manant

manant

nom, masculin, /manɑ̃/

Voir aussi : forme féminine manante

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Terme d'ancienne pratique. Habitant d'un bourg ou d'un village. Les manants et habitants de telle paroisse. Terme d'ancien droit féodal, synonyme de vilains, roturiers, hommes de poesté, sujets de la justice féodale, à raison de ce qu'ils étaient levants et couchants dans le ressort de la juridiction justicière ; manants qui, comme les vilains, ont pris le sens péjoratif de grossier, rustre.

    L'orgueil du plus puissant potentat ne peut arracher à la religion d'autre prière que celle qu'elle offre pour le dernier manant de la cité — Chateaubriand (1768-1848)

  2. Absolument, dans le langage ordinaire, mais archaïque, un paysan.

    Et, comme l'on fait maintenant, Battaient quelquefois le manant — Scarron (1610-1660)

    Ésope conte qu'un manant, Charitable autant que peu sage, Un jour d'hiver se promenant à l'entour de son héritage, Aperçut un serpent sur la neige étendu — La Fontaine (1621-1695)

  3. Aujourd'hui, par extension, homme grossier, mal élevé. C'est un manant, qui ne sait pas vivre.

    Marton a pour amant mon cocher, qui est une espèce de manant qui n'entend pas trop raison — LE GRAND

Étymologie : Bourguig. mainan ; provenç. manent, riche ; espagn. manente ; du lat. manentem, demeurant (voy. MANOIR). Manant a signifié celui qui demeure ; de là il avait pris le sens de domicilié, aisé, riche. Ce sens, il l'a perdu ; puis, par un mouvement inverse, manant, qui avait le sens d'habitant de la campagne, de vilain, a pris celui d'homme grossier.

Historique : XIIe s. Gentil fu de parage et d'avoir fu manans Fuient poure, fuient manant, Fuient bourgeois et païsant E out truved al rei vitaille tant cum il out demured en l'ost, kar mult esteit riches e mananz XVe s. Et trouva on bien en ladite ville de Saint-Lo manans huit mille ou neuf mille que bourgeois, que gens de metier En mains perils [je] fu mainte fois manans ; Folie amay, je fis tous ses commans En peu de temps il y eut une moult belle cité et noble ; car il n'y eut gentilhomme en Bretaigne qui ne se feist manant et citoyen d'icelle

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Homme grossier, mal élevé. Il s’est conduit en vrai manant dans cette occasion.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • manants — pluriel — /manɑ̃/
  • manant — singulier — /manɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée manant#38519.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.