marbre
nom, masculin · /maʁbʁə/
Usage : fréquent (25 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Roche calcaire dure, susceptible de recevoir un beau poli, utilisée en sculpture et en architecture.
Le sculpteur a taillé la statue dans un bloc de marbre blanc.
« Cependant l'humble toit devient temple ; et ses murs Changent leur frêle enduit aux marbres les plus durs »La Fontaine (1621-1695)
« Quel marbre à la postérité Fera paraître votre gloire ? »Malherbe (1555-1628)
Objet, plaque ou surface faits de cette pierre.
Le pâtissier pétrit sa pâte sur le marbre de son atelier.
« D'abord elle a d'Auguste aperçu la statue ; Et mouillant de ses pleurs le marbre de ses pieds.... »Jean Racine (1639-1699)
Littéraire. Fig. Absence totale d'émotion apparente, impassibilité.
Devant l'annonce du verdict, son visage est resté de marbre.
Synonyme : impassibilité.
« Sous un visage d'homme il porte un cœur de marbre »Tristan L'Hermite (1601-1655)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : graver dans le marbre · rester de marbre
Grammaire et formes (2)
- marbres : pluriel · /maʁbʁə/
- marbre : singulier · /maʁbʁə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 2 · 1 sens
s. m.
Terme de marine. Cylindre du treuil, à chevilles, sur lequel s'enroule la drosse qui sert à manœuvrer le gouvernail d'un grand bâtiment.
Étymologie : Ce mot est une corruption d'arbre, et c'est ainsi que plusieurs meuniers, ou même des experts de campagne, disent le marbre du moulin, le marbre de la roue, etc. pour l'axe ou l'arbre de la roue, LEGOARANT.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 1 · 12 sens
s. m.
En général, nom donné à toute variété de calcaire à grains fins susceptible de poli, et qui par sa blancheur ou par ses couleurs plus ou moins vives peut être employé à la décoration des édifices ou dans l'ameublement. Animer le marbre, le tailler en statues pleines de vie et de beauté. Marbre statuaire, marbre propre à faire des statues, qui est sans taches ni veines. Marbre antique, tout marbre dont les carrières ne sont plus connues ou exploitées. Marbre brut, marbre tel qu'il sort de la carrière. Marbre piqué, celui qui n'est taillé qu'à la pointe. Marbre dans sa passe, se dit des tranches de marbre qui ont été débitées parallèlement au lit du banc. Marbre en contre-passe, marbre débité sur la hauteur du banc. Marbre ébauché, celui qui est travaillé à double pointe, pour la sculpture, ou approché avec le ciseau pour l'architecture. Marbre dégrossi, celui qui est équarri, suivant la disposition d'une figure, avec la scie et la pointe. Marbre fini, celui qui est terminé avec le petit ciseau et la râpe. Marbre cameloté, celui qui, étant d'une seule couleur, ne laisse pas de paraître tabisé, après avoir reçu le poli, tel que celui de Namur. Cela est dur, est froid comme le marbre, comme du marbre, comme marbre, se dit de choses très dures et de choses qui font éprouver au toucher un vif sentiment de froid. On dit aussi : comme un marbre. Fig. et familièrement. Être froid comme un marbre, être comme un marbre, être extrêmement calme ou réservé, paraître ne s'émouvoir de rien. On dit dans le même sens : Il est de marbre, c'est un marbre. On dit aussi, par exagération : Pour entendre ces propos de sang-froid, il faudrait être de marbre. Un cœur de marbre, une personne que rien n'échauffe, ne touche, n'attendrit. Un visage de marbre, un visage qui ne laisse paraître aucune émotion. Fig. Cela échaufferait du marbre, se dit de paroles, d'une ardeur capable de communiquer de la chaleur aux cœurs les plus froids.
Paros, fameuse par ses marbresScarron (1610-1660)
Cependant l'humble toit devient temple ; et ses murs Changent leur frêle enduit aux marbres les plus dursLa Fontaine (1621-1695)
Morceau de marbre taillé et poli. On a gravé cette inscription sur un marbre. Le marbre d'une commode, d'une cheminée. Placez un marbre sur ces papiers, de peur que le vent ne les disperse.
Quel marbre à la postérité Fera paraître votre gloire ?Malherbe (1555-1628)
Absolument. Un marbre, une statue en marbre. Le plus beau marbre de ce musée.
Au plur. Marbres, des ouvrages de marbre, échantillons de différents marbres. Il y a de beaux marbres dans ce cabinet. Marbres d'Arundel, d'Oxford ou de Paros, les marbres antiques recueillis à Paros au commencement du XVIIe siècle, présentés à l'université d'Oxford par le comte d'Arundel qui les avait fait apporter du Levant, et contenant les événements depuis la fondation d'Athènes par Cécrops [1582 avant J. C.] jusqu'à l'archontat de Diogénète [264 de la même ère], ce qui comprend un intervalle de 1318 années. Marbres d'Elgin, se dit des bas-reliefs qui ont été enlevés par lord Elgin au Parthénon et au temple de Thésée d'Athènes, et qui font maintenant partie du Musée britannique.
