marché · marche

marché

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

part. passé

  1. Piétiné, foulé avec les pieds. La terre à brique suffisamment marchée reçoit d'autres préparations. Terme de danse. Deux pas marchés sur la pointe du pied.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée MARCHÉ, ÉE#sens2.

marche

nom, féminin, /maʁʃə/

Définitions

  1. Action de se déplacer à pied, en avançant régulièrement un pied après l'autre.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Chacun des plans horizontaux sur lesquels on pose le pied pour monter ou descendre un escalier.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Fonctionnement ou déroulement d'un mécanisme, d'une activité ou d'un processus.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Composition musicale au rythme cadencé, destinée à accompagner le pas d'une troupe.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (18 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Frontière militaire d'un État. Usité surtout dans le nom de certains pays, comme la marche Trévisane, la marche d'Ancône, la marche de Brandebourg. Marche avantagère, nom qu'on donnait en Bretagne, en Poitou et en Anjou, aux limites qui séparent ces trois provinces, à cause de plusieurs priviléges dont jouissaient les habitants des lieux voisins. Lettres de marche, voy. MARQUE (LETTRES DE).

    L'empereur confirme le vasselage de la Bohême et y établit la religion chrétienne ; tout ce qui était au delà était encore païen, excepté quelques marches de la Germanie — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Provenç. marcha, marca, marqua, frontière ; bas-latin, marchia ; du germanique : goth. marka ; anc. h. allem. marcha ; anglo-sax. mearc. C'est le même mot que marque.

Historique : XIe s. Il est mes fils, et si tiendra mes marches XIIe s. E li reis teneit, tute la terre ultre l'ewe deled [du côté de] Tapsa, ki esteit marche de sun regne de cele part XIIIe s. Et venoit [Richard] tournoyer es marches de France et de Poito XVe s. Les treves furent assez bien tenues, exceptées les marches lointaines [Le châtel d'Aiguillon] estoit bien seant et en bonne marche, en la pointe de deux grosses rivieres portans navire XVIe s. Ceulx de la marque d'Ancone Il alla combattre le roi sur les marches d'Irlande et d'Angleterre, et le deffit

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Mouvement de celui qui marche. La marche s'exécute par une série de pas, dont la succession plus ou moins prompte et le plus ou moins de longueur la rendent ou lente ou rapide. Ralentir, retarder, accélérer sa marche. Terme de chasse. Se dit des vestiges de la loutre ou du cerf, comme pieds, fuie, etc.

    C'est en vain qu'à travers des bois, avec sa cavalerie toute fraîche, Bek précipite sa marche pour tomber sur nos soldats épuisés — Bossuet (1627-1704)

    ...le prélat vers lui fait une marche adroite — Boileau (1636-1711)

  2. L'action de marcher, par rapport à la distance ou à la durée. Nous avons été huit jours en marche. Il y a d'ici là trois heures de marche. Faire une longue marche.

  3. Mouvement des troupes, des armées. La marche des colonnes. Dérober sa marche à l'ennemi, exécuter un mouvement à l'insu de l'ennemi. Fig. Cacher sa marche, cacher les mesures qu'on prend pour quelque affaire, pour quelque entreprise. Marche forcée, par opposition à marche ordinaire, marche que l'on fait en forçant le pas, avec une extrême diligence. Fausse marche, se dit quand, feignant de marcher d'un côté, on tourne de l'autre. Marche de flanc, marche qu'un corps de troupes fait par le côté d'un de ses flancs. Bataillon de marche, bataillon que l'on forme avec des hommes appartenant à différents corps et qui n'est organisé que pour les conduire à leur destination. Sonner, battre la marche, donner aux troupes le signal de se mettre en marche. L'espace moyen qu'une troupe parcourt en une journée. Gagner une marche sur l'ennemi, le devancer de quelque temps ; et fig. obtenir sur son adversaire un avantage de temps et de position.

    Que de campements, que de belles marches, que de hardiesse, que de précautions, que de périls, que de ressources ! — Bossuet (1627-1704)

    Ces troupes se mirent en marche sous leurs commandants — Fénelon (1651-1715)

  4. Terme de marine. Vitesse progressive d'un navire sous l'impulsion des rames, du vent ou de la vapeur. Disposition ou facilité qu'a un navire à faire plus ou moins de chemin avec telle voilure ou sous telle allure. Ordre de marche, ordre dans lequel les bâtiments de guerre se placent en faisant route.

