lustré
adjectif, /lystʁe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)
Littré (1873)
part. passé
Qui a passé par le lustre. Étoffe lustrée. Percale lustrée, percale qui a reçu un apprêt qui la rend luisante et ferme. Par extension.
En classe, un banc de chêne, usé, lustré, splendide, Une table, un pupitre — Victor Hugo (1802-1885)
Qui a du lustre.
Le soleil n'altère pas le tissu serré et lustré de la surface supérieure des feuilles — Charles Bonnet (1720-1793)
Sa robe [du chevreuil] est toujours propre, son poil net et lustré — Buffon (1707-1788)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- lustrées — pluriel féminin — /lystʁe/
- lustrés — pluriel masculin — /lystʁe/
- lustrée — singulier féminin — /lystʁe/
- lustré — singulier masculin — /lystʁe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lustré#37700.
lustre
nom, masculin, /lystʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) · 1873 (2 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. m.
Le brillant et le poli que l'on donne à un objet ou qu'un objet a naturellement. En ce sens, il ne se dit pas au pluriel.
Une perle.... D'assez de lustre, pour être La marque d'un si beau jour — Malherbe (1555-1628)
Sublimé et esprit de vin, pour donner le bel œil et le lustre
Composition dont les pelletiers et les chapeliers se servent pour rendre luisants les manchons et les chapeaux. Un bon lustre. Les lustres ne sont pas les mêmes dans les différents ateliers.
Fig. Éclat que l'on compare au brillant des choses lustrées. Servir de lustre, se dit de ce qui, par le contraste de son imperfection, fait valoir davantage l'agrément, le mérite d'une personne ou d'une chose. En ce sens, lustre ne se dit pas au pluriel.
Ne me reprochez plus que par mes cruautés Je tâche à conserver mes tristes dignités ; Je dépose à vos pieds l'éclat de leur faux lustre — Pierre Corneille (1606-1684)
La prison de M. le Prince avait ajouté un nouveau lustre à sa gloire — La Rochefoucauld (1613-1680)
Chandelier de cristal, de cuivre ou d'autre substance, à plusieurs branches qu'on suspend au plafond. Particulièrement. Grand lustre garni de lumières qu'on suspend au milieu d'une salle de spectacle. Se placer sous le lustre au parterre. Chevalier du lustre, claqueur qui se tient ordinairement au parterre sous le lustre dans un théâtre.
Puis cet homme et son fils le portent [l'âne] comme un lustre — La Fontaine (1621-1695)
Il entre à l'appartement et passe sous un lustre où sa perruque s'accroche et demeure suspendue — La Bruyère (1645-1696)
Lustre d'eau, nom vulgaire de l'hottone des marais (primulacées).
Un des noms de la charagne vulgaire (characées), dite aussi girandole d'eau, charagne, et herbe à écurer, — Benjamin Legoarant (1792-1863)
Étymologie : Lat. lustrare, purifier, nettoyer, d'où dérivent tous les sens actuels de lustre : brillant, poli, éclat, ustensile portant plusieurs lumières ; et, comme lustre, espace de cinq ans, tient aussi à lustrare, on voit que lustre tient à lustrum par l'intermédiaire de lustrare. Lustrare, dénominatif de lustrum, tient par le radical à luo, lavo, laver.
Historique : XVIe s. Elle apparoist tousjours sur toutes les plus belles, Et leurs perfections font lustre à sa beauté Ainsi comme les escus faulx, et qui ne sont pas de bon aloy representent seulement le lustre de la splendeur de l'or.... Chasque chose a plusieurs biais et plusieurs lustres [aspects] S'arrester à l'escorce, ou regarder la chose par quelque faulx lustre Un roi use bien de la perfidie de ses ennemis, quand il la fait servir de lustre à sa foi Si tost que [vous ligueurs] veistes qu'on parloit à vous à coups de canon, et que le roy de Navarre estoit venu assister et secourir son frere [Henri …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Terme d'antiquité romaine. Époque du cens qui revenait tous les cinq ans.
Espace de cinq ans.
Et depuis quatre lustres Mon trône n'est fondé que sur des morts illustres — Pierre Corneille (1606-1684)
Deux lustres de guerre — Pierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Lat. lustrum, sacrifice expiatoire pour le cens, de lustrare, purifier (voy. LUSTRE 1).
Historique : XIVe s. Lustre estoit une maniere de sacrefice ou de purification que l'en fesoit sur tout le peuple de cinq ans en cinq ans
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
état que l’on donne à un objet, soit en le polissant, soit en faisant usage de quelque eau, de quelque composition. Le lustre d’une étoffe. Cette étoffe n’a point de lustre, a perdu son lustre. La moindre pluie ôte à ces chapeaux tout leur lustre.
Il signifie aussi la Composition même dont les fourreurs, les chapeliers se servent pour donner du lustre aux fourrures, aux chapeaux de soie, etc.
Il désigne figurément l’éclat que donne la parure, la beauté, le mérite, la dignité, etc. Cette charge lui donne un certain lustre. Le malheur a donné un nouveau lustre à sa gloire. La vertu emprunte de la modestie son plus beau lustre. Il vieillit.
Servir de lustre se dit de Ce qui, par le contraste de son imperfection, rehausse ou fait valoir l’agrément, le mérite d’une personne ou d’une chose.
Dans toutes les acceptions qui précèdent, Lustre n’a point de pluriel.
LUSTRE se dit aussi d’un Appareil d’éclairage, de cristal, de bronze, de bois, etc., à plusieurs branches, qu’on suspend au plafond. Un lustre de cristal éclairait la salle. Le lustre de l’Opéra.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- lustres — pluriel — /lystʁə/
- lustre — singulier — /lystʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lustre#37696.