magnifique
adjectif, /maɲifikə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui se plaît à faire de grandes et éclatantes dépenses, ou de grands dons ; qui se montre avec splendeur. S. m. Celui qui est magnifique.
[Dans l'amour] l'on devient magnifique sans l'avoir jamais été — Pascal (1623-1662)
Elle était au dehors reine magnifique, au dedans humble servante de Dieu — Fléchier (1632-1710)
Il se dit des choses, dans le même sens. Des récompenses magnifiques. Ironiquement.
Que je croirais lui faire un présent magnifique — Pierre Corneille (1606-1684)
Soit qu'il embellît cette magnifique maison — Bossuet (1627-1704)
Fig. Il se dit de ce qui a une pompe comparée à la magnificence. Des titres magnifiques. Style magnifique, voy. STYLE. Des promesses magnifiques, des promesses qui font espérer beaucoup.
N'attendez pas [du prince mourant], messieurs, de ces magnifiques paroles qui ne servent qu'à faire connaître, sinon un orgueil caché, du moins les efforts d'une âme agitée — Bossuet (1627-1704)
À la vue d'un si grand objet [le crucifix apporté à la mourante], n'attendez pas de cette princesse des discours étudiés et magnifiques : une sainte simplicité fait ici toute la grandeur — Bossuet (1627-1704)
Familièrement. Très beau. Un temps magnifique. Ses états de service sont magnifiques.
Oh ! l'avenir est magnifique, Jeunes Français, jeunes amis — Victor Hugo (1802-1885)
Magnifiques seigneurs, titre donné au conseil souverain de quelques républiques suisses.
Après bien des séances et de mûres délibérations, le magnifique conseil des deux cents prononça que Jésus n'était mort que pour le salut des élus : on conçoit bien que ce jugement fut une affaire de faveur, et que Jésus serait mort pour les damnés si le professeur Tronchin avait eu plus de crédit que son adversaire — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
S. m. Le magnifique, espèce d'oiseau de paradis ou paradisier
Étymologie : Génev. manifique ; provenç. magnific ; espagn. et ital. magnifico ; du lat. magnificus (voy. MAGNIFIER).
Historique : XIIIe s. Li hom qui est magnifiques est ententis par sa nature, que ses affaires soient faiz à grant honor et à grant despens plus volentiers que à petiz ; et qui en ce faut, il est apelez parvifiques XVIe s. De ce point se prendra garde le gouverneur de ces magnifiques animaux [vers à soie], pour lui-mesme estre exemple de netteté à tous ceulx qu'il a sous sa charge Ces magnifiques [les Vénitiens] perdirent ce peuple et beaucoup de leur creance par le manquement.... Resjouytoi, David.... Ores la France entend, d'un magnifique ton, Bruire divinement ta royale chanson
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est plein de magnificence. Temple, bâtiment magnifique. Meubles magnifiques. Festin magnifique. Réception magnifique. Présents magnifiques.
Par extension, Un temps magnifique, Un très beau temps. La nuit est magnifique.
Figurément, Des titres magnifiques, Des titres pompeux, éclatants. Des promesses magnifiques, Des promesses qui font espérer de grandes choses.
Il se dit aussi des Personnes et signifie Qui a des manières fastueuses, qui a grand air, qui se plaît à faire des libéralités. Un seigneur magnifique.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- magnifiques — pluriel — /maɲifikə/
- magnifique — singulier — /maɲifikə/
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