long
adjectif, /lɔ̃/
Définitions
Qui a une grande étendue d'une extrémité à l'autre.
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Qui dure longtemps : une longue attente.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (19 sens) — Académie 1935 (43 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui s'étend en une ligne étendue, par opposition à court. Une longue ligne de soldats. Taille longue et menue. Le cours du Danube est long. Fig. De longs regards, des regards qui se prolongent au loin ; ils expriment la douleur, l'amour, une passion. Les races longues cornes, ou, simplement, les longues cornes, groupe de bêtes bovines occupant autrefois les parties occidentales des îles Britanniques, et qui avaient pour caractère commun des cornes longues, courbées d'abord en bas et relevées. Longue laine, nom commun à toutes les races ovines dont la laine est lisse, longue de 15 à 35 centimètres, et propre au peignage. Fig. Avoir les dents longues, bien longues, être privé de nourriture depuis longtemps, ou, simplement, avoir faim. Fig. Il a les bras longs, les mains longues, son pouvoir s'étend bien loin. Elliptiquement. Prendre le plus long, aller en quelque lieu par le plus long chemin. Fig. Prendre le plus long, se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.
Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où Le héron au long bec emmanché d'un long cou — La Fontaine (1621-1695)
En longs habits de lin — Jean Racine (1639-1699)
Habit long, la soutane et le manteau que portent les ecclésiastiques. Il était en habit long.
Vue longue, vue qui discerne les objets à une grande distance. Lunette de longue vue, ou, simplement, longue-vue, lunette d'approche, lunette avec laquelle on voit les objets éloignés.
Pâte longue, voy. PÂTE.
Il se dit de la plus grande dimension d'une surface, par opposition à large. Ce jardin est plus long que large. Un champ long et étroit. Un carré long, un parallélogramme à angles droits.
Qui dure plus ou moins de temps. Le long temps, la longue durée du temps ; un long temps, un long intervalle de temps (voy. TEMPS). Long espoir, espoir qui s'étend loin dans l'avenir. Terme de marine. Voyage de long cours, voyage par mer dont le but et le terme sont fort éloignés. Capitaine au long cours. Oiseau de long vol, oiseau capable de faire en volant de longues traversées. Bail à longues années, à long terme, bail dont la durée s'étend au delà du nombre d'années des baux ordinaires. Longue échéance, terme qui n'arrive qu'après un long temps. Bail à longue échéance. Terme de pratique. Assignation à longs jours, assignation qui accorde un délai plus long que le délai ordinaire. De longue haleine, voy. HALEINE, n° 3. C'est du pain bien long, se dit en parlant d'un travail dont on ne peut pas voir si tôt le profit. Faire courte messe et long dîner, aimer la bonne chère plus que la piété. Vous m'avez donné le carême bien long, c'est-à-dire vous prenez un bien long terme. Elliptiquement. Il ne la fera pas longue, c'est-à-dire il ne vivra pas longtemps.
Beaucoup par un long âge ont appris comme vous Que le malheur succède au bonheur le plus doux — Pierre Corneille (1606-1684)
Que vivre sans vous voir est un sort rigoureux.... C'est une longue mort — Pierre Corneille (1606-1684)
Syllabe longue, voyelle longue, syllabe, voyelle dont la prononciation a plus de durée que celle d'une syllabe, d'une voyelle brève. Chez les anciens la syllabe longue valait deux syllabes brèves. (Ce que dit ici d'Olivet est la règle de son temps et des temps précédents : le chat, les châ, le sot, les sô, etc. ; cette règle tombe beaucoup en désuétude, à tort du reste, car elle différenciait le singulier du pluriel dans beaucoup de mots). Substantivement, une longue, une syllabe longue. Le dactyle est composé d'une longue et de deux brèves. Fig. et familièrement. Observer les longues et les brèves, être très cérémonieux, et aussi être exact en tout ce qu'on fait. Il en sait les longues et les brèves, se dit d'une personne habile et intelligente en quelque affaire.
Épier si des vers la rime est brève ou longue — Mathurin Régnier (1573-1613)
Toute syllabe masculine, qu'elle soit brève ou non au singulier, est toujours longue au pluriel — Abbé d'Olivet (1682-1768)
Qu'il faut beaucoup de temps pour lire ou réciter. Un long discours.
Un sonnet sans défaut vaut seul un long poëme — Boileau (1636-1711)
Qui pèche par trop d'étendue, par la diffusion. Il se dit des personnes, dans le même sens.
