manteau
nom, masculin, /mɑ̃to/
Définitions
Vêtement de dessus long et chaud, porté pour se protéger du froid ou de la pluie.
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Couche ou apparence qui recouvre ou dissimule quelque chose.
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Partie d'une cheminée qui encadre le foyer et fait saillie au-dessus.
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Enveloppe du globe terrestre située entre la croûte et le noyau.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (13 sens)
Littré (1873)
s. m.
Vêtement ample et sans manches qu'on porte par-dessus l'habit. Tout vêtement chaud avec ou sans manche en drap, laine, velours ou soie, que les femmes portent pour sortir par-dessus leurs robes. Dans l'antiquité, le manteau était un attribut du vêtement de celui qui faisait profession de philosophie. Prendre le manteau de philosophe. Fig. Fig. S'envelopper de son manteau, se résigner, attendre son sort avec calme au milieu des dangers. Vendre, débiter sous le manteau, vendre en cachette quelque chose de défendu. Il mange son pain sous le manteau, se dit d'un avare qui mange tout seul, qui ne fait part de son bien à personne. Garder les manteaux, tenir les manteaux de ceux qui se livrent à quelque acte de violence, par allusion à saint Paul qui avant sa conversion tint les manteaux des Juifs qui lapidèrent saint Étienne. Fig. Garder les manteaux, faire le guet pour empêcher que deux personnes qui sont en tête-à-tête amoureux ne soient dérangées ou pendant que ceux avec qui on est venu commettent quelque délit, et aussi demeurer à ne rien faire pendant qu'ils se divertissent. Rôle à manteau, rôle de certains personnages de comédie, auxquels ce vêtement est convenable, à cause de leur âge, de leur condition et de leur caractère. Jouer les rôles à manteaux. On dit dans le même sens : jouer les manteaux.
Jésus sortit, portant une couronne d'épines et un manteau d'écarlate — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Bon manteau bien doublé, bonne étoffe bien forte — La Fontaine (1621-1695)
Les manteaux ont reçu diverses formes et divers noms. Manteau à collet. Manteau carrik, manteau à plusieurs collets. Manteau à la crispin (voy. CRISPIN). Manteau long, espèce de manteau étroit, ordinairement fait de soie noire que les ecclésiastiques portent avec la soutane. Manteau court, celui qu'ils mettent avec l'habit court lorsqu'ils vont en ville, et qui ne passe pas le genou. Manteau de cour, espèce de robe sans corsage, ouverte par devant et à queue traînante, qui s'attache au bas de la taille, et que portent les dames de la cour les jours de présentation et de cercle. Manteau de cérémonie, long manteau fourré ou doublé, et traînant, que les rois, les princes et les grands dignitaires portent dans certaines cérémonies. Le manteau impérial. Le manteau royal. Le manteau ducal. Le manteau de pair. Manteau de deuil, long manteau noir que portent aux enterrements les plus proches parents du défunt. Manteau de nuit, ou, plus ordinairement, manteau de lit, espèce de manteau fort court ayant des manches, et dont on se sert dans sa chambre et au lit. Manteau couleur de muraille, espèce de manteau brun que les seigneurs portaient sous la régence lorsqu'ils allaient à quelque rendez-vous secret. Petit manteau, sorte de manteau que portaient les abbés au XVIIIe siècle. Un petit manteau bleu, se dit quelquefois d'un philanthrope, par allusion à un habitant charitable de Paris [M. Champion] qui vivait sous Louis-Philippe, et qu'on avait surnommé l'Homme au petit manteau bleu. Manteau de guérite, capote à capuchon à l'usage des factionnaires. Manteau d'armes, enveloppe de toile dont on se sert dans les camps pour abriter un faisceau d'armes.
Le manteau fourré, la couronne à fleurons, et les autres marques de la qualité ducale — Scarron (1610-1660)
Que reste-t-il à ceux qui n'ont pas cent mille francs d'argent comptant pour être maîtres des requêtes, ou qui n'ont pas l'honneur d'avoir un manteau ducal à leurs armes ? il leur reste d'être heureux, et de ne pas s'imaginer seulement que cent mille francs et un manteau d'hermine soient quelque chose — Voltaire (1694-1778)
Fig. Ce dont on se sert pour se cacher ou se protéger. Apparence, prétexte dont on se couvre. Il a un vilain manteau pour son hiver, se dit de celui qui a les fièvres en automne.
Je pouvais donner telle forme à mon ouvrage que bien d'importantes vérités y passeraient sous le manteau de l'abbé de Saint-Pierre, encor plus heureusement que sous le mien — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Elle [Mme de Montespan] fut privée des derniers secours de la religion, qui avait été pour elle un manteau plutôt qu'un refuge — Mme de Genlis (1746-1830)
Manteau d'arlequin, espèce de décoration, figurant une draperie qui se trouve derrière la toile d'un théâtre, et qui sert à diminuer la largeur et la hauteur de la scène.
Terme d'ancienne coutume. Droit de manteau, somme de dix livres annuelles, qui devaient être payées, pour gages, suivant l'édit de 1554, à chaque secrétaire de la maison et couronne de France.
Terme de blason. La fourrure herminée sur laquelle est posé l'écu.
Partie supérieure du dos chez les animaux, surtout chez les oiseaux, quand cette partie tranche sur le reste par sa couleur.
Tout le manteau, qui, dans le rossignol, est roux brun, est gris brun dans cette fauvette — Buffon (1707-1788)
Terme de zoologie. Membrane charnue qui revêt l'intérieur des coquilles bivalves et qui enveloppe l'animal. Organe musculaire et vasculaire propre à la plupart des mollusques, formant des replis qui enveloppent le corps à la manière d'un manteau.
