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majesté

majesté

nom, féminin · /maʒɛste/

Usage : fréquent (33 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Grandeur naturelle ou acquise qui inspire le respect et l'admiration.

    La majesté des montagnes enneigées nous a coupé le souffle.

    Synonyme : grandeur.

    « Il est nécessaire que vous ayez une certaine majesté dans votre extérieur »Fénelon (1651-1715)

    « Quel ton, quel ascendant ne prennent-ils pas [les riches] sur les savants ? quelle majesté n'observent-ils pas à l'égard de ces hommes chétifs que leur mérite n'a ni placés ni enrichis ! »La Bruyère (1645-1696)

  2. Titre d'honneur donné à un souverain ou à son épouse.

    Votre Majesté, le carrosse est prêt.

    « Le zèle que vous [religieuses du Val-de-Grâce] avez pour votre Époux, vous faisait voir avec plaisir ces Majestés [Anne et Marie-Thérèse] humiliées en sa présence »Fléchier (1632-1710)

    « Au fond de leur palais leur majesté terrible [des rois de Perse] Affecte à leurs sujets de se rendre invisible »Jean Racine (1639-1699)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : crime de lèse-majesté

Grammaire et formes (2)
  • majestés : pluriel · /maʒɛste/
  • majesté : singulier · /maʒɛste/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 8 sens

s. f.

  1. Caractère extérieur de grandeur, apparence auguste.

    Un prince épouvanté De voir tant de colère et tant de majestéPierre Corneille (1606-1684)

    Une majesté douce épand sur son visage De quoi s'assujettir le plus noble couragePierre Corneille (1606-1684)

  2. Fig. Grandeur imprimant le respect. La majesté du peuple romain. La majesté du sénat. Il se dit de Dieu. Il se dit aussi des choses qui impriment le respect. La majesté du trône. La majesté de l'empire romain.

    Ont-ils [les rois] rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière Que cette majesté si pompeuse et si fière, Dont l'éclat orgueilleux étonnait l'universMalherbe (1555-1628)

    Il [Dieu] leur [aux rois] fait voir en leur retirant sa puissance que toute leur majesté est empruntéeBossuet (1627-1704)

  3. Le pouvoir royal même.

    La majesté des rois d'Angleterre serait demeurée plus inviolable, si, contente de ses droits sacrés, elle n'avait point voulu attirer à soi les droits et l'autorité de l'ÉgliseBossuet (1627-1704)

    Il ne faut point s'étonner s'ils [les Anglais] perdirent le respect de la majesté et des lois, et s'ils devinrent factieux, rebelles et opiniâtresBossuet (1627-1704)

  4. Titre particulier qui se donne aux empereurs, aux rois et à leurs épouses (avec une M majuscule). Votre Majesté, Sire, a ordonné. Je rendrai compte à Sa Majesté. Votre Majesté se dit quand on adresse la parole au souverain ou à la souveraine. Sa Majesté se dit quand on parle du souverain ou de la souveraine. Vos Majestés se dit quand on parle à plusieurs têtes couronnées. Leurs Majestés se dit quand on parle de plusieurs têtes couronnées. Par abréviation on écrit V. M. [Votre Majesté], VV. MM. [Vos Majestés], S. M. [Sa Majesté], LL. MM. [Leurs Majestés]. Sa Majesté impériale, l'empereur des Français, l'empereur d'Autriche, que l'on qualifie aussi de Sacrée Majesté, mais seulement quand on lui parle, l'empereur de Russie, l'empereur du Brésil. Sa Majesté très chrétienne, le roi de France. Sa Majesté catholique, le roi d'Espagne. Sa Majesté très fidèle, le roi de Portugal. Sa Majesté britannique, le roi d'Angleterre. Sa Majesté suédoise, Sa Majesté danoise, le roi de Suède, le roi de Danemark. On dit aussi Sa Majesté le roi d'Angleterre. Sa Majesté le roi de Suède, etc. Fig.

