marquis
nom, masculin, /maʁki/
Voir aussi : forme féminine marquise
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Le seigneur préposé jadis à la garde des marches, des frontières d'un État.
Il [Charlemagne] établit des marquis, c'est-à-dire des commandants des milices sur les frontières de ses royaumes — Voltaire (1694-1778)
Le marquis de Brandebourg est devenu roi et grand roi ; mais aujourd'hui nos marquis italiens et français sont d'une espèce un peu différente — Voltaire (1694-1778)
Plus tard, titre de dignité qu'on donnait à celui qui possédait une terre érigée en marquisat par lettres patentes. Fig. et familièrement. C'est un marquis de Carabas, c'est un homme qui possède ou se vante de posséder un grand nombre de terres, par allusion au conte du Chat botté, où le marquis de Carabas passe pour un très grand propriétaire. Donner dans le marquis, fréquenter des personnes d'un rang plus élevé que le sien ; et aussi prendre des airs d'une condition au-dessus de la sienne.
Apprenez que les marquisats ne sont bons que pour les vieux seigneurs de province qu'on ne voit pas dans les cabinets ; pour nous autres marquis de cour, nous faisons nous-mêmes notre qualité, sans avoir besoin du roi pour cela — Saint-Évremond (1614-1703)
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs ; Tout petit prince a des ambassadeurs ; Tout marquis veut avoir des pages — La Fontaine (1621-1695)
Aujourd'hui, simple titre de noblesse confirmé ou conféré par le souverain.
Nom donné dans les comédies du XVIIe siècle à un personnage appartenant à la noblesse, mais ridicule.
Molière : Vous, prenez garde à bien représenter avec moi votre rôle de marquis. - Mlle Molière : Toujours des marquis ! - Molière : Oui, toujours des marquis ; que diable voulez-vous qu'on prenne pour un caractère agréable de théâtre ? — Molière (1622-1673)
Comme, dans toutes les comédies anciennes, on voit toujours un valet bouffon qui fait rire les auditeurs, de même, dans toutes nos pièces de maintenant, il faut toujours un marquis ridicule qui fasse rire les autres — Molière (1622-1673)
Nom donné par dérision aux jeunes gens qui prennent des airs avantageux, quelquefois avec un titre de marquisat ridicule.
Les chevaliers de C sol ut [les chanteurs] doivent l'emporter sur les marquis de la capriole [les danseurs] — Dancourt (1661-1725)
Étymologie : Provenç. marques, marquis ; espagn. marques ; portug. marquez ; ital. marchese ; du bas-lat. marchensis, de marcha, marche (voy. MARCHE 1).
Historique : XIe s. Grant [il] a le cors, bien ressemble [à] marchis XIIe s. Maint haut baron [il] i ot, dux, contes et marchis Quant quinze ans ot Raoul de Cambrizis, à grant mervelle fu cortois et gentis ; Forment [fortement] l'amerent si home et si marchis XIIIe s. Femme au duc de Sassoigne, qui ert [était] quens et marchis Li marchis Boniface de Monferrat est moult prisiés et uns des plus doutés homs qui orendroit vive
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Anciennement, Seigneur préposé à la garde des marches, des frontières d’un état.
Il désignait, sous l’ancien régime, un Titre de dignité qu’on donnait à celui qui possédait une terre érigée en marquisat par lettres patentes. C’est aujourd’hui un Simple titre de noblesse.
Fig. et fam., C’est un marquis de Carabas, se dit, par allusion au conte du Chat botté, d’un Homme qui possède ou qui se vante de posséder un grand nombre de terres.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- marquis — singulier — /maʁki/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée marquis#39015.