marcher
verbe · /maʁʃe/
Usage : très fréquent (345 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Se déplacer en avançant les jambes, un pied restant toujours en appui au sol.
« Elle marche comme un général à la tête d'une armée royale »Bossuet (1627-1704)
« Mme des Ursins avait marché toute la nuit ; un profond silence régnait dans le carrosse ; elle ne pouvait se persuader ce qui lui arrivait »Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Action de déplacer le pied pour avancer, en posant alternativement un pied puis l'autre sur le sol ou une surface.
« Quand j'étais jeune, il ne fallait pas me marcher sur le pied, non plus qu'à présent »Dancourt (1661-1725)
Fonctionner correctement, en parlant d'un appareil, d'un organisme ou d'un projet.
« Ainsi la tragédie agit, marche et s'explique »Boileau (1636-1711)
Accepter une proposition, donner son accord, se laisser convaincre.
« Les fidèles alors y jouissaient de la paix, marchant dans la crainte du Seigneur et s'édifiant mutuellement »Condillac (1714-1780)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (51)
- marcherions : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /maʁʃəʁjɔ̃/
- marcherais : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier · /maʁʃəʁɛ/
- marcheriez : conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel · /maʁʃəʁje/
- marcherais : conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier · /maʁʃəʁɛ/
- marcheraient : conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel · /maʁʃəʁɛ/
- marcherait : conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier · /maʁʃəʁɛ/
- marchons : impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /maʁʃɔ̃/
- marchez : impératif présent 2ᵉ pers. pluriel · /maʁʃe/
- marche : impératif présent 2ᵉ pers. singulier · /maʁʃə/
- marcherons : indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel · /maʁʃəʁɔ̃/
- marcherai : indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier · /maʁʃəʁe/
- marcherez : indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel · /maʁʃəʁe/
- marcheras : indicatif futur 2ᵉ pers. singulier · /maʁʃəʁa/
- marcheront : indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel · /maʁʃəʁɔ̃/
- marchera : indicatif futur 3ᵉ pers. singulier · /maʁʃəʁa/
- marchions : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /maʁʃjɔ̃/
- marchais : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /maʁʃɛ/
- marchiez : indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /maʁʃje/
- marchais : indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /maʁʃɛ/
- marchaient : indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /maʁʃɛ/
- marchait : indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /maʁʃɛ/
- marchâmes : indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel · /maʁʃamə/
- marchai : indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier · /maʁʃe/
- marchâtes : indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel · /maʁʃatə/
- marchas : indicatif passé 2ᵉ pers. singulier · /maʁʃa/
- marchèrent : indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel · /maʁʃɛʁə/
- marcha : indicatif passé 3ᵉ pers. singulier · /maʁʃa/
- marchons : indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /maʁʃɔ̃/
- marche : indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /maʁʃə/
- marchez : indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel · /maʁʃe/
- marches : indicatif présent 2ᵉ pers. singulier · /maʁʃə/
- marchent : indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel · /maʁʃə/
- marche : indicatif présent 3ᵉ pers. singulier · /maʁʃə/
- marcher : infinitif · /maʁʃe/
- marchées : participe passé pluriel féminin · /maʁʃe/
- marchés : participe passé pluriel masculin · /maʁʃe/
- marchée : participe passé singulier féminin · /maʁʃe/
- marché : participe passé singulier masculin · /maʁʃe/
- marchant : participe présent · /maʁʃɑ̃/
- marchassions : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /maʁʃasjɔ̃/
- marchasse : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /maʁʃasə/
- marchassiez : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /maʁʃasje/
- marchasses : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /maʁʃasə/
- marchassent : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /maʁʃasə/
- marchât : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /maʁʃa/
- marchions : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /maʁʃjɔ̃/
- marche : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /maʁʃə/
- marchiez : subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel · /maʁʃje/
- marches : subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier · /maʁʃə/
- marchent : subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel · /maʁʃə/
- marche : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /maʁʃə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 25 sens
V. a. Pétrir avec les pieds l'argile qu'on a humectée (le sens le plus ancien du verbe marcher est presser du pied ; il n'est resté que dans le langage de certains métiers). Donner une égale épaisseur à une feuille d'ouate, en passant dessus une espèce de coussin. Terme de chapelier. Marcher l'étoffe d'un chapeau, la fouler avec les mains, la comprimer soit à froid, soit à chaud.
