s. m.
Faux visage de carton peint, etc. dont on se couvre la figure pour se déguiser. Lever le masque à quelqu'un dans une mascarade, soulever son masque pour chercher à le reconnaître. Le masque de fer ou l'homme au masque de fer, mystérieux prisonnier d'État du règne de Louis XIV. Masques à domino, masques qui n'ont pas de menton, et sont coupés à la hauteur de la lèvre supérieure. Fig. Faire un masque à quelqu'un, lui jeter au visage quelque chose qui le barbouille. Il prit de la boue et lui en fit un masque. Faire un masque, se dit aussi simplement d'une chose que l'on jette contre la face de quelqu'un. Ancien terme militaire. Lever le masque d'une batterie, la découvrir. On dit aujourd'hui démasquer une batterie.
Je vous invite ce soir à mes noces. - Je n'y manquerai pas ; et je veux y aller en masque, afin de les mieux honorer — Molière (1622-1673)
Vous faisiez, Henri III, mille grimaces : aller en masque le mardi gras, et, le jour des Cendres, à la procession en sac de pénitent — Fénelon (1651-1715)
Morceau de velours noir où l'on fait un nez et deux yeux, dont les dames se couvraient le visage. Les dames n'ont commencé à porter des masques que sur la fin du seizième siècle.
De peur du hâle elle portait deux masques, L'un de peinture et l'autre de velours — MAYNARD
Ses coiffes d'où pendait au bout d'une ficelle Un vieux masque pelé presque aussi hideux qu'elle — BOIL.
Terme d'escrime. Armure de fil de fer, à mailles très serrées, et garnie de peau, qu'on se met sur le visage quand on fait des armes, pour le protéger contre les coups de fleuret.
Terme d'antiquité. Masque de théâtre, masque aux traits gigantesques qui couvrait la figure et une partie de la tête. Masque tragique, comique, etc.
Les grands, pour la plupart, sont masques de théâtre ; Leur apparence impose au vulgaire idolâtre — La Fontaine (1621-1695)
Eschyle dans le chœur jeta les personnages, D'un masque plus honnête [que la lie dont Thespis se barbouillait] habilla les visages — Boileau (1636-1711)
Caractère de la physionomie, en parlant des acteurs. Cet acteur a un bon masque, le masque mobile, un masque comique, etc. Nom d'une ancienne sorte de représentation théâtrale.
L'Angleterre ne possédait alors (1720) que les masques, genre de spectacle d'une pompe extraordinaire et bizarre, un ensemble de musique, de danses, de constructions improvisées, de peintures, de festins, de scènes parlées ou mimées entre des personnages allégoriques, accoutrés avec un luxe prodigieux — C. BLAZE
Personne masquée. Aller voir les masques. Fig. Je vous connais, beau masque, se dit à quelqu'un que l'on reconnaît sous le masque, ou, figurément, dont on pénètre les vues, les intentions.
Quoi ! masques toute nuit assiégeront ma porte ! — Molière (1622-1673)
Bonjour, beau masque, vous me voyez à visage découvert, et vous ne me connaissez pas ; vous êtes masquée, et je vous connais — Dancourt (1661-1725)
Terre préparée et appliquée sur le visage de quelqu'un pour en prendre le moule. Buste fait d'après un masque.
Terme de peinture et de sculpture. Visage séparé du reste du corps, dont les traits sont ordinairement chargés, et qu'on met quelquefois dans les ornements de ces deux arts. On a mis des masques à toutes les clefs de ces arcades.
Fig. Fausse apparence. Absolument. Lever le masque, parler franchement, paraître tel qu'on est en effet, ne plus se déguiser, mettre au jour ce qu'auparavant on avait tenu caché. Arracher, ôter le masque à quelqu'un, faire connaître sa fausseté, sa perfidie, etc. Être toujours en masque, faire toujours paraître d'autres sentiments que ceux que l'on a.
La vertu.... Sert aux jeunes de masque, aux plus vieux de risée — Mathurin Régnier (1573-1613)
Et ce masque trompeur de fausse hardiesse Nous déguise sa crainte et couvre sa faiblesse — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de médecine. Nom donné quelquefois, dans la description des maladies, à l'aspect offert par tout le visage. Masque des femmes en couches, bouffissure et teinte particulière que prend le visage pendant les derniers temps de la grossesse et de la durée des couches. Cette femme a le masque.
Terme de botanique. Fleurs en masque, fleurs personnées.
Terme de marine. Rempart de toile élevé sur le pont d'un navire pour abriter la cheminée (Jal fait ce mot féminin). Sorte de revêtement en croûte de chêne ou de sap, que l'on établit devant les parties supérieures, devant la poupe et la poulaine des bâtiments en construction, afin d'abriter ces parties contre la pluie et le soleil. Grand plan de bois que l'on met à l'arrière d'un navire qu'on lance à l'eau, pour retarder son erre et empêcher qu'il n'aille se briser contre le quai voisin. Abri que l'on obtient soit fortuitement, soit à dessein sur une côte.
Petit ciseau gravé en creux ou en relief, dont les arquebusiers, les armuriers et d'autres artisans se servent pour leurs ciselures.
Lèvre inférieure des larves ou nymphes des libellules.
Genre de coquilles univalves. Le masque grimace dit vulgairement la grimace, la bossue qui était le murex anus de Linne.
Demi-masque noir, espèce de fauvette.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).