Aller au contenu

marc

marc

nom, masculin · /maʁ/

Usage : d'usage courant (2.33 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Résidu solide qui reste après avoir pressé ou infusé une substance comme le raisin ou le café pour en extraire le liquide, et, par extension, eau-de-vie obtenue par distillation du résidu de raisin.

    Le marc de café peut servir d'engrais pour les plantes.

    « Je mets mes mains deux fois le jour dans le marc de la vendange, cela m'entête un peu, mais je crois sur la parole de tout le monde que je m'en trouverai bien »Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Vieux. Ancienne unité de poids valant environ deux cent cinquante grammes, utilisée notamment pour peser l'or et l'argent.

    Le marc d'argent servait autrefois à peser les métaux précieux.

    « Depuis 1456 jusqu'en 1461, année de la mort de Charles VII, le marc d'or valut cent livres, et le marc d'argent huit livres quinze sols »Charles Pinot Duclos (1704-1772)

    « Il [Pierre le Grand] n'a jamais eu vingt-quatre millions de revenu, à compter le marc à près de cinquante livres, comme nous faisons aujourd'hui et comme nous ne ferons peut-être pas demain »Voltaire (1694-1778)

  3. Vieux, droit. Dans une ancienne expression juridique, mode de répartition proportionnelle d'une somme entre plusieurs ayants droit selon leur créance respective.

    Les créanciers furent payés au marc le franc de leurs créances.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : lire dans le marc de café

Grammaire et formes (2)
  • marcs : pluriel · /maʁ/
  • marc : singulier · /maʁ/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 2 sens

s. m.

  1. Résidu de fruits, d'herbes ou de toute autre substance qu'on a pressurée ou fait bouillir pour en retirer le suc. Marc de raisins, d'olives, de pommes. Marc de café. Bain de marc de raisin, bain tonique et fortifiant, conseillé quelquefois par les médecins. Fig.

    Je mets mes mains deux fois le jour dans le marc de la vendange, cela m'entête un peu, mais je crois sur la parole de tout le monde que je m'en trouverai bienMme de Sévigné (1626-1696)

    Voilà ce qui restera dans le titre de ministre [donné au Fils par Tertullien dans la création], à en ôter tout le reste [les idées inférieures] comme le marc et la lieBossuet (1627-1704)

  2. Marc de soude, ce qui reste après la fabrication de la soude.

Étymologie : Picard, merc. Origine inconnue. Il est très singulier que ce mot n'ait pas d'historique avant le XVIe siècle. Ménage conjecture le latin amurca, lie d'huile, bas-latin murca, murcum ; mais le changement d'u en a ne va pas en français ; Diez, le mot gaulois emarcum, vigne gauloise peu productive, la suppression de l'e s'étant faite comme dans mine de hemina ; Chevallet et Scheler, l'allemand Mark, pulpe. Cette dernière conjecture est la plus plausible ; elle expliquerait que le mot, étant entré par la frontière nord (picard merc), sera longtemps resté un mot provincial ; ce qui fait qu'il n'a p

Historique : XVIe s. Je ne conseille non plus aux dames d'appeller honneur leur debvoir ; leur debvoir est le marc, leur honneur n'est que l'escorce L'on remettra avec le marc du bois [de gaïac] jà cuit autant d'eau....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 1 · 5 sens

s. m.

  1. Poids de huit onces, qui sert à peser les matières d'or et d'argent. On prend tant par marc pour la façon de la vaisselle d'argent.

  2. Le marc d'or, quantité d'or pesant un marc, et dont la valeur numéraire varie suivant les époques. Le marc d'or, droit qu'on prélevait sur tous les offices de France à chaque changement de titulaire, et qui avait été établi par Henri III.

    Depuis 1456 jusqu'en 1461, année de la mort de Charles VII, le marc d'or valut cent livres, et le marc d'argent huit livres quinze solsCharles Pinot Duclos (1704-1772)

  3. Marc d'argent, quantité d'argent pesant un marc, et variant de valeur suivant les époques. Marc d'argent, droit que les notaires payaient au roi, en pays de droit écrit, pour le joyeux avènement à la couronne.

    Il [Colbert] n'avait poussé la valeur numéraire du marc d'argent, de vingt-six francs où il l'avait trouvée, qu'à vingt-sept et à vingt-huit ; et après lui dans les dernières années de Louis XIV, on étendit cette dénomination jusqu'à quarante livres idéales ; ressource fatale par laquelle le roi était soulagé un moment pour être ruiné ensuite ; car, au lieu d'un marc d'argent, on ne lui donnait presque plus que la moitié ; celui qui devait vingt-six livres en 1668, donnait un marc ; et celui qui devait quarante livres ne donnait qu'à peu près ce même marc en 1710Voltaire (1694-1778)

    Il est clair que Philippe Auguste fut le plus puissant prince de son temps, si, indépendamment des pierreries qu'il laissa, les sommes spécifiées dans son testament montent à près de neuf cent mille marcs d'argent de huit onces, qui valent à présent environ quarante-neuf millions de notre monnaie, à cinquante-quatre livres dix-neuf sols le marc d'argent finVoltaire (1694-1778)

  4. Poids de marc, huit onces ou la moitié de la livre de Paris, telle qu'elle existait avant le système décimal. J'ai acheté trois livres de cette marchandise, poids de marc (c'est-à-dire au poids de l'ancienne livre de Paris).

  5. Au marc la livre, manière de répartir proportionnellement une somme quelconque, en remettant à chacun ou faisant fournir par chacun une part déterminée par la somme totale afférente à chacun ; c'est ce qu'on nomme aujourd'hui au marc le franc, et, mieux, au centime le franc. La locution, comme le montre l'exemple de Beaumanoir, est une altération de au marc ou à la livre.

    Ordonnons que toutes blanches monnaies.... des-ores-en-avant soient abattues du tout, et n'aient nul cours pour quelque prix que ce soit, fors au marc pour billon

    Au marc la livre a été employé primitivement en parlant des poids appelés marc et livre, puis transporté aux monnaies par confusion du mot livreBenjamin Legoarant (1792-1863)

Étymologie : Prov. marc ; esp. et ital. marco ; bas-lat. marka ; de l'anc. haut allem. marc, marque, signe. Ajoutez : D'après les Édits, etc. sur les monnaies, t. VI, f° 160 (Archives des finances), marc vient de l'allem. Mark, marche, frontière, parce que, les foires se tenant souvent sur les frontières, les marchands donnèrent à ce poids, fort usité dans les transactions, le nom de poids de mark ou de frontière.

Historique : XIe s. Li burgeis qi ad en soun propre chatel [bien, avoir] demi marc vailant XIIIe s. Quant li mars d'or sera vendus XX libres.... [La couronne] Cent mile mars valoit et plus, à droite vente Et puis doit on regarder combien il converroit paier à cascun au marc ou à le [la] livre XIVe s. Si come seroit la loy de racheter chescun qui est pris en guerre pour un marc ou autre pris XVIe s. Par quoi, point ne le faut celer ; J'en ay le marc, si vous en avez l'once Fiens de chien et marc d'argent seront tout un au jour du jugement

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens

n. m.

  1. Ancienne mesure qui contenait environ deux cent cinquante grammes. Les ouvrages d’or et d’argent se vendaient au marc. Cent marcs de vaisselle d’argent.

  2. Au marc le franc, Manière de répartir ce qui doit être reçu ou payé par chacun, en proportion de sa créance ou de son intérêt dans une affaire. Les créanciers ont été payés au marc le franc. On disait autrefois Au marc la livre.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée marc#38817.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.