V. n. Mettre le pied sur. Marcher sur le pavé, sur l'herbe. Il lui marche sur le pied. Prenez garde où vous marchez. Fig. Il a marché sur quelque mauvaise herbe. Sur quelle herbe a-t-il marché ? voy. HERBE, n° 1. Marcher sur les pas, sur les traces de quelqu'un, le suivre de très près. Fig. Fig. Marcher sur les pas, sur les traces de quelqu'un, l'imiter, suivre ses exemples. Marcher sur les talons de quelqu'un, le suivre de trop près. Familièrement. Fig. et familièrement. Marcher sur les talons de quelqu'un, suivre quelqu'un de près pour l'âge, pour la fortune, pour les succès. Fig. Marcher sur des épines, être dans une conjoncture difficile. Fig. Marcher sur des charbons ardents, passer vite sur un sujet délicat et dangereux. Il ne faut pas lui marcher sur le pied, se dit d'un homme susceptible qu'il est dangereux de choquer. Fig. et familièrement. Marcher sur, rencontrer à chaque pas. Fig. Marcher sur quelque chose, suivre une certaine indication. Fig. Marcher sur quelque chose, en parler, s'en occuper. Fig. et familièrement. Marcher sur les gens, n'en tenir aucun compte par fierté ou par dureté.
C'est sur mon corps sanglant qu'il lui faudra marcherVoltaire (1694-1778)
Allons, seigneur, marchons sur les pas d'HermioneJean Racine (1639-1699)
Se mouvoir à l'aide des pieds ou des pattes. Marcher à grands pas, à petits pas. Cet homme marche bien. Marcher tout seul, se dit d'un enfant qui commence à faire des pas sans aucune aide ou appui. Fig. Marcher tout seul, n'avoir pas besoin d'aide. Familièrement. Marcher comme un Basque, comme un chat maigre, marcher fort vite. Marcher à quatre pattes, marcher sur les mains et sur les pieds, à la manière des quadrupèdes. Marcher à pas de loup, s'avancer avec précaution et sans faire de bruit. Marcher à pas de tortue, marcher avec une excessive lenteur. Marcher à pas de géant, marcher en faisant de grandes enjambées ; et fig. faire des progrès rapides. Fig. et dans un sens très populaire. Faire marcher, mystifier (le sens intermédiaire est : faire faire une course inutile). Fig. Marcher entre des précipices, rencontrer de tous côtés des dangers. On dit de même : marcher entre des écueils. Fig. Marcher sur le bord du précipice, être exposé aux tentations périlleuses, aux chutes, etc. Activement, en style poétique, marcher des pas, faire des pas. On a dit, poétiquement aussi, marcher, en parlant des pas.
Tous deux près de Galba marchaient d'un pas égalPierre Corneille (1606-1684)
Il [un mulet] marchait d'un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnetteLa Fontaine (1621-1695)
Terme de danse. Marcher, faire, dans le cours d'une danse, quelques pas qui ne sont que des pas de marche. Terme d'escrime. Porter en avant le pied droit, puis le pied gauche, en gardant entre deux la même distance. Marcher à grands pas, laisser un espace de huit pouces environ entre les pieds. Trop marcher, approcher de trop près de son adversaire.
Terme de manége. Marcher en avant se dit de l'action du cavalier pour déterminer un cheval à continuer sa même allure, quand il paraît vouloir la ralentir. Marcher large, faire suivre le mur du manége au cheval. Marcher de côté, se dit du cheval qui fuit le talon ou les jambes. Marcher l'amble, prendre l'allure ainsi nommée.
Plus.... mieux le cheval marche l'ambleBuffon (1707-1788)
Terme de vénerie. On dit qu'un cerf marche bien quand le pied de derrière est bien placé sur le talon du pied de devant et que les allures sont bien croisées.
Terme de marine. Faire du chemin. Ce vaisseau marche bien, marche mal. Marcher dans les eaux d'un autre vaisseau, faire même route que lui, passer incontinent après lui là où il a passé. Fig. Marcher dans les eaux de quelqu'un, l'appuyer, le seconder. Marche avec ! commandement pour que les marins saisissent un cordage et produisent leur effort en marchant ensemble au pas.
Marcher devant, précéder. Il marchait devant, les autres suivaient. Il se dit aussi de choses qui vont devant. Dans le langage biblique, il se dit de Dieu, à qui l'on prête des mouvements humains. 'avancer de quelque manière que ce soit, à pied, à cheval, en voiture ou autrement. Cet homme marche toujours bien accompagné. Nous avons marché à la fraîcheur pour ne pas fatiguer nos chevaux.
Ce n'est pas sans raison que je fais marcher ces vers à la tête de l'Œdipe, puisqu'ils sont cause que je vous donne l'ŒdipePierre Corneille (1606-1684)
Dieu fait marcher l'épouvante devant euxBossuet (1627-1704)
Marcher à, s'avancer vers. Il marcha à la mort avec un grand courage.