Ces marbres qui ne couvrent que de la poussière, attestent la vénération des peuplesDiderot (1713-1784)
MM. Sévin et Fourmont rapportèrent de Grèce un grand nombre d'inscriptions, échappées à l'ignorance des habitants qui emploient à faire de la chaux ces marbres précieux que nous allons y chercher avec tant de fatigues et de périlsCondorcet (1743-1794)
Pierre sur laquelle les imprimeurs posent les pages pour les imposer, et les formes pour les corriger. Il se dit aussi de cette partie de la presse sur laquelle on place la forme. Un marbre de pierre. Un marbre de fonte.
Pierre qui sert à broyer les drogues et les couleurs.
Bloc sur lequel on allonge et on aplatit sous le marteau les tables d'étain de glaces pour les réduire en feuilles.
Terme de verrerie. Plaque de fonte sur laquelle l'ouvrier verrier roule la matière qu'il a cueillie.
Table de marbre, nom donné à trois juridictions qui siégeaient au palais, la connétablie, l'amirauté et les eaux et forêts, et dont les juges prenaient place autour d'une grande table de marbre. Chambre de la table de marbre, nom donné en particulier à la juridiction des eaux et forêts. Table de marbre, table qui se trouvait dans la salle du palais de justice à Paris, et qui servait aux clercs de la basoche pour y représenter des farces, soties ou moralités.
Le grand Corneille était, dans sa jeunesse, avocat du roi à la table de marbre de Rouen
Marbre artificiel, composition de gypse en forme de stuc, où l'on mêle des couleurs qui la font ressembler au marbre naturel.
Terme de peintre en bâtiment. Marbre feint, représentation des divers accidents du marbre. Marbre jeté, celui qui imite les porphyres. Marbre chiqueté, celui qui imite les granits.
Terme de relieur. Teinte qu'on donne aux reliures et qui imite les accidents d'un marbre.
La racine est le plus beau marbre qu'on ait imaginéLESNÉ
Étymologie : Bourguig. mâbre ; wallon, marm ; provenç. marme, marbre ; espagn. marmol ; portug. marmore ; ital. marmo ; du lat. marmor ; grec μάρμαρος, signifiant brillant : la pierre brillante.
Historique : XIe s. Sur un perron de marbre bloi se culche XIIe s. Tost les degrés de mabre [il] est montés al donjon XIIIe s. Puis l'enfoïrent soz un arbre, Et par desus mistrent un marbre ; S'i ont escrit le non la dame XIVe s. Une cote de marbre [étoffe faite de fils de diverses couleurs] nuefve [neuve], à femme Deux flacons de marbre noir XVe s. Un coffre de bos paint au quel estoyent XXIII corporaux et une pierre de malbre à liscer lesdiz corporaux Ha ! cuer plus dur que le noir marbre, En qui mercy ne peult entrer XVIe s. Terrines à filtrer, marbres pour distiller en lieu humide Le marbre n'a que fai…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens
n. m.
Sorte de pierre calcaire, dure et solide, qui sert principalement aux ouvrages de sculpture et d’architecture. Une carrière de marbre. Marbre blanc. Marbre noir. Marbre veiné, jaspé. Scier, polir, travailler le marbre. Une figure, une statue, une colonne, un tombeau de marbre. Un bloc de marbre. La dureté, la froideur, l’éclat du marbre. Toute la façade de cette église est incrustée de marbre. Marbre de Carrare, de Paros. Marbre antique. Graver sur le marbre.
Marbre statuaire, Marbre propre à faire des statues, qui est sans tache ni veine, à la différence de celui qu’on emploie pour les ouvrages d’architecture.
MARBRE se dit aussi d’un Morceau de marbre taillé et poli. On a gravé cette inscription sur le marbre. Le marbre d’une cheminée, d’une commode.
Il se dit des Ouvrages de marbre et des échantillons de différents marbres. Ce musée possède de beaux marbres. Les marbres d’Elgin.
MARBRE, en termes d’Imprimerie, se dit de la Table de pierre ou de métal sur laquelle on pose les pages, pour les imposer, et les formes, pour les corriger. Un marbre de pierre. Un marbre de fonte.
Il désigne également, dans les journaux, les articles composés et mis en réserve, pour paraître le moment venu. Avoir du marbre, Avoir par devers soi de la composition toute prête.
Il se dit également de la Partie de la presse sur laquelle on place la forme.
Il se dit aussi, en termes d’Arts, de la Pierre qui sert à broyer les drogues et les couleurs.
TABLE DE MARBRE s’est dit, en termes d’ancienne Jurisprudence, de Chacune des juridictions de la connétablie, de l’amirauté et des eaux et forêts. Le grand Corneille était, dans sa jeunesse, avocat du roi à la table de marbre de Rouen.
Fig. et fam., être froid comme un marbre, froid comme marbre, être extrêmement calme ou réservé, paraître ne s’émouvoir de rien. On dit dans le même sens être de marbre, rester de marbre. On dit aussi, par exagération, Pour entendre ces propos de sang-froid, il faudrait être de marbre.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée marbre#38806.