manche

manche

nom, /mɑ̃ʃə/

Définitions

  1. Partie allongée d'un outil ou d'un instrument, par laquelle on le tient.

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  2. Partie d'un vêtement qui recouvre le bras en totalité ou en partie.

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  3. Chacune des phases successives d'un jeu ou d'une compétition dont le résultat final dépend de plusieurs épreuves.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) · 1873 (12 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Partie d'un instrument par où on le prend pour s'en servir. Fig. Cet homme branle au manche, dans le manche, il est irrésolu et tenté de changer de parti, de dessein ; et aussi il est en danger de perdre sa place, la fortune, la vie. Fig. Jeter le manche après la cognée, abandonner une affaire par dégoût, par découragement.

    L'homme enfin la prie humblement [la forêt] De lui laisser tout doucement Emporter une unique branche, Afin de faire un autre manche — La Fontaine (1621-1695)

    Ne jetez pas, mon cher Enée, Le manche après votre cognée — Scarron (1610-1660)

  2. Manche à balai, long bâton au bout duquel est un balai.

    Tous les sorciers du siècle passé croyaient aller au sabbat sur une verge magique ou sur un manche à balai qui en tenait lieu ; et les juges, qui n'étaient pas sorciers, les brûlaient — Voltaire (1694-1778)

  3. Le manche de la charrue, que tient le laboureur et qui sert à déterminer la profondeur et la régularité du labour.

  4. Manche de gigot, voy. GIGOT.

  5. Le manche d'une basse, d'une contre-basse, d'un violon, d'une guitare, etc. pièce de bois collée à l'extrémité du corps de ces instruments, et servant non pas seulement à tenir l'instrument mais à porter les chevilles par le moyen desquelles on l'accorde ; c'est en posant les doigts de la main gauche sur le manche qu'on forme les différents tons. Savoir, connaître son manche, être sûr de son manche, savoir toucher les cordes avec justesse et précision.

  6. Terme de marine. Nom donné par quelques marins à une sorte de poignée à plusieurs mains que l'on adaptait à une rame trop grosse pour être maniée par un seul homme.

  7. Manche de couteau, nom vulgaire donné aux espèces de mollusques du genre solen.

  8. Fig. Manche à sabre, gens qui ne sont bons qu'à donner un coup de sabre.

    Les intérieurs d'âme que j'ai vus dans la retraite de Moscou m'ont à jamais dégoûté des observations que je puis faire sur les êtres grossiers, sur ces manches à sabre qui composent une armée — STENDHAL

Étymologie : Wallon, main ; bourguig. moinche ; provenç. margue ; espagn. et portug. mango ; ital. manico ; d'un bas latin manicum, fait sur le modèle du latin manica (voy. MANCHE 2). Ajoutez : Toutefois il faut noter que le latin classique manubrium, avec l'accent sur nu, était représenté dans la langue d'oïl par manoir, qui est une dérivation correcte : XIIe s. Quant icil Gothes talhievet la spessece des roinces, li fers saillanz fors du manoir chaït el bruec [au lac]

Historique : XIIIe s. Au bois [le bûcheron] ala pur demander à chascun fust [arbre] qu'il pot trover, Dou quel il peüst menche prendre Un homme qui ilecques estoit lui monstra un coutel à un blanc manche qu'il tenoit en sa main XIVe s. La main [il] giete au coustel, et si fort se revainge, Que partout lai [là] où fiert [il frappe], le boute jusqu'à mainge XVe s. Tenant une masse d'or ; la teste estoit de fin acier tempré, et la manche bandée d'or et d'argent Le suppliant, qui tenoit en ses mains ung harnois que on appelle podet de fer avecques son marge de bois XVIe s. Et comme Cassius et quelques autres j…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Partie du vêtement où l'on met le bras. Manches de robes de femmes ; elles ont reçu différents noms suivant la mode. Manches plates. Manches à gigot, manches serrées au poignet, très larges et bouffantes auprès de l'épaule ; elles étaient fort à la mode sous Charles X. Manches à l'imbécile ou à la folle, manches très amples, fermées au poignet, et dans lesquelles on mettait de petits plombs à la hauteur du coude pour les faire pendre. Manches pendantes, bandes d'étoffe que l'on attache à de certaines robes de cérémonie. Manches d'avocat, de juge, de professeur. Manches d'anges, manches qui ne descendaient que jusqu'au coude. Tour de manche, garniture de ruban, de dentelle ou de fourrure, placée au-dessus de la manchette. Populairement. Jambes en manches de veste, jambes arquées. Tirer quelqu'un par la manche, le prendre par la manche de son habit. Fig. Tirer quelqu'un par la manche, le faire souvenir de quelque chose, attirer son attention sur quelque chose. Fig. Tirer quelqu'un par la manche, insister pour qu'il demeure. Fig. Il ne se fera pas tirer la manche, par la manche, c'est-à-dire il fera volontiers telle chose, ou, en sens contraire, se faire tirer la manche, faire quelque chose avec peine. Fig. Avoir une personne dans sa manche, en disposer à son gré. Tenir quelque chose dans sa manche, l'avoir à sa disposition, en être assuré. Fig. Tenir quelqu'un dans sa manche, disposer souverainement de quelqu'un, être en état d'en exiger tout ce qu'on voudra. Fig. Être dans la manche de quelqu'un, être à sa disposition. Fig. Être à la manche de quelqu'un, le suivre, l'appuyer, le soutenir. Mettre une chose dans sa manche, s'en saisir, s'en emparer. Populairement. Du temps qu'on se mouchait sur la manche, du temps qu'on était fort simple. Ne pas se moucher sur la manche, être entreprenant, résolu, plein d'expérience. Se moucher sur la manche, vient sans doute de l'habitude qu'ont les enfants ou les gens malpropres de se moucher sur leur manche. Cordeliers à la grande manche, cordeliers rentés. Avoir la conscience large comme la manche d'un cordelier, ne se faire scrupule de rien. Fig. Il a la manche large, se dit d'un casuiste, d'un directeur relâché. Fausses manches, manches qu'on met par-dessus d'autres. Fig. C'est une autre paire de manches, c'est une autre affaire, ce n'est pas la même chose. La conversation [dans une société où se trouvait Buffon] ayant commencé de la part de Mlle de l'Espinasse par des compliments flatteurs et fins. Voici bien une autre paire de manches, voici bien une autre affaire.

