marée
nom, féminin, /maʁe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Mouvement des eaux de la mer qui, périodiquement et deux fois dans les vingt-quatre heures, s'enflent, montent et se répandent sur les rivages, pour se retirer ensuite et reprendre leur niveau moyen. Marée montante. Marée descendante. Chaque marée est d'environ douze heures, six heures pour monter et six pour descendre. La marée retarde chaque fois de trois quarts d'heure. L'heure de la marée. Dès l'antiquité, on avait remarqué que la marée est liée au mouvement de la lune ; mais ce n'est que depuis Newton que l'on sait qu'elle dépend de la gravitation universelle et qu'on a pu en faire la théorie. Grande marée, marée considérable qui arrive à l'époque des syzygies. À mi-marée, environ trois heures avant la pleine ou la basse mer. Prendre la marée, prendre le temps où la marée est favorable, pour entrer dans un port ou pour en sortir. La marée monte, le flot arrive. Fig. La marée monte, c'est-à-dire la colère, la mauvaise humeur éclate. Avoir vent et marée ; aller contre vent et marée, voy. VENT.
Les vents et la marée secondèrent son impatience — Antoine Hamilton (1646-1720)
Mon père était exactement averti, toutes les marées, de ce qui se passait à Bordeaux — Saint-Simon (1675-1755)
Poisson de mer qui n'est pas salé. Odeur de marée, odeur assez désagréable qu'a le poisson en masse, même frais. Populairement. Arriver comme marée en carême, arriver à propos (voy. cependant MARS et CARÊME). Terme d'ancienne législation. Chambre de la marée, juridiction qui connaissait des affaires civiles et criminelles relatives au commerce du poisson.
La marée arrive cependant de tous côtés ; on cherche Vatel pour la distribuer ; on va à sa chambre, on heurte, on enfonce la porte, on le trouve noyé dans son sang — Mme de Sévigné (1626-1696)
Toi, voluptueux Parisien, qui n'as jamais fait d'autre grand voyage que celui de Dieppe pour y manger de la marée fraîche — Voltaire (1694-1778)
Marée se dit populairement d'un liquide répandu ou qui coule. La cuve est percée et laisse échapper une marée de lessive. Le chien a pissé une grande marée contre la porte.
Étymologie : Marée tient à une forme barbare mareare, mariare, naviguer, qu'on trouve dans du Cange, et qui vient de mare, la mer.
Historique : XIIIe s. Quiconques ameine poisson de mer à Paris de deus marées, il pert le poisson toutes les fois qu'il en seroit repris XIVe s. Ainsi Sainte-Severe fu prise et conquestée ; De blefs et de bon vin y ot grande marée [abondance] XVe s. Et vinrent de cette marée la premiere nuit gesir devant Gravesainde ; l'endemain et la tierce marée ils nagerent tant par mer qu'ils virent Flandre Si ils [les pêcheurs] se guerroyoient, on n'auroit point de marée, ni nul n'oseroit aller pescher, si il n'estoit conduit et gardé de gens d'armes Recepte des caves deues au roy, c'est assavoir que chascun pescheur …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Le flux et le reflux; le mouvement périodique des eaux de la mer, par lequel ces eaux s’élèvent et s’abaissent, généralement deux fois le jour, et, alternativement, couvrent et abandonnent le rivage. Marée haute. Marée basse. Marée pleine. On ne peut entrer dans ce port qu’à marée haute. Les marées sont l’effet de l’attraction exercée sur les eaux par le soleil et surtout par la lune. Les marées sont hautes aux équinoxes. La marée monte, descend. Il est venu, il s’en est retourné avec la marée.
Prendre la marée, Prendre le temps où la marée est favorable pour entrer dans un port ou pour en sortir.
Fig., Avoir vent et marée, Avoir toutes choses favorables pour réussir dans ses projets. On dit surtout : Aller contre vent et marée, contre vents et marées, Poursuivre obstinément ses projets, malgré toutes les difficultés qui s’y opposent.
MARÉE se dit aussi du Poisson de mer qui n’est pas salé. Marée fraîche. Marchande de marée. Train de marée.
Prov. et pop., Arriver comme marée en carême. Voyez
CARÊME.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- marées — pluriel — /maʁe/
- marée — singulier — /maʁe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée marée#39098.