malice

malice

nom, féminin, /malisə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Inclination à malfaire. Malice noire, profonde perversité. Malice noire, action de méchanceté horrible et réfléchie.

    Il te restait encor, pour comble de malice, à te lier d'amour avecque Massinisse — Jean Mairet (1604-1686)

    La justice du simple rendra sa voie heureuse, le méchant périra par sa malice — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Il se dit aussi des choses. La malice de ses discours. Dans le langage des casuistes et autres, la malice du péché, ce que le péché a de malfaisant.

    La malice de cette hérésie [pélagianisme] consistait en ce que, niant la grâce de Dieu, elle attribuait tout le bien à notre mérite — Bossuet (1627-1704)

    Les dérèglements n'ont pas pour cela perdu leur malice — Massillon (1663-1742)

  3. Action faite avec malice. Une coupable malice. On sait toutes les malices dont il est capable. Fig.

    Aux malices du sort enfin dérobez-vous — Jean Racine (1639-1699)

  4. Inclination à faire de petites méchancetés, par badinage.

    Mais je veux que le sort, par un heureux caprice, Fasse de vos écrits prospérer la malice — Boileau (1636-1711)

    Sa malice fut plus légère, plus piquante, plus féconde en idées originales et plaisantes qu'elle n'avait jamais été — Marmontel (1723-1799)

  5. Petite méchanceté, faite par badinage. Entendre malice à quelque chose, y donner un sens détourné, un sens malin. Ne pas entendre malice à quelque chose, faire ou dire quelque chose sans mauvaise intention. Ne pas entendre malice, signifie aussi être simple, niais. Fig. et familièrement. Un innocent fourré de malice, celui qui est malicieux et qui feint d'être simple et bon. La belle malice ! Voyez la malice ! se dit, par plaisanterie, en imputant à malice ce à quoi on ne veut pas répondre sérieusement.

    Qui, cherchant dans ses vers la seule vérité, Fit, sans être malin, ses plus grandes malices — Boileau (1636-1711)

    Le roi se permettait rarement des malices, mais il y avait des gens pour lesquels il y succombait — Saint-Simon (1675-1755)

Étymologie : Bourguig. maglice ; provenç. malicia, malissa ; espagn. malicia ; ital. malizia ; du lat. malitia ; de malus, méchant (voy. MAL). On remarquera dans l'historique que malice est quelquefois masculin.

Historique : XIIe s. Ne nos rendez pas selonc nos malices, mais selonc ta debonnaireté Une seule tesche [tache] avoit male, Dont li sodomite sont pale ; Ne sot l'en en lui aultre vice, Ne ne faisoit aultre malice Pur co s'est mult li reis de s'ire refrenez, E desfais li malices qui dunc ert [était] aprestez E ore t'ad rendud Deu ta malice sur le chief XIIIe s. Que trestous leur malices leur retourne à contraire Et quant il voit que il s'atornent à malisse.... dont en prent-il si cruel vengance XIVe s. Et cest moien est ou milieu de deus malices ou vices desquelles une est selon.... Pour quoy nous, qui ne v…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Inclination à nuire, à mal faire, à causer de la peine. Il a un fonds de malice. Il a fait cela par malice, par pure malice.

  2. Par extension, La malice de ses discours n’épargne personne.

  3. Dans le langage de la Théologie, La malice du péché, La malignité du péché.

  4. Entendre malice à quelque chose, Y donner un sens détourné, un sens malin. Il entend malice aux propos les plus simples.

  5. Fam., Ne pas entendre malice à quelque chose, Faire ou dire quelque chose sans mauvaise intention.

  6. MALICE se dit aussi d’une Action faite avec malice. On sait toutes les malices dont il est capable. C’est une malice noire, qui mérite châtiment.

  7. MALICE signifie aussi Finesse, habileté. Il s’est tiré de ce mauvais pas avec malice. Il a mené cette affaire avec malice. Il a fait une réponse pleine de malice.

  8. MALICE se prend souvent dans un sens qui n’a rien de défavorable et il signifie alors une Simple disposition à la plaisanterie. Il y a de la malice dans sa physionomie, dans son regard, dans son sourire.

  9. Il se dit, par extension, d’une Action faite, d’une parole dite dans la seule intention de plaisanter, de se divertir. Ne vous fâchez pas : c’est une malice qu’on vous a faite. Une malice sans méchanceté. Il nous a dit mille malices fort spirituelles.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • malices — pluriel — /malisə/
  • malice — singulier — /malisə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée malice#38387.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.