  5. Cérémonie solennelle dans laquelle un cortége, un convoi parcourt un certain espace. Marche triomphale. Fermer la marche, clore la marche, être à la queue d'un cortége, d'une procession, etc. Par extension, fermer la marche se dit de ceux qui sont les derniers d'une bande qui chemine. Ils étaient en tête, et nous fermions la marche.

    Ce roi parut après une longue marche de prisonniers et de dépouilles — Fontenelle (1657-1757)

    On vit passer [à Moscou], sous sept arcs magnifiques, l'artillerie des vaincus [Suédois], leurs drapeaux.... les soldats, les officiers, les généraux, les ministres prisonniers tous à pied.... les vainqueurs à cheval fermaient la marche, les généraux en tête, et Pierre à son rang de général major — Voltaire (1694-1778)

  6. Convoi.

    La mortalité prodigieuse des ouvriers [travaillant à Versailles], dont on remporte toutes les nuits, comme de l'hôtel-Dieu, des charrettes pleines de morts ; on cache cette triste marche pour ne pas effrayer les ateliers — Mme de Sévigné (1626-1696)

  7. Voyage.

    J'ai une envie extrême de savoir de vos nouvelles, et comme vous vous trouvez de la tranquillité et de la longueur de votre marche — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Ce fut un valet de chambre de M. de Pompone, qui arriva le dimanche à neuf heures dans la chambre de Mme de Vins ; c'était une marche si extraordinaire que celle de cet homme, et il était si excessivement changé, que Mme de Vins crut absolument qu'il lui venait dire la mort de M. de Pompone ; de sorte que, quand elle sut qu'il n'était que disgracié, elle respira — Mme de Sévigné (1626-1696)

  8. La marche des astres, des corps célestes, leur mouvement réel ou apparent.

    Le soleil par deux fois a, d'un tropique à l'autre, Éclairé dans sa marche et ce monde et le nôtre — Voltaire (1694-1778)

    Du palais du Soleil les brillantes demeures, Ses coursiers enflammés, attelés par les Heures, En s'évanouissant laisseront sous nos yeux Et l'ordre des saisons et la marche des cieux — Jacques Delille (1738-1813)

  9. La marche d'une montre, d'une pendule, la manière dont elle se conforme au mouvement effectif des corps célestes qui marquent les heures. La marche d'une montre marine est la variation journalière de cette montre.

    De fréquentes relâches [du navire] mettaient à portée de vérifier la régularité de la marche des montres marines — Condorcet (1743-1794)

  10. Terme de musique. Marche harmonique, marche de l'harmonie, la succession des différents accords, et la manière dont la modulation passe d'un ton à un autre.

  11. Au jeu d'échecs, mouvement particulier de chaque pièce. La marche du roi. La marche insidieuse du cavalier. Il se dit aussi des autres jeux. La marche du jeu de dames, du whist, etc.

  12. Fig. Conduite, manière d'agir, de procéder. Il cache habilement sa marche. La marche de la nature. La marche du siècle, le progrès que chaque siècle fait spontanément dans les voies de la civilisation. De tels changements dans les idées et dans les rôles, au sein d'une population aussi prompte à perdre ses illusions qu'à les adopter, étaient l'œuvre d'un seul homme [Napoléon 1er] doué du génie le plus audacieux, plus remarquable encore par sa sagacité et son discernement que par son audace, qui avait espéré pouvoir arrêter la marche du siècle présent, et qui y était parvenu pour quelques années, MOLLIEN, Mémoires d'un ministre du trésor, I, 30 et 31. La marche d'un poëme, d'un ouvrage, etc. le progrès de l'action dans un poëme, la progression des idées dans un ouvrage. La marche du style, d'une phrase, la manière dont le style, une phrase procède. Terme de peinture. Se dit de la manière dont procède le crayon ou le pinceau, de l'ordre dans lequel se présentent les figures, les groupes, les masses d'ombre et de lumière, la suite des plans d'un tableau.