Et qu'élevé si haut, mais sur un précipice, S'il ne montait au trône, il [le duc de Guise] marchait au suppliceVoltaire (1694-1778)
Je refuserais pour mon gendre le plus riche parti de France, qui ne pourrait pas prouver que ses ancêtres ont marché aux premières croisadesDestouches (1680-1754)
Se mouvoir, en parlant des troupes. L'armée marchait en ordre de bataille. En avant, marche, commandement à une troupe de se mettre en mouvement. Marcher au pas, marcher en suivant la cadence du pas militaire. Ce régiment, ce corps marche, il fait la campagne. Faire marcher, signifie quelquefois imposer un service militaire. On fit marcher la garde nationale.
Pour assembler et faire marcher ces nobles régimentsMme de Sévigné (1626-1696)
Vitellius, quand il passa dans cette province [la Judée] pour porter la guerre en Arabie, fit marcher ses troupes sans enseignesBossuet (1627-1704)
Il se dit de la manœuvre que fait un corps de troupes, un général.
M. de Turenne nous écrit qu'il est sur le point de se déclarer pour le parti ; qu'il n'y a plus que deux colonels dans son armée qui lui fassent peine ; qu'il s'en assurera d'une manière ou d'autre avant qu'il soit huit jours, et qu'à l'instant il marchera à nousCardinal de Retz (1613-1679)
Elle marche comme un général à la tête d'une armée royaleBossuet (1627-1704)
Marcher sous, se dit d'une troupe qui obéit à un chef. Marcher sous les lois de, être soumis à.
Sous ce chef redouté Marche des cuirassiers l'escadron indomptéBoileau (1636-1711)
Ses soldats a battus, Ne marchant plus sous lui, semblaient déjà vaincusVoltaire (1694-1778)
Tenir un certain rang dans les cérémonies. Les ducs et pairs marchaient anciennement dans l'ordre de leur réception.
Il dira toujours qu'il marche après la maison régnante et, à force de le dire, il sera cruLABRUY.
Dans le style élevé ou poétique, il n'est quelquefois qu'une forme emphatique du verbe être.
Mais en vain pour un temps une taxe l'exile [un partisan] ; On le verra bientôt, pompeux, en cette ville, Marcher encor chargé des dépouilles d'autruiBoileau (1636-1711)
Déserteur de leur loi [des Hébreux], j'approuvai l'entreprise, Et par là de Baal méritai la prêtrise ; Par là je me rendis terrible à mon rival, Je ceignis la tiare et marchai son égalJean Racine (1639-1699)
Faire un service, en parlant de voiture, de chemin de fer. Cette voiture publique marche deux fois la semaine, La neige qui est tombée empêche le chemin de fer de marcher.
Il se dit des choses qui se meuvent. Saturne est une des planètes qui marchent le plus lentement.
Tel qu'à vagues épandues Marche un fleuve impérieux, De qui les neiges fondues Rendent le cours furieuxMalherbe (1555-1628)
Les rivières sont des chemins qui marchent, et qui portent où l'on veut allerPascal (1623-1662)
Marcher, se dit d'un mécanisme qui fonctionne. Le moulin ne marche pas. Une montre qui marche. On l'a dit, par extension, du mouvement du pouls. Fig.
Avec mon pistolet le cordon s'embarrasse, Fait marcher le déclin : le feu prend, le coup partPierre Corneille (1606-1684)
Le feu sort de vos yeux pétillants et troublés, Votre pouls inégal marche à pas redoublésBoileau (1636-1711)
Il se dit du temps qui passe.
Le temps, qui toujours marche, avait pendant deux nuits Échancré, selon l'ordinaire, De l'astre au front d'argent la face circulaireLa Fontaine (1621-1695)
Que le temps qui s'enfuit marche à pas lents pour nous !Ducis (1733-1816)
Fig. Aller selon un certain progrès, en bien ou en mal, en parlant des personnes. Nous marchons tous à la mort. Marcher hardiment à son but. S'avancer dans une certaine voie.
Il marche au sacrilége avec impunitéVoltaire (1694-1778)
Richelieu, Mazarin, ministres immortels, ....Marcheront à grands pas au pouvoir despotiqueVoltaire (1694-1778)
Agir. Marcher droit, être irréprochable dans sa conduite, ne pas commettre de faute. Je le ferai marcher droit, je l'empêcherai de s'écarter de son devoir. Marcher d'un même pas dans une affaire, agir de concert. Marcher à tâtons, marcher en aveugle dans une affaire, agir sans avoir les lumières nécessaires pour s'y bien conduire. Dans le langage biblique et élevé, marcher dans, suivre pour guide.