    Énéas essuyant ses joues De la manche de son pourpoint, Car de mouchoir il n'avait point — SCAR.

    Les manches du chevalier font un bel effet à table ; quoiqu'elles entraînent tout, je doute qu'elles m'entraînent aussi ; quelque faiblesse que j'aie pour les modes, j'ai une grande aversion pour cette saleté — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Gentilshommes de la manche, gentilshommes dont la fonction était d'accompagner les fils de France dans leur jeunesse ; ces gentilshommes accompagnaient partout les princes, et, comme l'étiquette ne leur permettait pas de les tenir par la main, ils ne les touchaient qu'à la manche ; de là leur nom. Gardes de la manche, compagnie de vingt-cinq gentilshommes qui se tenaient de chaque côté du roi dans les cérémonies et toutes les fois qu'il allait à la chapelle. Fig. Il s'est fait mon garde de la manche, il ne me quitte pas.

    M. le marquis de Louville, gentilhomme de la manche du duc d'Anjou, suivit en Espagne ce prince devenu roi de cette grande monarchie — Fontenelle (1657-1757)

    S'étant fait mon garde de la manche, il se faisait une loi de ne me pas quitter d'un pas — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. La manche ou la bonne manche, nom, en Italie, du pourboire. Il eut tant pour la bonne manche.

  4. Manche de velours, nom d'une sorte d'oiseaux du genre des fous, communs vers le cap de Bonne-Espérance, et qui ont le bout des ailes noir, et le reste du corps blanc.

  5. Terme de marine. Tuyau ou conduit fait de cuir ou de toile, et servant à divers usages. Manche de pompe, tuyau goudronné, qui reçoit de la pompe l'eau qu'on en fait sortir.

  6. Manche à vent, manche qui fait l'office de ventilateur.

  7. Manche d'Hippocrate, sorte de filtre usité dans les officines, fait jadis de jonc, aujourd'hui fait de feutre en forme de pyramide ; on dit aussi chausse d'Hippocrate.

  8. Fourneau à manche, ou, simplement, manche, nom d'un fourneau d'affinage pour les monnaies.

  9. Terme de pêche. Filet en forme de cône.

  10. Terme de géographie. Espace étroit de mer resserré entre deux terres. Absolument, la Manche, le canal compris entre les côtes de France et celles d'Angleterre (on met une majuscule). Traverser la Manche. Département de la Manche.

    À l'embouchure du fleuve Tistendall, près de la manche de Danemark — Voltaire (1694-1778)

  11. Terme de jeux. Partie. Jouer en deux ou trois manches. Avoir une manche, avoir gagné une partie. Être manche à manche, avoir gagné chacun une partie. Au whist, la manche est une des parties liées qui composent le rob.

  12. Au XVIe siècle, on appelait manches les ailes d'un bataillon. Manche de main droite. Manche de main gauche. Il faudrait lui mettre du plomb dans la manche, se dit, en Normandie, à celui qui commet quelque étourderie ; locution tirée de l'ancien usage de mettre du plomb aux manches (voy. l'historique).

Étymologie : Provenç. mangua, mancha, marga ; catal. manega ; espagn. manga ; ital. manica ; du lat. manica, dérivé de manus, main.

Historique : XIIe s. La couele e l'estamine out desuz cel [sous cet habit] li ber [saint Thomas] ; Mais de pans e de mances les out fait escurter ; Car ne voleit al siecle sa vie demustrer XIIIe s. E fu atourné [décidé] que li prestre qui avoient capes e mances les averoient reondes Et vous en vostre mance arés Cent onces d'or que porterés Aux festes et aus diemanches Ne metoit gans, ne vestoit manches, Tant que midis estoit passez XVe s. S'il m'en venoit de nouvel ung à mon plaisir, bel et jeune, jà n'en seroit escondi, et ne me deuist laissier mance en bras [quand il ne devroit me laisser une chemise sur…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Partie d’un instrument, d’un outil, par laquelle on le tient pour en faire usage. Le manche d’un couteau, d’une raquette, d’un battoir. Couteau à manche d’ivoire, d’ébène, de corne, d’argent. Le manche de cette faux est cassé. Cette cognée branle dans le manche. Manche à balai. Manche à gigot.

  2. Le manche de la charrue, La partie de la charrue que tient le laboureur.

  3. Le manche d’un gigot, La partie par où on le prend pour le découper.

  4. Le manche d’une basse, d’une contrebasse, d’un violon, d’une guitare, etc., La partie où l’on pose les doigts de la main gauche pour former les tons différents.

  5. Fig., Se mettre du côté du manche, Se mettre du côté du plus fort.

  6. Prov. et fig., Branler au manche, dans le manche. Voyez

  7. BRANLER.

  8. Prov. et fig., Jeter le manche après la cognée, Abandonner une affaire, une entreprise par chagrin, par dégoût, par découragement. Il ne faut pas, pour si peu, jeter le manche après la cognée.

  9. En termes de Conchyliologie, Manche de couteau, Espèce de coquillage bivalve.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • manches — pluriel — /mɑ̃ʃə/
  • manche — singulier — /mɑ̃ʃə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée manche#38524.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.