martingale

martingale

nom, féminin, /maʁtɛ̃ɡalə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Chausses à la martingale, culottes dont le pont était placé par derrière ; c'est le sens ancien et primitif.

  2. Par assimilation au pont de cette ancienne culotte, courroie simple ou bifurquée, qui, attachée par un bout aux sangles et par l'autre au-dessous de la muserole, empêche un cheval qui porte au vent de battre à la main. Fausse martingale, courroie qu'on attache au milieu du poitrail.

  3. Languette de buffle cousue à la giberne du fantassin.

  4. Terme de marine. Arc-boutant placé au-dessous du mât de beaupré et à la tête de ce mât, et percé, à son extrémité inférieure, de deux trous, dans lesquels passent des cordages destinés à servir d'étais inférieurs au boute-hors de foc, que ses étais supérieurs tendent à redresser et à rompre (la martingale de marine dite ainsi par assimilation avec la martingale du cheval).

  5. Fig. Terme de jeu. Action de porter, à chaque coup, le double de ce qu'on a perdu sur le coup précédent ; locution tirée, par métaphore, de la bifurcation de la martingale des chevaux. Il se dit aussi de diverses manières de jouer son argent que l'on suit avec persévérance.

    L'un vient de perdre son dernier écu, et il va mettre sa boîte d'or en gage pour suivre sa martingale — Louis-Benoît Picard (1769-1828)

  6. Terme de mépris appliqué à une femme. Inusité en ce sens.

    Voudriez-vous bien passer vos jours À faire le Sardanapale Et servir une martingale ? — Scarron (1610-1660)

    Cependant le fils de Cypris, Suivant sa vieille martingale [la sibylle], Aborda la rive infernale — Scarron (1610-1660)

Étymologie : Espèce de chausse, nommée ainsi, selon Ménage, d'après les Martigaux, habitants des Martigues en Provence ; esp. martingala, cuissart ; ital. martingala, sorte de chausse.

Historique : XVIe s. Chausses à la martingale Chaussez à la martingale, ou à pont levis Ce brave chevalier [le roi François 1er] avoit une complexion en luy, que, toutes les fois qu'il vouloit venir au combat, il falloit qu'il allast à ses affaires et descendist de cheval pour les faire ; et pour ce portoit ordinairement des chausses à la martingale, autrement à pont levis Philosopher à la martingale

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. de Manège — Courroie qui tient par un bout à la sangle sous le ventre du cheval, et par l’autre à la muserole, pour empêcher qu’il ne porte au vent et ne donne de la tête.

  2. Il se dit, par extension, d’une Sorte de demi- ceinture placée dans le dos d’une capote, d’un manteau, etc., pour retenir l’ampleur ou marquer la taille.

  3. En termes de Jeu, il se dit d’une Manière de jouer qui consiste à ponter, à chaque coup, le double de ce qu’on a perdu sur le coup précédent. Jouer à la martingale. Jouer la martingale.

  4. Il se dit, par extension, de Diverses manières de jouer son argent, que certains joueurs imaginent, et qu’ils suivent avec plus ou moins de persévérance. Il s’est ruiné par une martingale qu’il croyait excellente.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • martingales — pluriel — /maʁtɛ̃ɡalə/
  • martingale — singulier — /maʁtɛ̃ɡalə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée martingale#39066.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.