    Une forte constitution et une santé ferme secondaient parfaitement la marche vigoureuse de son esprit et le soutinrent jusque vers la fin de sa vie — Dortous de Mairan (1678-1771)

    Les hommes de génie ont communément, dans le cours de leurs études, une marche particulière qui les caractérise — Diderot (1713-1784)

  13. Air de musique qui règle et anime la marche soit de troupes, soit de tout autre corps. La marche des Gardes-Françaises. La marche funèbre de la symphonie héroïque de Beethoven. Il y a dans l'Alceste de Gluck une très belle marche religieuse. Par extension, air de musique qui a le mouvement d'un air militaire.

    Il y avait une distinction à faire et qu'on n'a point faite, entre les musiques convenables à la troupe en parade, et celles qui lui conviennent en marchant, et qui sont proprement des marches — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  14. Partie d'un escalier sur laquelle on pose le pied pour monter ou pour descendre. Marches gironnées, celles des quartiers tournants des escaliers ronds ou ovales. La marche d'angle, est celle qui est la plus longue d'un quartier tournant. Marche de demi-angle, la marche qui précède et celle qui suit la marche d'angle. Marche dansante, celle qui est plus large d'un bout que de l'autre, dans les parties tournantes d'un escalier. Marches moulées, marches bordées d'une moulure. Fig. Être sur les marches du trône, se dit d'un prince appelé par sa naissance à remplacer celui qui règne.

    Et comme une victime aux marches de l'autel, Il semblait présenter la gorge au coup mortel — Pierre Corneille (1606-1684)

  15. Les tourneurs et les tisserands appellent marche, le morceau de bois sur lequel ils mettent le pied, pour faire aller leur travail. Les marches d'un métier à toile.

  16. Terme d'organiste. Ce qu'on touche avec les pieds et qui fait résonner les pédales. Les marches, les touches de la vielle.

  17. Terme de teinturier. Marche en gris, action de soumettre le coton au garançage, immédiatement après qu'il a reçu les apprêts huileux et les mordants de galle et d'alun ; ce qui lui donne une couleur grise. Marche en jaune, action de soumettre le coton au garançage, après qu'il a passé une seconde fois par les apprêts huileux et les mordants, ce qui lui donne une couleur jaune.

  18. Sorte de tissage.

    Des taffetas figurés à la marche, rayés en long et à travers, mouchetés, et avancés, tapis figurés, etc.

Étymologie : Voy. MARCHER 1.

Historique : XIVe s. En la venerie des loutres, ce qu'on voit par le pié [trace] est appelé marches XVIe s. Si enjoignit expressement à ceulx des premiers rengs, qu'ilz demourassent fermes sur leurs marches en defense Se loger en la plus basse marche, pour se mettre en seureté de nouvelle cheute On nomme dames encores les femmes de la plus basse marche Que nul ne se ingere doresnavant de tenir ouvrouer dudit mestier de rubannier de soye et de tout autre ouvrage, tant large que estroite, à la marche, à la tire, à la navette, ne au peigne.... où il y ait or, argent ou soye, ourdi ou tissu.... s'il.... Enjamb…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Il se disait d’une Province frontière exposée par sa situation aux incursions, aux attaques de l’état voisin. Les marches de Lorraine.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • marches — pluriel — /maʁʃə/
  • marche — singulier — /maʁʃə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée marche#38833.

marché

nom, masculin, /maʁʃe/

Définitions

  1. Lieu public où des commerçants vendent leurs produits, souvent à jours fixes.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Ensemble des échanges portant sur un produit ; état de l'offre et de la demande.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Accord conclu entre des parties au sujet d'une vente ou d'un échange.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (21 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Vente, achat de ce qui se débite dans un lieu déterminé. Le marché n'a rien valu aujourd'hui. Le cours du marché, le prix auquel une marchandise se vend sur le marché.

    Quand j'aurai l'honneur de vous faire parvenir mes rêveries, qui ne sont pas encore tout à fait prêtes, je ferai avec vous le marché des Espagnols avec les Indiens : ils donnaient de petits couteaux et des épingles pour de bon or — Voltaire (1694-1778)

  2. Réunion de ceux qui vendent et achètent ce qui se débite ainsi. Il y a marché dans cette ville deux fois par semaine.

    Ce concours et le lieu où il se fait se nomment marché, parce que les marchés s'y proposent et concluent — Condillac (1714-1780)

  3. Lieu public où l'on vend toutes sortes de denrées et d'objets. Marché franc, marché où l'on ne paye pas de droit pour vendre. Fig. Je lui vendrai cela plus cher qu'au marché, se dit, par menace, de quelqu'un sur qui on compte se venger de quelque chose. On dit dans le même sens : Il le payera plus cher qu'au marché.

