marotte
nom, féminin, /maʁɔtə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Espèce de sceptre qui est surmonté d'une tête coiffée d'un capuchon bigarré de différentes couleurs, et garnie de grelots ; c'est l'attribut de la Folie, et c'était celui des fous des rois. Fig. Il devrait porter la marotte, c'est un extravagant.
Un fou reçoit ses grelots et sa marotte en cérémonie — Voltaire (1694-1778)
Le ciel nous dote D'une marotte Tour à tour grave et quinteuse et falote — Béranger (1780-1857)
Fig. et familièrement. Objet de quelque folie. Objet de quelque affection folle et déréglée.
Jugeant qu'il y avait assez de fous dans Paris pour ne laisser croupir cette marotte [les rêveries des rose-croix] — Gabriel Naudé (1600-1653)
Une femme stupide est donc votre marotte ? - Tant, que j'aimerais mieux une laide bien sotte, Qu'une femme fort belle avec beaucoup d'esprit — Molière (1622-1673)
Étymologie : Il vient de Marie de la même façon que marionnette. Marotte pour Mariotte est un des diminutifs de Marie : Vive mon aimable Marote ; Pour ses yeux doux Nous sommes tous, Tous à Marote, Ajoutez : Dans la haute Bretagne, marotte signifie un bâton avec un gros bout.
Historique : XVIe s. Puis en majesté presidentale, tenant sa marotte on poing, comme si feust un sceptre Si monsieur de Bonnivet, qui estoit admiral, en estoit cause [de la révolte du connétable de Bourbon], je n'en say rien ; mais on le disoit ; quelqu'un toujours porte la marotte [est l'objet d'imputations] Blasmant, lorsqu'il en parloit à ses plus affidez, infiniment ceux qui l'avoient voulu coiffer de cette marotte [impliquer dans une certaine entreprise], estant là ses propres termes Il en est plus assotté qu'un fol de sa marotte Au fol la marotte Fol est qui sa marotte ne cognoist et ne la maine comm…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Sorte de sceptre qui est surmonté d’une tête coiffée d’un capuchon bigarré de différentes couleurs et garnie de grelots. Ceux qui faisaient autrefois le personnage de fou, chez les rois et chez les grands seigneurs, portaient une marotte. On représente la Folie une marotte à la main.
Il se dit, par extension, des Têtes en bois, en carton ou en cire, dont se servent les modistes et les coiffeurs pour exposer leurs modèles.
Il se dit, figurément et familièrement, d’une Sorte d’idée fixe, d’une opinion, d’un sentiment dont on s’est engoué, qu’on adapte à toutes les circonstances et dont on ne cesse de parler. Ce sujet est revenu dix fois dans sa conversation : c’est sa marotte. La paix universelle est sa marotte. Vous le trouverez entiché d’une nouvelle marotte.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- marottes — pluriel — /maʁɔtə/
- marotte — singulier — /maʁɔtə/
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