grandeur

grandeur

nom, féminin, /ɡʁɑ̃dœʁ/

Définitions

  1. Dimension, taille d'une chose.

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  2. Importance ou intensité d'un phénomène ou d'un sentiment.

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  3. Qualité de ce qui est noble, éminent, digne d'admiration.

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  4. Classe d'éclat d'une étoile, en astronomie.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Dimension de ce qui est grand. La grandeur d'un parc, d'un vase. Ces deux hommes sont de même grandeur. Familièrement et fig. Regarder du haut de sa grandeur, avoir à l'égard des autres des manières de supériorité. Terme d'astronomie. Grandeur se dit pour caractériser les différences d'éclat des étoiles fixes. Sirius est une étoile de première grandeur, c'est-à-dire dont l'éclat est le plus grand. Étoile de troisième grandeur. Terme de mathématique. Quantité, tout ce qui est susceptible d'augmentation ou de diminution.

    Nous avons beau être convaincus.... que tel astre qui ne nous paraît qu'un point dans le ciel, surpasse sans proportion toute la grandeur de la terre — Bossuet (1627-1704)

    Les six premières grandeurs comprennent toutes les étoiles visibles à l'œil nu — A. GUILLEMIN

  2. Il se dit quelquefois pour longueur. La grandeur du voyage l'effraye.

  3. Fig. Importance, étendue, intensité.

    La grandeur de son crime et de mon déplaisir — Pierre Corneille (1606-1684)

    Permettez, madame, que j'estime La grandeur de l'amour par la grandeur du crime — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Puissance, pouvoir, dignités, honneurs, magnificence. Absolument.

    Cette grandeur [de la terre] périt, j'en veux une immortelle — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il y a dans le monde deux sortes de grandeur ; car il y a des grandeurs d'établissement et des grandeurs naturelles ; les grandeurs d'établissement dépendent de la volonté des hommes, qui ont cru avec raison devoir honorer certains états et y attacher certains respects.... les grandeurs naturelles sont celles qui sont indépendantes de la fantaisie des hommes, parce qu'elles consistent dans les qualités réelles et effectives de l'âme ou du corps, qui rendent l'une ou l'autre plus estimable, comme les sciences, la lumière de l'esprit, la vertu, la santé, la force — Pascal (1623-1662)

  5. Il se dit aussi de Dieu.

    Tel est le premier état de la religion, qui dure jusqu'à Abraham, où, pour connaître les grandeurs de Dieu, les hommes n'avaient à consulter que leur raison et leur mémoire — Bossuet (1627-1704)

    Mais, Seigneur, parce qu'en châtiant les hommes, vous ne cherchez point précisément à faire éclater votre grandeur toute puissante, et qu'il vous suffit de leur faire sentir les effets de votre grandeur souveraine... — Bourdaloue (1632-1704)

  6. Élévation et noblesse morales. Un air de grandeur, un ton, des manières qui affectent la grandeur. Grandeur d'âme, qualité d'une âme grande.

    La grandeur de l'homme est grande, en ce qu'il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable ; c'est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c'est être grand que de connaître qu'on est misérable ; toutes ces misères-là mêmes prouvent sa grandeur — Pascal (1623-1662)

    La vraie grandeur.... se courbe par bonté vers ses inférieurs et revient sans effort dans son naturel — La Bruyère (1645-1696)

  7. Grandeur se dit quelquefois, dans le style élevé ou dans le style plaisant, pour personne grande en dignité, en puissance. Titre honorifique employé pour tous les grands seigneurs qui ne prenaient point le titre d'Altesse ou d'Excellence (on met un g majuscule). Titre qui a été donné aux évêques depuis 1630. Monseigneur, il plaira à Votre Grandeur....

    Rendons-lui donc visite ; et comme ambassadeur, Proposez cet hymen vous-même à sa grandeur — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sire Jupin, dit-il, prends mon vœu, le voilà ; C'est un parfum de bœuf que ta grandeur respire — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Grand.

Historique : XIIe s. ....Quels est ta duzur, Ta poesté e ta grandurs XIIIe s. Dunc s'est li asnes purpenseiz, Ke melx dou chien vaut il asseiz E de biauté e de grandor De la grandor dou ciel et de la terre

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. étendue en hauteur, en longueur, en largeur, etc. Ce vase est de la grandeur convenable. Des tableaux de différentes grandeurs, de toutes les grandeurs, de toute grandeur. La grandeur d’un logis, d’un bois, d’un étang, d’un parc. La grandeur d’une province.

  2. Il se dit, en termes d’Astronomie, des Différences d’éclat des étoiles fixes. Sirius est une étoile de première grandeur. étoile de troisième grandeur.

  3. Il se dit absolument, en termes de Mathématiques, de Tout ce qui est susceptible d’augmentation et de diminution.

  4. Fig., Regarder quelqu’un du haut de sa grandeur, Le regarder avec une fierté dédaigneuse.

  5. Il se dit aussi en parlant de Certaines choses physiques ou morales qui surpassent la plupart des autres choses du même genre. La grandeur d’une entreprise. La grandeur d’une perte, d’un sacrifice, d’un péril. La grandeur du courage. La grandeur de cette conception étonne.

  6. Il se dit particulièrement de la Puissance unie à la majesté. La grandeur, les grandeurs de Dieu. La grandeur des rois. La grandeur souveraine. Il travaillait dès lors à sa future grandeur. Grandeur naissante. Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains.

  7. Il se dit absolument, dans une acception plus restreinte, du Pouvoir, des dignités, des honneurs; et alors on l’emploie très souvent au pluriel. Les soucis, les ennuis de la grandeur. Mépriser les grandeurs de ce monde. L’éclat, le néant des grandeurs. Naître au sein des grandeurs. Avoir le goût des grandeurs. La folie des grandeurs.

  8. Il se dit encore pour Noblesse, élévation, dignité. Grandeur d’âme. Il n’y a, dans cette conduite, ni sagesse ni grandeur. Il a un air de grandeur qui impose. Les expressions ne répondent pas à la grandeur du sujet.

  9. Il est quelquefois un Titre d’honneur qu’on donnait au XVIe et au XVIIe siècle, en parlant ou en écrivant, à tous les grands seigneurs qui ne prenaient point le titre d’Altesse ou d’Excellence. Ce titre se donnait récemment encore aux évêques. Monseigneur, il plaira à Votre Grandeur. Il a suivi les instructions de Votre Grandeur.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • grandeurs — pluriel — /ɡʁɑ̃dœʁ/
  • grandeur — singulier — /ɡʁɑ̃dœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée grandeur#30115.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.