    Et le financier se plaignait Que les soins de la Providence N'eussent pas au marché fait vendre le dormir, Comme le manger et le boire — La Fontaine (1621-1695)

    Les marchés et les foires ne se peuvent établir que par la permission du roi — FEVRET

  4. Par extension, il se dit d'une ville et même d'un pays où se font des transactions commerciales avec les nations étrangères.

    Surate ou Surat, au fond du golfe de Cambaye, était, depuis Tamerlan, le grand marché de l'Inde, de la Perse et de la Tartarie — Voltaire (1694-1778)

  5. Ce qu'on achète au marché, ce qu'on rapporte du marché. Montrez-moi votre marché. Faire son marché, acheter ce dont on a besoin. Faire son marché signifie aussi aller soi-même au marché, au lieu d'y envoyer la domestique. Fig. Fig. Il a bientôt fait son marché, se dit de quelqu'un qui a bientôt pris sa résolution.

    Il est force gens comme lui, Qui prétendent n'agir que pour leur propre compte, Et qui font le marché d'autrui — La Fontaine (1621-1695)

  6. Terme d'économie politique. L'état de l'offre et de la demande, dans un lieu donné, ou, en général, dans tous les lieux que fréquente le commerce. Les besoins du marché.

  7. Convention verbale ou écrite renfermant les conditions d'une vente. J'en ai fait marché par écrit. Rompre un marché. Fig. Faire un bon marché, conclure un marché avantageux ; faire un mauvais marché, conclure un marché désavantageux. Cela se dit, par extension, de toute autre affaire de la vie. Un sot marché, un marché où l'on joue un rôle de dupe. Familièrement. Un marché d'or, marché dans lequel on fait un achat très avantageux. Fig. Un marché d'or, toute espèce de bonne affaire. Il n'y a au marché que ce qu'on y met, se dit quand on se plaint de quelque clause onéreuse. Boire le vin du marché, boire ensemble, après la conclusion d'un marché, en signe de ratification. Aller, courir sur le marché d'un autre, enchérir sur les offres d'un acheteur. Fig. Faire des démarches pour obtenir une place, un avantage qu'un autre sollicite ; s'ingérer de faire ce qu'un autre fait. Fig. Il n'amende pas son marché, se dit d'un homme qui aggrave sa position. Mettre à quelqu'un le marché à la main (voy. MAIN, n° 8), lui donner le choix de conclure ou de rompre le marché ; et fig. ne pas le ménager, l'obliger à se décider pour ceci ou pour cela. Par-dessus un marché au delà de ce qui avait été convenu. Fig. Par-dessus le marché, en outre, de plus.

    Je voudrais que vous eussiez déjà conclu le marché de votre terre — Mme de Sévigné (1626-1696)

    C'est donner que de faire un marché de cette sorte — Mme de Sévigné (1626-1696)

  8. Marché se dit aussi des conventions qui se font pour prendre un fermier, un domestique, pour louer une voiture, une place dans un navire, etc. Marché d'ouvrages, convention entre un ouvrier ou un entrepreneur, d'une part, et celui qui commande un ouvrage quelconque, un bâtiment par exemple, d'autre part. Passer un marché d'ouvrages. Marché clef à la main ou clefs en main, marché par lequel un entrepreneur s'oblige envers un propriétaire à faire et à terminer un bâtiment pour un temps spécifié. Marché au mètre, marché qui se fait pour un prix convenu par chaque mètre d'ouvrage.