Rien n'est long que le superflu, Dicte-moi ce que je dois dire, Et ne me laisse rien écrire Qui ne soit digne d'être lu — Houdar de La Motte (1672-1731)
J'évite d'être long, et je deviens obscur — Boileau (1636-1711)
Lent, tardif. Les vieillards sont longs en tout. Ces arbres sont longs à pousser, à croître.
Ou Rome à ses agents donne un pouvoir bien large, Ou vous êtes bien long à faire votre charge — Pierre Corneille (1606-1684)
S. m. Longueur, par opposition à largeur. Ces rideaux ont deux aunes de long. S'étendre de son long, tout de son long, tomber à terre ou se coucher, en donnant au corps toute sa longueur. Fig. Tirer la langue d'un pied de long, être dans quelque grande nécessité. Familièrement. Il nous en a dit long, bien long, c'est-à-dire il nous a dit beaucoup de choses sur tel sujet. En savoir long, bien long, avoir des connaissances fort étendues. En savoir long, signifie aussi être adroit, habile, rusé. Savoir le court et le long d'une affaire, en savoir toutes les particularités. Scieur de long, ouvrier qui scie des pièces de bois en long pour faire des planches. Terme d'anatomie. Le long du cou, muscle qui s'attache à la face antérieure du corps des trois premières vertèbres dorsales et des six dernières cervicales. Le long, grande auge dans laquelle les saliniers font déposer la muire.
Cependant de son long, sans pouls et sans haleine.... — Mathurin Régnier (1573-1613)
Un homme étendu de son long auprès d'une haie fit grand'peur à leurs chevaux — Scarron (1610-1660)
De long ; en long, loc. adv. En longueur, dans le sens de la longueur. Fendre du bois en long. Terme de fauconnerie. Voler en long, se dit d'un oiseau qui vole en ligne droite. Fig. Avoir les côtes en long, être très paresseux. Familièrement. Tirer de long, s'esquiver, s'enfuir. Fig. Tirer de long, apporter des délais dans une affaire. Terme de vénerie. Tirer de long, faire suivre les chiens. En long et en large, en longueur et en largeur, alternativement. Aller en long et en large. On dit dans le même sens : de long en large.
La colombe l'entend, part et tire de long — La Fontaine (1621-1695)
Les courriers du cardinal de Bouillon tirèrent tant de long qu'il [le cardinal] parvint à atteindre ce qu'il désirait — Saint-Simon (1675-1755)
Au long, tout au long, loc. adv. Amplement, avec étendue, avec détail.
Viens m'en conter au long la pitoyable histoire — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Apprends-moi plus au long la véritable histoire — Pierre Corneille (1606-1684)
De longue main, loc. adv. Depuis longtemps.
Parce qu'il est malaisé de se défaire si promptement d'une opinion à laquelle on est accoutumé de longue main — Descartes (1596-1650)
Et de si longue main je connais ta prudence.... — Pierre Corneille (1606-1684)
Tout du long, loc. adv. Dans toute la longueur. Dans toute la durée. Dans toute l'étendue, d'un bout à l'autre. Tout du long, sans interruption. Entièrement. Fig. Être tout du long dans un livre, dans un récit, y figurer avec détail. Tout du long, en côtoyant. Allez tout du long du ruisseau. Tout du long de l'aune, sans discontinuer. Il en a eu tout du long de l'aune, c'est-à-dire il a été battu, ou maltraité en quelque affaire. Elliptiquement. En donner tout du long, à quelqu'un, le bien battre, le malmener, et aussi se jouer de lui.
Monseigneur et Mme la duchesse de Bourgogne firent mettre un jour des pétards tout du long de l'allée — Saint-Simon (1675-1755)
Ayant crié et disputé dans la rue tout du long de la journée — Guez de Balzac (1597-1654)
En donner à quelqu'un du long et du large, le bien battre.
Morbleu, tu as menti ; il faut t'en faire tâter tout du long et tout du large — Hauteroche (1617-1707)
Donnons-en à ce fourbe et du long et du large — Molière (1622-1673)
Le long, tout le long, au long de, loc. prép. En côtoyant. Tout le long, pendant toute la durée de. Je m'ennuie tout le long de la journée.
Allez avec les miens au long de ce rivage — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Faites plusieurs fosses le long du lit de ce torrent — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
À la longue, loc. adv. Avec le temps.
Ne quittons pas pourtant ; à la longue on fait tout — Pierre Corneille (1606-1684)
Mais à la longue il trouva si peu de rapport entre son esprit et celui de son invisible... — Scarron (1610-1660)
Tirer de longue, susciter des délais, des retardements.
