loup-garou
nom, masculin, /luɡaʁu/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Homme qui, au dire des gens superstitieux, erre la nuit transformé en loup. Fig. Guéri du loup-garou, guéri des crédulités superstitieuses.
Faire en dépit du loup-garou Trois tours à l'entour des murailles — Scarron (1610-1660)
Car enfin il en est qui, pendant tout un mois, Comme des loups-garous ne dorment qu'une fois ; Leur curieuse humeur toujours les inquiète — Thomas Corneille (1625-1709)
Fig. et familièrement. Homme qui est insociable et vit isolé.
Vous, si vous connaissez des maris loups-garous, Envoyez-les au moins à l'école chez nous — Molière (1622-1673)
J'ai passé tous ces jours-ci comme un loup-garou — Mme de Sévigné (1626-1696)
Adjectivement.
Il a le repart brusque et l'accueil loup-garou — Molière (1622-1673)
Jeu d'enfant, petit bâton plat, à crans, au bout d'une ficelle, que l'on agite circulairement assez vite pour qu'il produise le son hou, hou prolongé. Au plur. Des loups-garous.
Étymologie : Wallon, leu-warou, lèwarou ; Hainaut, leu warou ; Berry, loup berou, loup brou ; picard, leuwarou ; norm. varou, loup garou, varouage, course pendant la nuit (garouage se dit avec le même sens parmi les paysans des environs de Paris) ; bourguig. leu-voirou ; bas-lat. gerulphus, loup-garou. Gerulphus a donné garwall, garou ; c'est donc gerulphus qu'il faut étudier ; il représente l'anglo-saxon vere wolf ; danois, var-ulv ; suédois, var-ulf, qui, étant composé de ver, vair, homme, et de wolf, ulf, loup, signifie homme-loup. La locution loup-garou est donc un pléonasme où loup se trouve deux fois
Historique : XIIIe s. Bisclaveret ad nun en bretan, Garwall l'apelent li Norman, Jadis le poeit hum oïr, E souvent suleit avenir ; Humes plusurs garwall devindrent, E es boscages meisuns tindrent ; Garwall si est beste salvage, Tant cum il est en bele rage, Humes devure [dévore], grant mal fait, Es granz forests converse e vait Onques lions ne leus warous Ne fist si grant essil de proie Ores à leu garoul peuture [pâture] Est li miens enfes.... [Amadas devenu furieux] Comme garous jete la main, Si l'aert [la saisit] à la cote au sein, Encontre val tout la descire XVIe s. Loup-garou, maladie ainsi appellée, …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Homme qui, d’après une superstition populaire, séjourne dans les forêts et erre la nuit dans les champs, transformé en loup.
Il désigne aussi, figurément et familièrement, Celui qui est d’une humeur farouche, qui ne veut avoir de société avec personne. N’allons point chez cet homme-là, c’est un vrai loup-garou. Des loups-garous.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- loups-garous — pluriel
- loup-garou — singulier
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée loup-garou#78585.