D'abord marcher sourdement et ne point troubler leur sincéritéDiderot (1713-1784)
Vous devez marcher droit pour n'être pas bernéMolière (1622-1673)
Étymologie : Espagn. marchar ; ital. marciare ; allem. marschiren. Ces trois mots sont formés du français ; mais d'où vient le français lui-même ? Diez pense que marcher est proprement aller de marche en marche, et par conséquent il le fait venir de marche, frontière. D'autres l'ont tiré de mercari, commercer, à cause que le commerçant va de lieux en lieux ; d'autres enfin, de l'ancien allemand march, cheval. Toutes ces étymologies ont été mises à néant par Scheler, qui, à l'aide d'exemples du XIIe siècle et du XIIIe, a montré que le sens le plus ancien de marcher est presser avec le pied, mettre le pied s
Historique : XIIe s. Que li chevax marcha le fust Qui tenoit la porte de fer XIIIe s. Comme l'on plus marcoit la flor, Tant en issoit plus bone odor La pucele velz [tu veux] aler querre, Qui fut proiée en autre terre ; Ceste terre est molt convoitiée, Et sovent de gerre [guerre] marchiée Par la cheveçaille l'a pris, Come cil qui est d'ire espris ; Contre terre l'a trebuchié, Sor le ventre li a marchié, Durement li fole la pance Pour la maladie des vers garir (à vos iex [yeux] la veeiz, à vos piez la marchiez), la meilleur herbe qui soit elz quatre parties dou monde, ce est l'ermoize XIVe s. Tantost que Jeh…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 29 sens
v. intr.
S’avancer d’un lieu à un autre par le mouvement des jambes. Marcher en avant, en arrière, à reculons, Marcher posément, doucement, rapidement, fièrement. Marcher à grands pas, à petits pas, à pas comptés, à tâtons, sur la pointe du pied. Marcher au hasard. Cet enfant ne marche pas encore. Il commence à marcher tout seul. Marcher avec une canne, avec des béquilles.
Fam., Marcher comme un Basque, comme un chat maigre, Marcher fort vite.
Fam., Marcher à quatre pattes, Marcher sur les mains et sur les pieds.
Fig. et fam., Marcher à pas de loup, Marcher avec précaution et sans faire de bruit; Marcher à pas de tortue, Marcher avec une excessive lenteur; et Marcher à pas de géant, Marcher en faisant de grandes enjambées. Marcher à pas de géant se dit, surtout figurément, dans le sens de Faire un progrès rapide. Cet homme marche à pas de géant à la gloire, à la fortune, etc.
Marcher sur quelque chose, Mettre le pied dessus en marchant, ou simplement Poser le pied dessus. Marcher sur le pavé, sur l’herbe, sur des tapis. Marcher sur le pied de quelqu’un. Marchez sur ces étincelles qui risquent de mettre le feu. Prenez garde où vous marchez.
Fig. et fam., Il ne faut pas lui marcher sur le pied, il ne se laisse pas marcher sur le pied, se dit d’un Homme susceptible qu’il est dangereux de choquer.
Fig., Marcher sur les pas, sur les traces de quelqu’un, Imiter ses actions, suivre ses exemples.
Fig. et fam., Marcher sur les talons de quelqu’un, Le suivre de très près. Je vous annonce qu’il arrive; il marche sur mes talons.
Fam., Il marche, il est toujours sur mes talons, Il me suit partout, il m’importune en ne me quittant pas.
Marcher sur les talons de quelqu’un s’emploie aussi dans un sens plus figuré et signifie alors Suivre quelqu’un de près pour l’âge, ou la fortune, ou les succès.
Fig., Marcher sur des épines, être dans une conjoncture difficile.
Fig., Marcher sur des charbons ardents, Traiter un sujet délicat ou dangereux, où l’on a sans cesse à craindre de se créer des inimitiés et des ennuis.
Fig. et fam., On marche sur les mauvais plaisants, sur les sots, Ils sont en très grand nombre.
Prov. et fig., Il a marché sur quelque mauvaise herbe, Il lui est arrivé quelque chose qui le met de mauvaise humeur. On dit aussi d’un Homme qui est de mauvaise humeur, sans qu’on sache pourquoi : Sur quelle herbe a-t-il marché aujourd’hui?
Fig., Marcher entre des précipices, Rencontrer de tous côtés des dangers.
MARCHER signifie aussi S’avancer de quelque manière que ce soit, à pied, à cheval, ou autrement. Nous étions les uns à cheval, les autres en voiture, nous avons marché toute la nuit, nous avons marché de compagnie. Nous avons marché à la fraîche, pour ne pas fatiguer nos chevaux.
Il se dit particulièrement des Mouvements des troupes, des armées. L’armée commença à marcher. Faire marcher l’infanterie, la cavalerie. Marcher à l’ennemi. Marcher de front. L’armée marchait en ordre de bataille, marchait sur trois colonnes.
L’impératif singulier Marche sert de commandement militaire, même quand on s’adresse à une troupe. En avant, marche!
Ce régiment, ce corps marche, Il fait la campagne.
MARCHER signifie encore Tenir un certain rang dans les cérémonies. Le corps diplomatique marchait en tête du cortège. Les ducs et pairs marchaient anciennement dans l’ordre de leur réception.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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