Porto-Carrero se mit à presser Monteleone de faire le mariage de Mortare avec sa fille ; le duc tira de longue ; mais enfin, serré de près.... — Saint-Simon (1675-1755)
Un mandement à faire, puis à mettre à l'examen, était de quoi tirer de longue et faire naître toutes les difficultés qu'on voudrait — Saint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Génev. à la longe, à la longue ; provenç. long, lonc, loing ; port. longo ; ital. lungo ; du lat. longus ; comp. l'allem. lang ; polon. dlugo ; russe, dolgo, grec, δόλιχος ; anc. persan, dranga ; sanscr. dîrgha. La forme polonaise porte à supposer un latin dlongus ; mais Curtius et Corssen contestent ces rapprochements, et rattachent longus au grec λαγγάζω, λογγάζω, tarder, être long. En somme, l'étymologie reste encore obscure.
Historique : XIe s. De lunc dei [du doigt du milieu], de l'altre qui porte l'anel Veez m'espée, qui est e bone e lunge Lunc un autel belement [ils] l'entererent XIIe s. Et de lonc et de lé Je t'ai moult lonc [longtemps] portée [mon épée] En vielle geste est escrit de lons ans Tant s'est amors affermée En mon cuer [cœur] à lonc sejor Mainte longue semaine Trai [je passe], quant sui loing de lui [elle] Mais bien me pourra grever Lons desirs sans conforter XIIIe s. De longues terres longues nouvelles [celui qui revient de loin a beaucoup à dire], Et il virent le lonc et le lé de la vile, qui de toutes autres …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Il se dit des Objets considérés dans leur dimension d’une extrémité à l’autre, par opposition à Court. La harpe a des cordes plus longues les unes que les autres. De longues jambes. Avoir la taille longue et menue. De longs bras. Une longue allée. Un long chemin. Avoir la barbe longue.
Vue longue, Vue qui discerne les objets à une grande distance.
Lunette de longue vue ou Longue-vue. Voyez
LUNETTE.
Fig., Avoir les dents longues, bien longues, être affamé, après avoir été longtemps sans manger. Il signifie, par extension, Avoir une ambition démesurée, des désirs insatiables.
Fig. et fam., Avoir le bras long. Voyez
BRAS.
Elliptiquement, Prendre le plus long, Aller en quelque lieu par le plus long chemin. Figurément, il signifie Se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu’on a entrepris.
LONG se dit aussi d’une Surface considérée dans sa plus grande dimension et par opposition à Large. Une table longue. Ce jardin est plus long que large. Un champ long et étroit.
Il signifie encore Qui dure plus ou moins longtemps. En été les jours sont longs. Le temps est long à qui attend. Votre solitude ne sera pas de longue durée. Il y a un très long temps qu’on ne l’a vu. Son absence a été longue. Un long voyage. De longues souffrances. Une longue et heureuse vie. Un long règne. Un long repos. Des raisons longues à déduire. Cela serait trop long à vous raconter. Une longue suite d’observations. Boire à longs traits.
Bail à long terme, Bail dont la durée s’étend au-delà du nombre d’années des baux ordinaires.
Ouvrage, affaire de longue haleine. Voyez
HALEINE.
Voyage, Capitaine au long cours. Voyez
COURS.
Syllabe longue, voyelle longue ou, elliptiquement, Longue, nom féminin, Syllabe, voyelle dont la prononciation doit avoir plus de durée que celle d’une syllabe, d’une voyelle brève. A est long dans pâte et bref dans rate. Le dactyle est composé d’une longue et de deux brèves.
LONG se dit particulièrement des Ouvrages de l’esprit, soit que l’on en considère l’étendue, soit qu’on ait égard au temps nécessaire pour les lire, les réciter, les entendre. Un long poème. Un long discours.
LONG signifie aussi Qui est lent, tardif. Cet ouvrier est long à tout ce qu’il fait. Ces arbres sont longs à pousser.
LONG est aussi nom masculin et signifie Longueur, par opposition à Largeur. Ces rideaux ont deux mètres de long.
S’étendre de son long, tout de son long, Tomber à terre, ou se coucher, en déployant ou en laissant aller son corps dans toute sa longueur.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- longues — pluriel féminin — /lɔ̃ɡə/
- longs — pluriel masculin — /lɔ̃/
- longue — singulier féminin — /lɔ̃ɡə/
- long — singulier masculin — /lɔ̃/
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