Manteau de cheminée, la partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre, au-dessus du foyer. Fig. Sous le manteau de la cheminée, en cachette. Dire quelque chose sous le manteau de la cheminée. Faux manteau, manteau de cheminée porté par des consoles ou des corbeaux, et non soutenu de fond par un chambranle. Manteau de fer, barre de fer qui soutient la plate-bande d'un manteau de cheminée. Les manteaux d'une porte sont les deux pièces d'une porte qui s'ouvrent des deux côtés.
Enveloppe extérieure d'un moule, qui laisse un certain espace entre elle et le noyau.
Bout d'une pièce d'étoffe de laine qui se trouve du côté du chef et qui lui sert d'enveloppe.
Nom donné à une platine ou plateau presseur horizontal, dans la presse typographique.
Manteau gris, corneille grise. Manteau bleu, larus glaucus, L. manteau noir, larus marinus, L. deux espèces de mouettes.
Manteau de Saint-James, coquille précieuse du genre harpe. Manteau ducal, espèce de peigne très recherché pour ses belles couleurs, ostrea pallium, L. Manteaux biforés, ordre de la classe des conchifères, comprenant ceux dont le manteau offre deux ouvertures. Manteaux ouverts, ordre de la classe des conchifères, comprenant ceux dont le manteau n'a pas d'ouverture spéciale pour les déjections et la respiration. Manteaux triforés, ordre de la classe des conchifères, qui comprend ceux dont le manteau a trois ouvertures. Manteaux tubuleux, ordre de la classe des conchifères, comprenant ceux dont le manteau est terminé postérieurement par deux tubes, ou partagé en deux conduits.
Ensemble des pétales d'une anémone. Manteau royal, l'ancolie des jardins. Il ne s'est pas fait déchirer son manteau, il a cédé sans beaucoup d'efforts aux instances, par allusion à Joseph que la femme de Putiphar essaya de retenir par son manteau.
Étymologie : Provenç. mantel, mantelh, manteu ; espagn. manteo ; ital. mantello ; du lat. mantellum. Mantellum est dans Plaute sous la forme mantelum (e long), de sorte qu'il paraît se confondre avec mantele ( 1er e long), mantile (i long), mantilium, serviette, nappe, de manus, main, et tela, toile (mantelium, ubi manus terguntur, dit Varron, L. L. VI, 85). Ce mot aura pris l'acception de manteau, comme chez nous mouchoir a pris celle de pièce propre à couvrir le cou. Dans l'ancien français, li mantels ou mantaus, au nominatif ; le mantel, au régime.
Historique : XIe s. Afublez est d'un mantel zabelin XIIe s. Par le col del mantel l'aveit Reinalz saisi Raous le fiert, cui mervelles fu bel, Que li escus ne li vaut un mantel XIIIe s. Dui [deux] roi mainent l'empereris, Et li sostiennent son mantel Chascuns mantiaus que marcheans achate au lendi doit un denier Qui trop estent son mantel, la penne en ront Et que vous nostre dit tresorier leur poiez sans demeure [aux gens des Enquêtes] le contenu de leurs dites cedules de mois en mois, pour leurs gages de temps avenir, et deux fois l'an leurs mantiaux XIVe s. Manteaulx doubles à chevaucher Tournons le mante…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Vêtement de dessus qui prend depuis les épaules jusqu’au-dessous des genoux et sert à se garantir de la pluie et du froid. Manteau d’hiver. Manteau d’été. Manteau de pluie. Manteau de drap. S’envelopper de son manteau, dans son manteau. Avoir son manteau sur le nez. Avoir le nez dans son manteau. Tirer quelqu’un par le manteau. On dit plutôt aujourd’hui PARDESSUS.
Fig., S’envelopper de son manteau, Se résigner, attendre son sort avec calme au milieu des dangers.
Fig., Vendre, débiter sous le manteau, Vendre clandestinement des livres défendus. Ce sont des livres que l’on se passe sous le manteau. On le dit aussi en parlant de Toutes les choses défendues.
Sous le manteau signifie figurément Avec l’apparence de, sous le prétexte de. Sous le manteau de la religion, de la dévotion, on cache souvent de mauvais desseins.
Rôles à manteau, Rôles de certains personnages de comédie, pour lesquels, à raison de leur âge, de leur condition, ou de leur caractère, le manteau était un vêtement d’usage. Il joue les rôles à manteau.
Manteau long, Sorte de manteau étroit, ordinairement fait de soie noire, que les ecclésiastiques portent avec la soutane. Il était en manteau long. On appelle, par opposition, Manteau court, une Sorte de petit manteau de soie noire qui ne dépassait pas le genou et que les ecclésiastiques mettaient avec l’habit court lorsqu’ils allaient dans le monde.
Manteau de cérémonie, Sorte de cape portée par les maîtres de cérémonies.
Manteau de cour, Sorte de traîne qui part des épaules dans certaines robes habillées et spécialement dans certaines robes de mariées.
Il se dit particulièrement d’un Vêtement de femme à manches qui se porte sur une robe. Manteau de fourrure. Manteau de velours. Manteau de satin. Manteau de drap.
Il désigne, en termes de Blason, la Fourrure herminée sur laquelle est posé l’écu.
Il désigne, en termes de Fauconnerie, la Couleur des plumes d’un oiseau de proie. Cet oiseau a un beau manteau.
Manteau de cheminée, La partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre, au- dessus de l’âtre, au-dessus du foyer.
Fig., Dire quelque chose sous le manteau de la cheminée, Le dire en cachette.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- manteaux — pluriel — /mɑ̃to/
- manteau — singulier — /mɑ̃to/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée manteau#38710.