    Dans cette incertitude, louerai-je votre appartement ? on est tous les jours sur le point d'en conclure le marché — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Elle arrive à Rouen, elle fait son marché de s'embarquer dans un vaisseau qui va aux Indes — Mme de Sévigné (1626-1696)

  9. Prix.

    Il faudra que vous voyiez aussi ce que nous devons à Angebaut, et tirer le meilleur marché que vous pourrez de ce procès-verbal — Mme de Sévigné (1626-1696)

  10. Terme de bourse. Marché au comptant, marché au taux du moment présent ; ce marché ne peut être aléatoire et ne contient aucune chance courue, puisque le prix en est fixé en même temps que la convention est conclue. Par opposition, marché à terme, marché dans lequel l'exécution aura lieu plus tard, au jour de la liquidation. Maintenant le marché à terme peut être ferme ou fictif : il est ferme s'il entraîne nécessairement conclusion réelle, livraison de la chose vendue contre espèces ; il est fictif s'il se résout ce jour-là en abandon de la prime, comme dans le marché libre ou à prime. Marchés fermes, achat ou vente d'une valeur dont la livraison contre espèces doit avoir lieu réellement et sans feinte à une époque déterminée que l'on désigne sous le nom de liquidation. Marché libre ou à prime, opération dans laquelle l'acheteur ou le vendeur se réserve le droit d'annuler son marché à une époque fixée d'avance moyennant l'abandon, au profit de l'autre partie, d'une indemnité appelée prime et convenue d'avance. À Paris l'acheteur a seul ce droit quand il s'agit de rentes ou de titres. L'acheteur et le vendeur l'ont tous les deux quand il s'agit de marchandises. Marchés à terme, nom générique des opérations ferme et à prime.

  11. Bon marché, grand marché, prix peu élevé ; meilleur marché, prix inférieur à un autre. C'est marché comme de raves, comme de paille, c'est très bon marché, très peu cher, comme les raves et la paille. Vivre à bon marché, vivre sans qu'il en coûte beaucoup d'argent. On vit à bon marché dans cette ville. C'est marché donné, c'est un marché donné, se dit de quelque chose qu'on a eu à très bas prix. Fig. et en un autre sens, marché donné, avantage inespéré. On n'a jamais bon marché d'une mauvaise marchandise, c'est-à-dire la mauvaise marchandise coûte toujours trop cher relativement à ce qu'elle vaut. Se ruiner en bons marchés, acheter trop de choses par la seule raison qu'on les trouve à bon marché. On dit dans le même sens : Les bons marchés ruinent. Bon marché vide le panier, mais il n'emplit pas la bourse, c'est-à-dire un marchand qui vend à trop bon marché, débite bientôt sa marchandise, mais il se ruine. Fig. et familièrement. À bon marché, à peu de frais, sans beaucoup de dommage ou de peine. A bon marché, pour peu de chose. En être quitte, en sortir à bon marché, sortir d'un danger, d'un embarras avec moins de dommage qu'on n'en avait à craindre. Fig. et familièrement. Faire bon marché d'une chose, la donner pour peu de chose, en tenir peu de compte. Faire bon marché d'une chose, la prodiguer, ne pas l'épargner. Il fait bon marché de la vie. On dit dans le même sens : mettre à bon marché. Fig. et familièrement. Avoir bon marché de quelqu'un, avoir facilement sur lui l'avantage. Fig. À grand marché, facilement, à peu de frais. À grand marché faire, à mettre les choses au plus bas.

    Voyez, je vous ferai meilleur marché qu'un autre — Pierre Corneille (1606-1684)

    Pour les revendre à bon marché — Pascal (1623-1662)

  12. Fig. Toute espèce de convention.

    ....Le maître et la servante ayant fait leur marché — La Fontaine (1621-1695)

    Agnès me regardait sans me parler, c'était notre marché — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Provenç. mercat ; espag. et portug. marcado ; ital. mercato ; du lat. mercatus, de merx, marchandise, par l'intermédiaire de mercari (voy. MARCHAND).

Historique : XIe s. E il ait testimoines que il l'achatad al marchied le roi Li reis Marsile a fait de nous marchet XIIIe s. Par Dieu ! mere, trop dout [je crains] prendre seignor [mari] ; C'est uns marchiés dont se plaignent plusor Prendre mari est chose à remenant ; N'est pas marchiés qu'on laist quant [on] se repent, Tenir l'esteut [il faut le tenir], soit lait ou avenant Si avint que uns escuiers le [du] seigneur de Cathenai le vit un jour de marciet à Cathenai Que de leur faus marchié [mauvaise action] [ils] viennent à droite vente La vieille aura jà tost de son marchié la vente [sera traitée comme el…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Lieu public où l’on vend les choses nécessaires pour la subsistance et pour les différents besoins de la vie. Un marché couvert. Un marché en plein air. Aller au marché. Revenir du marché. Faire ses provisions au marché.

