mangeur

mangeur

nom, masculin, /mɑ̃ʒœʁ/

Voir aussi : forme féminine mangeuse

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

s. m. et f.

  1. Celui, celle qui mange. Celui, celle qui est dans l'habitude de manger beaucoup. Un gros mangeur, celui qui mange beaucoup. Un petit mangeur, celui qui mange peu. Mangeur de pommes, se dit des Normands par plaisanterie, la Normandie abondant en pommes. Fig. C'est un mangeur de viandes apprêtées, se dit d'un fainéant, aimant à bien vivre sans se donner de la peine. On a dit dans un sens analogue : mangeur de pain mollet. Fig. Un mangeur de charrettes ferrées, de petits enfants, un fanfaron.

    Par lui [l'amour] les loups deviennent des moutons ; Il fait si bien que l'on n'est plus le même, Témoin Hercule, et témoin Polyphême, Mangeur de gens.... — La Fontaine (1621-1695)

    Le sens de la présence réelle nous conduit à des prodiges, à renverser les lois de la nature.... à nous rendre mangeurs de chair humaine — JURIEU

  2. Fig. et familièrement. Un mangeur, un prodigue, un dissipateur.

  3. Fig. Celui qui gruge les autres, qui vit à leurs dépens, qui leur extorque leur avoir. Un mangeur de chrétiens, un homme qui vexe, qui tourmente les autres.

    Les partisans et autres mangeurs du peuple — Gui Patin (1601-1672)

    Il leur apprit à leurs dépens, Que l'on ne doit jamais avoir de confiance En ceux qui sont mangeurs de gens — La Fontaine (1621-1695)

  4. Fig. Mangeur de livres, un homme studieux. Un mangeur de crucifix, un mangeur d'images, un mangeur de saints, un bigot, un faux dévot.

  5. Terme d'ancienne jurisprudence. Homme que la justice envoyait en garnison dans les maisons des débiteurs, pour y vivre aux frais de ces derniers, jusqu'à l'entier payement.

  6. Mangeur de fourmis, le fourmilier. Mangeur de pierre, petit ver qui se trouve dans l'ardoise. Mangeur de poire, petite chenille. Mangeur de riz, l'ortolan riz et un gros-bec. Mangeur de vers, espèce de fauvette. Mangeur de noyaux, gros-bec.

    Les mangeurs de fourmis dont le corps est couvert de poils ne se trouvent que dans les parties méridionales du nouveau monde — Buffon (1707-1788)

Étymologie : Prov. manjaire, manjador ; cat. menjador ; ital. mangiatore ; voy. MANGER. Le prov. manjaire, le français mangere est le nominatif ; manjador en prov. et mangeor en français est le régime.

Historique : XIIIe s. Je ne di pas ce soient li frere prescheor ; Ançois sont une gent qui sont bon pescheor [pêcheurs], Qui prenent tel poisson dont il sont mengeor XVIe s. C'estoit un mangeur excessif Aux emprunts de ville, quand on ne paye à jour nommé ce à quoy l'on est cottizé, l'on envoye aux maisons des garnisons d'hommes que l'on appelle mangeurs Un fierabras, un rodomont, un taillant, fendant, mangeur de charrettes ferrées Les cordeliers et les autres moines ensemble, tous les mangeurs de crucifix

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n.

  1. Celui, celle qui mange. Il s’emploie ordinairement avec une épithète. Un gros mangeur, Celui qui mange beaucoup. Un petit mangeur, Celui qui mange peu. C’est une grande mangeuse.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mangeurs — pluriel — /mɑ̃ʒœʁ/
  • mangeur — singulier — /mɑ̃ʒœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mangeur#38594.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.