magnificence

magnificence

nom, féminin, /maɲifisɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Qualité de celui qui est magnifique.

    Le Seigneur ne fera voir sa magnificence qu'en ce lieu-là — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Et pour définir en quoi consiste la magnificence, on verra qu'elle paraît dans les grands travaux consacrés à l'utilité publique, dans les ouvrages qui attirent de la gloire à la nation, qui impriment du respect aux sujets et aux étrangers et rendent immortels les noms des princes — Bossuet (1627-1704)

  2. Qualité de ce qui est magnifique. La magnificence d'un temple, d'un palais.

    C'est enfin aujourd'hui que finit la longue magnificence de la noce de Mlle de Louvois ; il y a deux mois qu'elle est exposée au public — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Cette chapelle royale qu'elle fit bâtir avec tant de magnificence — Bossuet (1627-1704)

  3. Fig. Qualité dans le style, dans les beaux-arts, comparée à la magnificence des choses. La magnificence du style, des idées, des expressions, des images.

    J'y ai jeté, autant que j'ai pu, la magnificence des mots, et, à l'exemple des anciens poëtes dithyrambiques, j'y ai employé les figures les plus audacieuses — Boileau (1636-1711)

    Je ne prétends pas dans une traduction si littérale avoir fait sentir toute la force de l'original, dont la beauté consiste principalement dans le nombre, l'arrangement et la magnificence des paroles — Boileau (1636-1711)

  4. Au plur. Objets magnifiques, dépenses éclatantes, largesses.

    L'empereur m'honorant de ses magnificences, Je ne les reçus pas comme des récompenses — Rotrou (1609-1650)

    Il [le roi] ne trouva partout que médiocrité, Louanges du désert et de la pauvreté ; C'étaient là ses magnificences [du berger devenu ministre] — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Provenç. et esp. magnificencia ; ital. magnificenzia ; du lat. magnificentia (voy. MAGNIFIER).

Historique : XIIIe s. Magnificence vaut autant à dire comme grandor, et ce est une vertu qui noz fait acomplir les grans choses et nobles de grant afaire Magnificence est une vertus qui oevre par richesces, grans dispenses et grans maisons XIVe s. Si li jeu n'estoient par grant magnificence restauré... Aornez de nos royaux aornemens. il chevauche là en grant magnificence Les cielz nous monstrent la magnificence de Dieu XVe s. Et une si terrible armée Et de si grant magnificence XVIe s. Ils se mocquoient ouvertement des excessives magnificences du pape .... Et va dire à l'abbé, sans oublier les reverences, …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Qualité de celui qui est magnifique. La magnificence des oeuvres du Créateur. La magnificence d’un palais. Tout dans cette maison est d’une grande magnificence.

  2. Fig., La magnificence du style, des idées, des expressions, des images.

  3. Il signifie aussi Disposition à faire de grandes libéralités. Sa magnificence l’a ruiné. Ce prince les a reçus, les a fêtés, les a récompensés avec une magnificence royale. Il vit avec magnificence. La nature étale ici toute sa magnificence.

  4. MAGNIFICENCES, au pluriel, s’emploie quelquefois pour désigner des Objets magnifiques ou des dépenses éclatantes. Voilà bien des magnificences. Il nous a montré toutes ses magnificences. Il a fait des magnificences extraordinaires.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • magnificences — pluriel — /maɲifisɑ̃sə/
  • magnificence — singulier — /maɲifisɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée magnificence#38147.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.