s. m. et f.
Celui, celle qui fait profession d'acheter et de vendre. Marchande, femme qui tient un commerce. Terme de jurisprudence. Marchande publique, femme qui fait un négoce séparé de son mari, au vu et su de celui-ci. Marchand forain, celui qui parcourt, avec des marchandises, les villes, les campagnes, les foires, les marchés. Par dénigrement, marchand de soupe, maître de pension, ainsi nommé parce qu'on suppose qu'il spécule sur la nourriture de ses élèves. Par dénigrement aussi. Marchand de vers, celui qui fait des vers parce qu'on les lui paye. Communauté des marchands de Paris, se disait de la réunion de six corporations des drapiers-chaussetiers, épiciers, merciers, pelletiers, bonnetiers et orfévres. Fig. Être mauvais marchand, se trouver mauvais marchand, n'être pas bon marchand d'une chose, s'en trouver mal. Fig. Marchand mêlé, se dit d'une personne chez qui il y a du bon et du mauvais.
Le plus petit marchand est savant sur ce point : Pour sauver son crédit, il faut cacher sa perte — La Fontaine (1621-1695)
Sitôt.... Que, retiré chez lui, le paisible marchand Va revoir ses billets et compter son argent — Boileau (1636-1711)
Celui qui achète pour son usage. Attirer, faire venir, tromper les marchands. Trouver marchand. Aux ventes publiques, lorsque le crieur annonce telle marchandise à tant, on répond : il y a marchand, c'est-à-dire je la prends à ce taux. Fig. Ne pas trouver marchand, ne pas trouver à se placer, ne pas trouver d'acheteur, etc.
Si jamais cette part tombait dans le commerce, Et qu'il vous vînt marchand pour ce trésor caché — Pierre Corneille (1606-1684)
On n'achète pas le rang, une reine qui serait laide ne trouverait pas marchand — Voltaire (1694-1778)
Marchand, espèce de canard à large bec, anas perspicillata, L. Un autre oiseau porte le nom de marchand, c'est le vautour urubu, gallinaze urubu, Vieillot.
Les Portugais les appellent gallinaches et les Français de Saint-Domingue les nomment marchands — LE P. LABAT
Adj. Marchand, marchande, qui a les qualités requises pour être vendu. Il lui a fourni tant de blé loyal et marchand. Rendre marchand, donner à une marchandise les qualités nécessaires pour qu'elle se débite bien. Ramener des grains avariés à leur état normal et les rendre marchands. Prix marchand, le prix auquel les marchands vendent entre eux. J'ai eu le drap de cet habit au prix marchand. Nom marchand, nom que les marchands donnent à certains objets de commerce. Le sel est marchand, il est permis à tout le monde d'en faire le commerce. Le sel n'est pas marchand, il se vend au compte de l'État. Terme de pêche. Morues marchandes, celles qui sont grandes et n'ont point de défauts.
Place marchande, place commode pour vendre. Fig. Quartier marchand, quartier habité par un grand nombre de marchands. Ville marchande, ville où il y a un grand mouvement commercial. La rivière est marchande, elle a assez d'eau pour porter les bateaux. Navire, bâtiment marchand, navire destiné à porter des marchandises. Marine marchande, les bâtiments et les équipages employés par le commerce, par opposition à marine de l'État ou marine militaire. On dit dans le même sens : navigation marchande, flotte marchande, capitaine marchand.
Quant à vous, mon cher ami, frappez fort ; vous êtes en place marchande pour cela — D'Alembert (1717-1783)
Le dégel étant ainsi arrivé depuis quelques jours, et la rivière par conséquent devenue marchande,
Qui se livre au commerce. Les nations marchandes.
Le mélange des Tyriens et des Africains fit qu'elle [Carthage] fut tout ensemble guerrière et marchande — Bossuet (1627-1704)
Les richesses y [à employer des troupes étrangères] mènent naturellement une république marchande : on veut jouir de ses biens, et on croit tout trouver dans son argent — Bossuet (1627-1704)
Dans un sens méprisant. Peu distingué, peu noble.
Il ne se peut rien de plus marchand que ce procédé — Molière (1622-1673)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).