marionnette

marionnette

nom, féminin, /maʁjɔnɛtə/ ou /maʁjonɛtə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Petite figure d'homme, etc. qu'on fait mouvoir par des fils, par des ressorts, ou même avec la main. Par extension. Fig. Fig. Il a fait jouer les grandes marionnettes, c'est-à-dire il a employé de grands moyens pour réussir.

    Là, dans le carnaval, vous pourrez espérer.... Et parfois Fagotin et les marionnettes — Molière (1622-1673)

    Je vous prie d'empêcher les marionnettes où les discours impurs portent au mal — Bossuet (1627-1704)

  2. Fig. Personne frivole, sans caractère, qu'on fait agir et parler comme on veut. C'est une marionnette, une vraie marionnette.

    Je crois écrire à Votre Altesse royale, non pas comme à un automate créé pour être à la tête de quelques milliers de marionnettes humaines, mais comme à un être des plus libres et des plus sages que Dieu ait jamais daigné créer — Voltaire (1694-1778)

    Ces femmes en grand panier qui vous traitent en marionnettes — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Fig. Simulacre, représentation.

    Pendant que le mari [M. de Grignan] fait cette marionnette de guerre au dehors [le siége d'Orange], la femme est aux prises avec Monsieur de Marseille — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Nous avons gagné notre petit procès de Ventadour ; nous en avions fait les marionnettes d'un grand ; car nous l'avons sollicité — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Femme de petite taille.

  5. Bobine mobile placée sur le bord de l'établi du cardeur. Support de la roue d'un rouet de filateur. Bobine sur laquelle le fil se dévide. Pièce de bois mobile à laquelle sont fixées les tiges sur lesquelles se meuvent les rouets de l'ourdisseur.

  6. S. f. pl. Terme de marin. Réunion de poulies tenues verticalement par deux traverses entre lesquelles elles peuvent pivoter. On les appelle aussi poulies tournantes.

  7. S. f. pl. Ancien terme militaire. Nom d'une batterie de caisse qui annonçait l'exécution des châtiments militaires.

Étymologie : Dit par altération pour mariolette, diminutif de mariole, nom qu'on donnait anciennement à de petites figures de la Vierge Marie. Il y avait des fagots qu'au XVIe siècle on nommait mariolets, sans doute par comparaison à une mariole ou poupée. À ces fagots mariolets comparez les fagots margotins.

Historique : XIIIe s. Devant ne sai quel mariole, Ki tient un enfant et acole, Toute jour s'aloit acroupant XVe s. Ne croire en tant de marioles, De babouins ou de fioles, Où trop de fois ydolatrons Contre les divines escoles ; Tels simulacres n'aourons [n'adorons]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Petite figure de bois ou de carton qui représente un homme ou une femme et que l’on fait mouvoir, ordinairement par des fils, quelquefois par des ressorts, quelquefois simplement avec la main. Une représentation de marionnettes. Une pièce pour marionnettes. George Sand avait installé à Nohant un théâtre de marionnettes.

  2. Fig. et fam., C’est une marionnette, une vraie marionnette, ce n’est qu’une marionnette, C’est une personne légère, frivole, sans caractère, qui cède facilement aux impulsions étrangères.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • marionnettes — pluriel — /maʁjɔnɛtə/ ou /maʁjonɛtə/
  • marionnette — singulier — /maʁjɔnɛtə/ ou /maʁjonɛtə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée marionnette#38926.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.