage et une partie de la tête pour paraître sur la scène. Masque tragique. Masque comique. Les deux masques.

  4. Fig., Avoir un masque mobile se dit d’une Personne dont la physionomie a beaucoup d’expression. On dit en sens inverse Garder un masque figé.

  5. En termes de Médecine, Masque de grossesse, Bouffissure et teinte particulière que prend parfois le visage pendant les derniers temps de la grossesse. Cette femme a le masque.

  6. MASQUE se dit également d’un Faux visage de velours noir doublé, que les dames se mettaient autrefois sur la figure pour se garantir du hâle ou du froid. Porter, mettre un masque. ôter son masque. Masque sans mentonnière. Elle est belle sous le masque. Voyez

  7. LOUP.

  8. MASQUE signifie au figuré Apparence trompeuse sous laquelle on se cache, ou l’on s’efforce de se cacher. Sous le masque de la dévotion, il cache une vie fort dissolue. La générosité est le masque dont il se couvre. Se couvrir du masque de la piété. La raison prend, emprunte quelquefois le masque de la folie. Absolument, C’est un masque qu’il a pris. Ce fourbe, cet hypocrite n’avait pas encore levé le masque. Son masque est tombé.

  9. Arracher, ôter le masque à quelqu’un, Faire connaître sa fausseté, sa perfidie, etc.

  10. MASQUE, en termes d’Escrime, se dit d’une Sorte de sac de fil de fer, à mailles serrées, qu’on se met sur le visage quand on fait des armes pour se protéger contre les coups de fleuret.

  11. MASQUE se dit encore d’une Sorte de terre préparée et appliquée sur le visage d’un défunt pour en prendre le moule. Son buste a été fait d’après le masque qu’on avait moulé sur son visage. Le masque de Pascal.

  12. En termes d’Architecture, il se dit aussi d’un Visage d’homme ou de femme sculpté, qui sert d’ornement. On a mis des masques à toutes les clefs de ces arcades.

  13. MASQUE s’emploie aussi comme terme de gronderie familière pour reprocher à une petite fille sa malice : alors il est féminin. La petite masque!

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • masques — pluriel — /maskə/
  • masque — singulier — /maskə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée masque#39120.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.