marais

marais

nom, masculin, /maʁɛ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Terrain non cultivé, très humide ou incomplétement couvert d'une eau qui est sans écoulement. Marais verts, marais recouverts d'une couche de gazon ou d'herbages souvent assez élevés. Fièvre de marais, fièvre intermittente causée par les effluves des marais. Fig. Se sauver par les marais, à travers les marais, se tirer comme on peut d'un péril, d'un embarras, d'un mauvais pas (voy. à l'historique, dans un exemple de Brantôme, l'origine de cette locution).

    Un rat plein d'embonpoint, gras et des mieux nourris, Et qui ne connaissait l'avent ni le carême, Sur le bord d'un marais égayait ses esprits — La Fontaine (1621-1695)

    Don Francisco de Mellos l'attend de pied ferme [Condé à Rocroy] ; et, sans pouvoir reculer, les deux généraux et les deux armées semblent avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais pour décider leur querelle, comme deux braves en champ clos — Bossuet (1627-1704)

  2. Marais salant, terre où l'on fait venir l'eau de la mer pour faire du sel.

  3. À Paris et aux environs, terrain bas où l'on fait venir des légumes.

  4. Le Marais, quartier de Paris, qu'on nomme aussi quartier du Temple. Demoiselles du Marais, nom qu'on donnait aux courtisanes, à cause qu'il y en avait toujours beaucoup dans ce quartier-là.

    Adieu, beau quartier des Marets [écrit ainsi pour rimer aux yeux], C'est avecque mille regrets Qu'une très pressante besoigne Pour quelque temps de vous m'éloigne — Scarron (1610-1660)

    Tout bon fainéant du Marais Fait des vers qui ne coûtent guère ; Pour moi, c'est ainsi que j'en fais ; Et, si je les voulais mieux faire, Je les ferais bien plus mauvais — CHAPELLE

  5. Le marais ou la plaine, se disait du parti du centre à la Convention, composé de modérés ; par opposition à la montagne.

Étymologie : Wallon, maras' ; Hainaut, marache ; ital. marese ; bas-lat. mariscus. Comme maria (plur. de mare) avait pris, d'après Isidore et d'autres documents, le sens de masse d'eau douce ou salée, on en forma le bas-latin mara, mare (voy. ce mot) ; d'où l'italien marese et le français marais ; cette dérivation s'appuie encore sur le provençal marese, marin, qui vient de mare ou mara. Mais, comme marais a donné maresc, marescage, maraischer, il est probable qu'il y a eu intervention du germanique : anc. flam. maerasch, marais ; holl. maras ; allem. Marsch.

Historique : XIIe s. A tant s'en torne très parmi le marois XIIIe s. Gefroi de la Chapele dit que l'en ne puet avoir conduit joint à la meson commune qui reçoit l'aau ou de ciel ou de marois XVe s. Ils furent informés que ens uns grands marès qui là sont en une vallée, avoit la plus belle proie du monde Un lieu où il souloit avoir un vivier, qui pieça atterry et vint en prez, et de present est en maresqs XVIe s. [Au siége de la Rochelle, dans une terreur panique] plusieurs eurent telle frayeur qu'ils aviserent à se sauver par les marais, et plusieurs s'y enfuirent qui furent après reconnus par la boue qui …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Terrain couvert ou pénétré par des eaux qui n’ont point d’écoulement. Pays de marais. Dessécher un marais. Odeur de marais. Les exhalaisons d’un marais. S’enfoncer, s’enliser dans un marais.

  2. Fièvre de marais. Voyez fièvre.

  3. Marais salant, Espace de terre, entouré d’une digue, situé sur le bord de la mer, qui le couvre dans les hautes marées et y laisse, en se retirant, une eau qui s’évapore et dépose le sel dont elle était chargée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • marais — forme de base — /maʁɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée marais#38782.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.