  2. Marché franc, Marché où l’on ne paie pas de droit pour vendre.

  3. MARCHÉ désigne aussi la Réunion de ceux qui vendent et qui achètent dans le marché. Il y a marché dans cette ville deux fois la semaine. Le marché du mercredi, du samedi. C’est demain jour de marché. Le marché se tient chaque jeudi.

  4. Grand marché se dit par opposition à Petit marché pour désigner Celui où a lieu, outre la vente des denrées ordinaires, la vente de boeufs, de chevaux, de porcs.

  5. MARCHÉ signifie encore la Vente de ce qui se débite dans le marché. Le marché a été bon, n’a rien valu aujourd’hui. C’est le prix courant, le cours du marché.

  6. Il signifie également la Réunion des industriels, producteurs, marchands, spéculateurs où se décident les prix d’un produit ou d’une denrée, où s’en établit le cours. Le marché de la laine. Le marché du diamant. Le marché aux chevaux, au poisson.

  7. Il se dit aussi de Ce qu’on achète au marché. La cuisinière est allée faire son marché. Elle gagne trop sur son marché.

  8. Il se dit en outre de Toute convention verbale ou écrite, renfermant les conditions d’une vente. Ils ont rompu le marché qu’ils avaient fait ensemble. Il n’a point voulu tenir le marché. C’est un homme qui fait de bons Marchés. Si vous ne faites cela, marché nul. J’étais en marché avec lui pour son cheval. Conclure un marché. Faire un marché avantageux, un mauvais marché.

  9. Fig., Mettre à quelqu’un le marché à la main, Exiger de quelqu’un une décision, l’obliger, pour en finir, à conclure un engagement ou à y renoncer, à le tenir ou à le rompre. C’est un homme qui, à la première contestation, vous met le marché à la main. J’aurais traité avec lui, s’il ne m’eût mis le marché à la main.

  10. Marché de dupe se dit d’un Marché désavantageux ou d’un Marché où l’on est trompé.

  11. En termes de Bourse, MARCHÉ se dit de l’état de l’offre et de la demande. Jeter des valeurs sur le marché. Marché au comptant. Voyez

  12. COMPTANT. Marché à prime. Voyez PRIME. Marché à terme. Voyez TERME. Marché calme. Voyez CALME. Marché lourd, Marché où les transactions sont difficiles.

  13. MARCHÉ désigne également le Prix de la chose qu’on achète ou qu’on vend; et alors il ne s’emploie guère qu’avec les mots Bon, grand, meilleur, pour exprimer un Prix peu élevé, ou un prix inférieur à un autre. Avoir une chose à bon marché. Donner sa marchandise à bon marché, à trop bon marché. On vous a fait cet objet très bon marché. Le bon marché de cette étoffe m’a tenté. J’ai eu cet immeuble à meilleur marché que je ne l’espérais.

  14. Vivre à bon marché, Vivre sans qu’il en coûte beaucoup d’argent. Il s’est retiré à la campagne dans l’espoir d’y vivre à bon marché.

  15. Prov., On n’a jamais bon marché de mauvaise marchandise, La mauvaise marchandise coûte toujours trop cher relativement à ce qu’elle vaut.

  16. Prov., Les bons marchés ruinent, On dépense trop d’argent lorsque, tenté par le bon marché, on achète des choses dont on n’a pas besoin.

  17. Fig. et fam., En être quitte, en sortir à bon marché, Sortir d’un danger, d’une situation critique avec moins de perte, de dommage qu’on n’en avait à craindre.

  18. à bon marché s’emploie, figurément, dans plusieurs autres phrases, où il signifie à peu de frais, sans beaucoup de peine. Ne donner que son superflu, c’est être généreux à bon marché. Dans ce temps-là, on se faisait une réputation d’esprit à bon marché.

  19. Fig. et fam., Faire bon marché d’une chose, La prodiguer, ne pas l’épargner. Il ne craint aucun danger, il fait bon marché de sa vie. Il fait bon marché de sa peine.

  20. Fig., Avoir bon marché de quelqu’un, Avoir facilement sur lui l’avantage. Cet avocat a mal plaidé, son adversaire aura bon marché de lui.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • marchés — pluriel — /maʁʃe/
  • marché — singulier — /maʁʃe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée marché#38841.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.