magie
nom, féminin, /maʒi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Religion des mages ; synonyme de magisme qui est plus usité.
À l'âge de quatorze ans, lorsque l'esprit commence à se former, on leur [aux enfants des rois de Perse] donnait pour leur instruction quatre hommes des plus vertueux et des plus sages de l'État : le premier, dit Platon, leur apprenait la magie, c'est-à-dire, dans leur langage, le culte des dieux selon les anciennes maximes et selon les lois de Zoroastre, fils d'Oromaze.... — Bossuet (1627-1704)
Art prétendu de produire des effets contre l'ordre de la nature. Fig. Magie naturelle, ou magie blanche, celle qui, par des moyens naturels, mais inconnus au vulgaire, produit des effets qui semblent surnaturels. Magie noire, celle qui est censée opérer des effets surnaturels à l'aide des démons. Fig. C'est la magie noire, se dit d'une chose qu'il est malaisé de pénétrer, et où l'on ne comprend rien. Ce n'est pas la magie noire, il ne faut point de magie pour cela, se dit d'une chose facile à faire ou à comprendre.
Ruinons par magie une amitié si forte — Rotrou (1609-1650)
Parlez au diable, employez la magie ; Vous ne détournerez nul être de sa fin — La Fontaine (1621-1695)
Fig. Effets qui sont produits sur les sens ou sur l'âme, et qui sont comparés aux effets de la magie. La magie du chant, de la parole. La magie de l'espérance.
Pourvu qu'il [le duc d'Orléans] se garde des embûches et des fausses promesses du Mazarin, qui a une magie particulière à tromper et à étourdir les princes — Gui Patin (1601-1672)
J'ai vu le roi de Prusse attendri à une simple lecture de Bérénice qu'on faisait devant lui.... quel charme tira des larmes des yeux de ce héros philosophe ? la seule magie du style de ce vrai poëte — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Lat. magia, du grec μαγεία, de μάγος, mage 1.
Historique : XVIe s. Meris, le vieux sorcier.... M'apprist une magie aux nochers peu connue
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Art prétendu auquel on attribue le pouvoir d’opérer, par des moyens occultes, des effets surprenants et merveilleux. Opération de magie. Plusieurs inventeurs ont été accusés de magie.
Magie naturelle, ou Magie blanche, Celle qui, par des moyens naturels, mais inconnus au vulgaire, produit des effets qui semblent surnaturels et merveilleux; par opposition à Magie noire, Celle qui est censée opérer des effets vraiment surnaturels, avec le secours des êtres infernaux, et qui est la Magie proprement dite.
MAGIE se dit figurément du Pouvoir qu’exercent sur les sens et sur l’âme les beaux-arts, la poésie, l’éloquence, les passions, les affections vives. La magie de la couleur, du clair- obscur. La magie du chant, de la musique, de la parole. La magie du jeu d’un acteur. Cet auteur séduit par la magie de son style. La magie de l’amour.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- magies — pluriel — /maʒi/
- magie — singulier — /maʒi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée magie#38124.