lutte
nom, féminin, /lytə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Sorte d'exercice, où l'on cherche à se terrasser en se prenant corps à corps. Lutte au sac suspendu. Le lutteur se place devant un sac rempli de sable et suspendu ; il saisit les parois du sac, l'entraîne en arrière avec lui, puis va au-devant du sac, quand il revient, pour l'arrêter brusquement. Cette lutte demande de l'attention, et le sac doit être proportionné à la force du lutteur.
Le premier combat fut celui de la lutte ; un Rhodien d'environ trente-cinq ans surmonta tous les autres qui osèrent se présenter à lui — Fénelon (1651-1715)
Rixe dans laquelle on se prend corps à corps.
Enfin, pour arrêter cette lutte barbare, De nouveau l'on s'efforce, on crie, on les sépare — Boileau (1636-1711)
Fig. Guerre, dispute, controverse, conflit.
Sa vie entière fut une lutte, et il fut infatigable — Marmontel (1723-1799)
La douleur me tuerait ; il y a trop de lutte en moi contre elle — Mme de Staël (1766-1817)
Fig. De haute lutte, par force, par autorité. Faire quelque chose de bonne lutte, le faire sans employer de fraude.
Mme de Guise voulait enlever M. de Nemours à sa parole [d'épouser Mlle de la Gamache] de haute lutte — Saint-Simon (1675-1755)
Dans un style léger et même un peu libre. La lutte amoureuse, les ébats et les plaisirs de l'amour.
Accouplement des béliers avec les brebis.
Étymologie : Provenç. lucha, locha, loita ; anc. catal. lluyta ; espagn. lucha ; portug. luta ; ital. lutta, lotta ; du lat. lucta, lutte.
Historique : XIIe s. Cum que lor seit l'ovre contraire, Mettre covendra peine et luite, Qu'il [le roi] quit [croie que] tote seit sue quite Normandie senz parçonnier XIIIe s. Tant sot renart d'engins plusors, De luite, de jambet [croc en jambe], de tors Quant toute la gent fu assemblée, dont il y avoit assez pour veoir celle luite..., si prirent l'un l'autre à bras XVIe s. Qu'il n'entre en discours et contestations que où il verra un champion digne de sa luicte Ce que l'empereur n'avoit peu par surprise, il l'essaya de haute luitte Comme un bon et gentil champion de lucte À trois fois voit-on la lutte ; à …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Sorte d’exercice, de combat, où deux hommes se prennent corps à corps et cherchent à se terrasser l’un l’autre. S’exercer à la lutte. être fort adroit à la lutte. Lutte à main plate. Voyez MAIN.
Il signifie, au figuré, Guerre, dispute, controverse, conflit. La paix mit fin à la lutte sanglante qui existait depuis vingt ans entre les deux nations. La doctrine de Luther occasionna une lutte violente entre les théologiens. La lutte du jour et de l’ombre. Aimer, redouter la lutte.
Fig. et fam., Emporter quelque chose de haute lutte, Venir à bout de quelque chose par autorité, par force.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- luttes — pluriel — /lytə/
- lutte — singulier — /lytə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lutte#37720.