mangerie
nom, féminin, /mɑ̃ʒəʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de manger beaucoup.
Onc ne fut telle mangerie ; Jusqu'à la moindre hôtellerie, De mon monde tout regorgea — Scarron (1610-1660)
L'étoile de la mangerie s'est mise en ce pays malgré moi, je m'en suis plainte à vous ; car nous mangeons si sérieusement et si fort, comme du temps de nos pères, que l'on ne sent que l'ennui de la dépense — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Frais de chicane, exactions.
Il semblerait que, dans les pays où les tailles sont réelles, les taillables devraient être exempts des mangeries et des exactions qu'on voit ailleurs dans la levée des tailles — Vauban (1633-1707)
Lorsqu'il fallait parler à Desmarets pour quelque mangerie de financiers dans mes terres, je priais Mme de Saint-Simon d'y aller — Saint-Simon (1675-1755)
Action de se nuire les uns aux autres. Le monde n'est qu'une mangerie universelle des uns par les autres.
Étymologie : Manger.
Historique : XIIe s. Li temples de luxure e de mangeries e de mescreanz estoit plains XVe s. En ce mesme temps plusieurs choses se faisoient par les seigneurs, comme prinse de bleds.... et se faisoient plusieurs mengeries par les officiers particuliers XVIe s. De là s'ensuyvroit que la moitié des procez et des mangeries s'en iroit à vau l'eau Il depecha sa messe, laquelle il dit en chasseur, ayant le cœur à la mangerie
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (2)
- mangeries — pluriel — /mɑ̃ʒəʁi/
- mangerie — singulier — /mɑ̃ʒəʁi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mangerie#38590.