loterie

loterie

nom, féminin, /lɔtəʁi/ ou /lotəʁi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Sorte de jeu de hasard où se font des mises, pour lesquelles on reçoit des billets portant des numéros ; le ou les numéros sortants donnent droit à un lot ou à la propriété d'un objet. Faire une loterie. Mettre une terre en loterie.

  2. Jeu de hasard, établi par quelques gouvernements, qui a 90 numéros, et où la mise se fait sur un numéro (extrait), sur deux (ambe), sur trois (terne), sur quatre (quaterne), ou sur cinq (quine). Le gain de la mise est plus grand pour un ambe que pour un extrait, pour un terne que pour un ambe, et ainsi de suite. En France, un arrêt du conseil d'État du 30 juin 1776 supprima toutes les loteries particulières, et en créa une sous la dénomination de loterie royale de France ; cette spéculation immorale a été abolie à partir du 1er janvier 1836. Fig. Le monde est une loterie, le hasard règle la plupart des choses de ce monde. Fig. C'est une loterie, c'est une affaire de hasard. C'est un terne à la loterie, c'est un avantage, un bien que le hasard seul procure, et sur lequel on ne peut guère compter.

    Il fut proposé d'attirer la cupidité publique par des loteries — Saint-Simon (1675-1755)

    Le grand art du faiseur de loterie est de présenter de grosses sommes avec de très petites probabilités — Buffon (1707-1788)

  3. Sorte d'amusement de société à l'aide duquel on distribue, sous forme de loterie, de petits cadeaux aux personnes présentes, et particulièrement aux dames.

    30 août 1685 : le roi fit une petite loterie pour la maison royale ; Mlle de Blois eut le gros lot ; il y avoit de l'argent et des bijoux dans la loterie, et même quelques billets noirs qui n'étaient que de plaisanterie — Dangeau (1638-1720)

    12 février 1686 : ....une manière de loterie et de banque.... Mme de Béringhen eut le gros lot que le roi avait donné gratuitement, et Sa Majesté, qui avait des billets, en ayant trouvé un noir, l'envoya sur l'heure à Mlle de Rambures : c'était un miroir d'argent fort beau — Dangeau (1638-1720)

  4. Nom d'un jeu de cartes, dont les règles et les termes sont analogues à ceux de la loterie proprement dite.

Étymologie : Lot, par l'intermédiaire d'un verbe fictif loter, faire des lots.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Sorte de jeu de hasard où l’on fait des mises, pour lesquelles on reçoit des billets portant des numéros : celui ou ceux de ces numéros qui sortent, lorsque le tirage a lieu, donnent droit à un lot, à la propriété d’un objet. Faire une loterie. Tirer une loterie. Mettre une montre, un tableau en loterie. Gagner, perdre à la loterie. Billet de loterie. Le tirage de la loterie. Le numéro gagnant de la loterie. Loteries de bienfaisance.

  2. Il se dit plus particulièrement d’une Espèce de banque établie par quelques gouvernements, dans laquelle les particuliers font des mises et courent la chance de gagner des sommes plus ou moins considérables, ou risquent de perdre leur argent. La loterie royale de France fut supprimée en 1836.

  3. Fig. et fam., C’est une loterie, C’est une affaire de hasard. On dit aussi C’est un numéro à la loterie en parlant d’un Avantage incertain et dépendant du hasard.

  4. Fig. Le monde est une loterie, Le hasard décide de la plupart des choses de ce monde comme dans une loterie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • loteries — pluriel — /lɔtəʁi/ ou /lotəʁi/
  • loterie — singulier — /lɔtəʁi/ ou /lotəʁi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée loterie#37479.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.