    Le zèle que vous [religieuses du Val-de-Grâce] avez pour votre Époux, vous faisait voir avec plaisir ces Majestés [Anne et Marie-Thérèse] humiliées en sa présenceFléchier (1632-1710)

    Le prince d'Orange ne se mêla point aux compliments, parce qu'il n'aurait point eu de Sire, ni de MajestéSaint-Simon (1675-1755)

  5. Dans les temps anciens, Majesté n'était pas particulier aux souverains, et se disait d'autres grands personnages.

    Il y a encore une lettre de lui [Charles IV] au cardinal Colombier, doyen du sacré collége, datée de l'an 1355, dans laquelle il appelle ce doyen Votre MajestéVoltaire (1694-1778)

  6. Terme de littérature. Caractère de pompe et de grandeur. La majesté du style.

    On a pris pour de la majesté la pesanteur des vers qui se tiennent comme enchaînés deux à deux, et qui se retardent l'un l'autre ; mais la majesté consiste dans le nombre, le coloris, l'éclat et la pompe du styleMarmontel (1723-1799)

  7. Terme d'histoire romaine. Loi de majesté, loi punissant tout attentat contre le peuple romain, et appliquée par les empereurs à tout délit contre le prince. Jugement de majesté, jugement prononcé en vertu de la loi de majesté.

    Il y avait une loi de majesté contre ceux qui commettaient quelque attentat contre le peuple romain ; Tibère se saisit de cette loi et l'appliqua, non pas aux cas pour lesquels elle avait été faite, mais à tout ce qui put servir sa haine ou ses défiancesMontesquieu (1689-1755)

  8. Terme de diplomatique. Sceau de majesté, sceau des empereurs d'Allemagne. S'est dit aussi du grand sceau féodal de l'électeur de Mayence.

Étymologie : Provenç. majestat, maiestat ; espagn. magestad ; ital. magestà ; du latin majestatem, qui vient de majus pour magius, plus grand (voy. MAJEUR), et le suffixe tat qui fait des noms abstraits.

Historique : XIIe s. E lors nostre Sire le demostrera, et lors parra [paraîtra] la majestez de Deu Plein sunt li ciel et la terre de la majestet de ta gloire XIIIe s. Or en ait Diex pitié, li rois de majesté XIVe s. Pour les rebellions et malefices perpetrez encontre la magesté royal, en soy armant... Je croy qu'il a ou monde si noblement resgné, Qu'il a acquis l'amour de Dieu de maysté XVe s. Seoit le roi en majesté royale Mais la grant benignité De ta royal majesté Gens de petit estat qui ne desiroient que de troubler les besongnes, pour eux augmenter et avoir majesté sur les plus riches XVIe s. Pour exc…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens

n. f.

  1. Grandeur suprême, caractère auguste qui imprime le respect. La majesté divine. La majesté royale. La majesté des lois. La majesté des autels. La majesté du trône. La majesté de l’empire romain, du peuple romain.

  2. Il se dit, par extension, en parlant des Personnes et des choses qui ont un air de grandeur propre à inspirer de l’admiration, du respect. Elle a un air de majesté. N’admirez-vous pas la majesté de cet édifice?

  3. Il est aussi un Titre particulier qu’on donne aux empereurs, aux rois, aux impératrices, aux reines. On dit, en leur parlant, Votre Majesté, Vos Majestés; et en parlant d’eux, Sa Majesté, Leurs Majestés, Votre Majesté, sire, a ordonné. Par abréviation, on écrit, V. M., VV. MM., S. M., LL. MM.

  4. Sa Majesté Impériale, Qualification donnée aux empereurs.

  5. Sa Majesté Très Chrétienne, Le roi de France. Sa Majesté Catholique, Le roi d’Espagne. Sa Majesté Très Fidèle, Le roi de Portugal. Sa Majesté Britannique, Sa Majesté Suédoise, Sa Majesté Danoise, Le roi ou la reine d’Angleterre, le roi de Suède, le roi de Danemark; on dit aussi Sa Majesté le roi d’Angleterre, Sa Majesté le roi des Belges.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée majesté#38280.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.